Arnières-sur-Iton (27) – Les Vaux

Arnières-sur-Iton (27) – Les Vaux

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

26 septembre 2016 - 31 mars 2017

Fouille préventive

Néolithique Moyen
Antiquité

DATE : 26 septembre 2016 - 31 mars 2017

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Néolithique Moyen
Antiquité

Suite au projet d’aménagement d’un bassin de rétention et d’un giratoire pour la déviation sud-ouest d’Évreux deux diagnostics ont été réalisés en janvier et septembre 2014. Ils ont permis de mettre en évidence la présence de vestiges du Néolithique et de la période gallo-romaine. Ainsi le Service Régional de l’Archéologie de la Direction Régionale des Affaires Culturelles de Normandie (DRAC) a prescrit la réalisation d’une fouille archéologique préventive préalable aux travaux sur ce secteur effectués par la Direction Régionale de l’Environnement de l’Aménagement et du Logement (DREAL). L’aménageur a choisi la société Eveha dont une antenne normande est basée à Caen, pour la réalisation des fouilles archéologiques. Le site se développe au débouché d’un vallon sec le long de l’Iton et dont le fond du vallon faisait face à une paroi rocheuse calcaire exploitée dès l’Antiquité.
Le décapage des 12 250 m² a fouiller c’est déroulé en deux phases. Durant les mois de septembre à octobre, c’est la partie haute du site qui a été décapée et fouillée. Les archéologues ont mis en évidence une occupation du Néolithique moyen datée d’environ 6000 ans (vers – 4000). Il s’agit d’un double l’alignement de nombreuses excavations formant en arc de cercle. Ces fosses correspondent à des négatifs de trous de poteau formant une grande palissade double. De nombreux éclats de débitage en silex ont été trouvés ainsi que des restes d’animaux, principalement de l’auroch (ancêtre des races actuelles de bovins). Des datations par radiocarbone sur les éléments organiques permettront de préciser l’époque d’utilisation et d’abandon de cette enceinte Néolithique.

La suite du décapage et de la fouille de la parcelle d’octobre à mars, en bordure de route départementale jusqu’au chemin de randonnée, a permis d’observer les niveaux d’occupations antiques du site. Le décapage a permis de confirmer une érosion importante du versant avec un colmatage récent de plusieurs mètres d’épaisseur dans le fond du vallon. Les premières données observées indiquent une occupation dès le Ier siècle de notre ère, avec des activités organisées autour de bâtiments en bois installés sur un replat avant l’accentuation du versant. Il s’agit principalement d’une activité d’extraction de limon, mais également agricole avec un découpage parcellaire par un réseau de fossés. Les bases d’un métier à tisser ont également été identifiées, ainsi qu’un petit cellier quadrangulaire. À cette époque le site correspond probablement à un petit établissement rural agricole.
Par la suite dans le courant du IIe siècle de notre ère, l’occupation est modifiée avec le développement économique du secteur. Le site se situant en bordure de la voie romaine actuellement sous la route de Breteuil, correspondant à la voie reliant Évreux (Médiolanum Aulercum) à Condé-sur-Iton (Condate), l’activité commerciale se développe autour des produits de bouche. Les déchets d’une boucherie et de nombreux éléments de mouture associés à des foyers culinaires ont été mis en évidence. En parallèle se développe une activité de production de colle à partir de la gélatine contenue dans le collagène des os des animaux.
Durant le IIe siècle et le IIIe siècle, le site voit son activité se développer en relation avec la proximité du théâtre antique de Arnières-sur-Iton et de son installation en bordure de la voie romaine. Des bâtiments sont construits sur des soubassements de murs en pierre calcaire et silex. Une cour est aménagée sur radier de silex et calcaire damé. Elle est entourée de bâtiments en pierre. Le long de la voie un grand bâtiment est aménagé d’une colonnade avec des boutiques en façade. Les pièces en retrait ont révélé une système de chauffage avec un praefurnium et une grande cave pour le stockage des denrées. Dans le fond du vallon, un atelier de potier a été mis en évidence. Il est constitué d’un four et de deux tours de potier installés sur la grave à silex dans la remontée du vallon. La production céramique composée de cruches et d’écuelles se retrouve sur la zone des bâtiments. Les premiers éléments d’observations nous orientent sur un établissement de type auberge.
Par la suite le site est détruit par un grand incendie et il servira de carrière de récupération durant le IVe et Ve siècle.
Les études du mobilier ainsi que des données récoltées se poursuivent actuellement et permettront d’affiner nos connaissances de ce site et de ses occupations.


Rémi Blondeau, avril 2017.