Aigrefeuille-sur-Maine (44) − La Sensive

Aigrefeuille-sur-Maine (44) − La Sensive

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

21 novembre - 23 décembre 2016

Fouille préventive

Âge du Fer (La Tène), Moyen Âge, Époque moderne

DATE : 21 novembre - 23 décembre 2016

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Âge du Fer (La Tène), Moyen Âge, Époque moderne

Situé sur un point haut, en bordure de plateau dominant la plaine de la Maine, le site n°2 de la Haute Chaise à Aigrefeuille-sur-Maine (44) a fait l’objet d’une intervention archéologique dans le cadre d’un contournement routier. Le site s’étend sur une bande est-ouest large d’une soixantaine de mètres environ pour une surface totale de 12600 m². Le décapage intégral de l’emprise a permis de mettre en évidence une zone centrale particulièrement dense en structures archéologiques, et chronologiquement homogène du milieu de la période laténienne. Cette installation couvre une surface d’un peu moins de 4000 m² mais s’étend au nord et au sud en dehors de l’emprise du tracé linéaire.

 

Dans cette fenêtre, aucun système fossoyé ne semble marquer la limite de cette installation. Au contraire, la limite est de l’habitat est clairement identifiée par la présence d’un filon d’argile formant une bande rectiligne du nord-ouest au sud-est, qui a probablement servi de zone d’extraction de matériau. À l’opposé, la limite ouest peut être qualifiée « d’ouverte » avec l’implantation de multiples bâtiments sur quatre poteaux et d’un puisard, révélant une zone plutôt tournée vers l’activité agricole.

 

La concentration de structures dans la zone centrale se compose essentiellement de trous de poteau, quelques fosses et tranchées fossoyées. Plusieurs types d’architectures sont regroupés sur une faible superficie. Les ensembles cohérents se composent de modules porteurs à 2, 3 ou 4 poteaux principaux dans des fosses de calage pouvant atteindre 0,80 m de diamètre pour 0,60 m de profondeur. Quelques tranchées curvilignes soulignent l’existence de tranchée de fondation voir de petits enclos.

 

La faible épaisseur de recouvrement des structures, notamment sur le haut de pente, et le socle du substrat granitique particulièrement hétérogène se sont révélés être un milieu particulièrement nocifs pour les vestiges et la conservation des artefacts. De plus le mobilier mis au jour est peu abondant comprenant, outre la céramique et les fragments d’amphores, des éléments de terre cuite de type plaque foyère et quelques fragments de terre à bâtir. Le mobilier minéral correspond à une partie de meule et quelques autres fragments isolés ainsi que des pièces en silex, alors que l’on note la quasi absence de mobiliers métalliques et de scories.

 

L’origine chronologique de cette occupation est donnée par deux datations radiocarbones à la fin du premier ou au début du second âge du Fer tandis que son abandon est datée par les rejets détritiques de mobilier céramique qui scellent les structures à la fin de la Tène moyenne ou au début de la Tène final.

 

Enfin, la zone nord-est de la fouille de La Haute Chaise a livré, outre un réseau de fossés, des alignements de fosses de plantations, probablement de vignes, dont les rares indices céramiques suggèrent une culture d’époque médiévale voir moderne.


Sébastien Toron, mars 2018.