Allonnes (72) − ZAC du Monné, tranche 2

Allonnes (72) − ZAC du Monné, tranche 2

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

11 avril – 22 juin 2016

Fouille préventive

Premier Âge du Fer (Hallstatt), Second Âge du Fer (La Tène) > La Tène finale, Époque Augustéenne, Haut-Empire, Antiquité tardive, haut Moyen Âge, bas Moyen Âge, Époque Moderne, Époque Contemporaine.

DATE : 11 avril – 22 juin 2016

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Premier Âge du Fer (Hallstatt), Second Âge du Fer (La Tène) > La Tène finale, Époque Augustéenne, Haut-Empire, Antiquité tardive, haut Moyen Âge, bas Moyen Âge, Époque Moderne, Époque Contemporaine.

Les vestiges mis au jour sur le site de la ZAC du Monné – tranche 2 à Allonnes permettent de documenter l’occupation des lieux de l’âge du Fer à l’Époque contemporaine. Au moins sept phases d’occupation ont pu être mises en évidence.

 

Les indices les plus anciens ont trait à une activité de réduction du minerai de fer dont seule une quantité importante de scories piégées témoigne. La technique employée, confortée par une analyse radiocarbone, permet de situer cette activité au premier âge du Fer. Aucune structure n’y est rattachable ; il est donc fort probable que des bas fourneaux destinés à la réduction du minerai de fer aient existé sur l’emprise mais furent détruits par les aménagements postérieurs.

 

La première phase d’occupation véritablement marquée par des structures archéologiques sur l’emprise consiste en un établissement rural qui s’implanterait à La Tène finale et perdurerait jusqu’à l’époque augustéenne. Il se compose d’un enclos fossoyé trapézoïdal, d’une superficie de 4 600 m2, divisé par un fossé de partition. Dans son espace interne, plusieurs constructions sur poteaux ont été reconnues, parmi lesquelles de probables greniers – certains également situés en dehors de l’enclos – et des bâtiments plus grands à vocation potentiellement domestique, dont l’un peut être défini comme résidence principale. La fonction de cet établissement semble avant tout agropastorale, une activité métallurgique à cette période n’étant pas évidente. Un parcellaire axé sur les fossés de l’enclos s’esquisse par ailleurs. Un des intérêts majeurs de cette découverte réside dans le fait qu’il s’agit du troisième enclos d’habitat laténien mis au jour sur la ZAC (Carpentier, Lefort 2012 ; Carpentier, Séhier 2012) et que ces établissements apparaissent strictement contemporains. Ils permettent de s’interroger sur leur organisation en véritable réseau et sur la structuration de ce territoire à la fin de l’âge du Fer, peut-être sous l’influence hiérarchique d’un pouvoir installé au sein d’une agglomération (Allonnes ? Le Mans ?) toute proche.

 

L’établissement enclos est définitivement abandonné dans la première moitié du I er siècle de notre ère. Durant tout le Haut-Empire, l’emprise décapée semble alors simplement vouée aux activités agropastorales, principalement marquée par le développement d’un réseau parcellaire relativement régulier et quelques structures en lien avec la gestion de l’eau. La nature et la quantité de mobilier recueilli dans le comblement de certains puits suggèrent toutefois la proximité de pôles d’habitat. Une structure funéraire isolée, montrant un soin particulier dans son aménagement et contenant un plat en alliage cuivreux, se rattache également à cette période.

 

Un petit établissement de la fin de l’Antiquité tardive ou du début du haut Moyen Âge ( V e – VII e s.) vient par la suite s’implanter au sud-est de l’emprise. S’étendant indubitablement au-delà des limites du décapage, il est partiellement clos par des fossés et comprend plusieurs fours domestiques mais aucune structure d’habitat avérée. Fait exceptionnel, une fosse comblée quasi exclusivement de rejets sidérurgiques trahit l’existence d’un atelier de forge spécialisé dans la fabrication et/ou l’entretien d’objets en fer, avec une production importante. Cette occupation pourrait donc correspondre à une aire vouée à des activités spécifiques, en lien avec le travail du feu, suggérant une possible sectorisation fonctionnelle de l’établissement.

 

Le site semble par la suite abandonné, l’occupation se déplaçant sûrement vers l’établissement alto-médiéval ( VIII e – X e s.) mis en évidence sur la fouille de la ZAC du Monné – tranche 1 (Carpentier, Séhier 2012).

 

Quelques vestiges postérieurs se concentrent dans l’angle sud-est de l’emprise et consistent principalement en fosses-dépotoirs, associées à quelques fosses de plantation et sépultures de jeunes poulains ; ils témoignent ainsi des activités menées sur la ferme du Monné, dont les bâtiments étaient implantés immédiatement au sud-est. Si la céramique indique une activité indéniable au cours des XIII e – XIV e s., période à laquelle la métairie de Monné est également citée dans les sources anciennes, elle met également en évidence des éléments du XI e s. qui tendraient à envisager la création de la métairie à cette période.

 

Enfin, les rares structures modernes et contemporaines correspondent à des fossés visibles sur les cadastres depuis le XIX e s., qui témoignent du peu d’évolution de ce secteur à ces périodes. La configuration de la ferme du Monné elle-même semble rester sensiblement identique au fil des siècles, jusqu’à sa destruction à la fin des années 2000 préalablement à la construction de la ZAC.


Antoine David, septembre 2018.