Ahun (23) − Place Defumade et place du Champ de Foire

Ahun (23) − Place Defumade et place du Champ de Foire

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

23 mai - 23 juin 2016

Fouille préventive, suivi de travaux

Haut-Empire, haut Moyen Âge, Moyen Âge, Temps modernes, époque contemporaine

DATE : 23 mai - 23 juin 2016

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive, suivi de travaux

CHRONOLOGIE : Haut-Empire, haut Moyen Âge, Moyen Âge, Temps modernes, époque contemporaine

es fouilles menées en mai et juin 2016 aux abords de l’église Saint-Sylvain d’Ahun, places Defumade et du Champ de Foire, ont permis la découverte d’un certain nombre de structures nous renseignant sur les diverses phases d’occupation du site, de l’Antiquité à nos jours.

Le vicus gallo-romain d’Acitodunum n’a pas été identifié dans l’emprise de la zone investiguée. Les vestiges gallo-romains sont discrets, et se réduisent notamment à des éléments lapidaires en remploi (cuves et couvercles de sarcophages, cippe, seuil, etc..). Une panse de sigillée du Haut-Empire a été découverte dans la couche la plus ancienne identifiée entre le niveau de sarcophages place Defumade et le substrat. Une maçonnerie, en très mauvais état de conservation, a été mise au jour sous le parvis sur cette même place, et pourrait être rattachée à cette phase d’occupation d’après sa morphologie et sa mise en œuvre.

La période du haut Moyen Âge est bien documentée, et témoigne de l’ancienneté de l’occupation de ce site. Un édifice de culte pré-existait sans doute à l’érection de l’église romane aux XIe-XIIe siècles. Si ce probable édifice n’a pas été découvert, sans doute sous l’église et la crypte actuelles, des inhumations ont néanmoins pu être rattachées à cette phase. Il s’agit de sépultures en sarcophages, découvertes place Defumade, sous le parvis, ainsi que place du Champ de Foire, devant l’abside principale et l’absidiole sud. Ces inhumations semblent respecter un axe d’implantation nord-ouest – sud-est qui devait être celui du lieu de culte auquel elles se rattachaient.

La phase romane d’occupation n’est ici que peu représentée. Un mur massif, orienté nord-sud, découvert sous le parvis place Defumade constitue néanmoins une découverte importante puisqu’il pourrait être interprété comme la fondation de l’ancienne façade romane de l’église, entièrement reconstruite au XVIIIe siècle. Il est associé à un niveau de dallage qui s’apparenterait à l’ancien parvis roman. Place du Champ de Foire, les vestiges de cette phase sont ténus. Deux sépultures en pleine-terre peuvent relever de cette période d’occupation, ainsi qu’une sépulture en coffrage de terre cuite. De nombreuses tombes au contact de l’abside et de l’absidiole sud ont vraisemblablement été détruites lors de l’installation de la cour anglaise, comme en témoignent d’ailleurs les trois ossuaires récents observés lors du terrassement de la zone.

Les inhumations datées du bas Moyen Âge sont nombreuses, notamment autour de l’abside principale de l’église Saint-Sylvain où elles suivent une disposition « rayonnante ». Il s’agit d’inhumations en pleine-terre. Devant l’absidiole sud, quelques sépultures en pleine-terre sont également identifiées, ainsi qu’une sous dalle funéraire. Place Defumade, une sépulture bâtie est rattachée à cette période.

Sur cette place, ce sont les inhumations modernes qui paraissent les plus nombreuses, et viennent perturber et recouper les structures plus anciennes. Elles sont le plus souvent en cercueil. L’une d’entre elles est orientée tête à l’est, ce qui pourrait suggérer l’inhumation d’un clerc. Quant à l’époque contemporaine, elle est documentée notamment par deux structures pouvant être assimilées à des haut-fourneaux, ainsi que par un drain orienté nord-sud découvert juste sous le niveau de circulation actuelle du parvis. Place du Champ de Foire, la période contemporaine est bien illustrée par les maçonneries en lien avec la cour anglaise et qui viennent perturber la stratigraphie du cimetière.

Ainsi, les fouilles menées autour de l’église Saint-Sylvain documentent les différentes étapes d’occupation du site, et sont particulièrement intéressantes pour ses nouveaux éclairages sur la nécropole du haut Moyen Âge, dont l’ampleur ne fait guère de doute. Le lieu de culte associé demeure toutefois encore inconnu et nous ne pouvons qu’espérer de nouvelles investigations afin de pouvoir le caractériser.


Isabelle Pignot, octobre 2017