Auch (32) – Rue Eugène Sue

Auch (32) – Rue Eugène Sue

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

30 juin - 31 juillet 2014

Suivi de travaux

Antiquité du début Ier siècle avant notre ère, à la deuxième moitié du Ier siècle après notre ère : période moderne ; période contemporaine.

DATE : 30 juin - 31 juillet 2014

TYPE D'OPÉRATION : Suivi de travaux

CHRONOLOGIE : Antiquité du début Ier siècle avant notre ère, à la deuxième moitié du Ier siècle après notre ère : période moderne ; période contemporaine.

L’opération de suivi de travaux qui a eu lieu rue Eugène Sue à Auch (32) a confirmé certaines informations déjà mises en évidence lors de précédents diagnostics archéologiques dans ce secteur de la ville.

La stratigraphie des occupations n’a vraiment pu être observée que dans l’extension de fouille réalisée au sud-ouest de la rue (secteur 1.1). Quatre grandes phases d’occupation ont pu être déterminées. La première se situe à la fin de l’âge du Fer, la seconde à l’époque augustéenne, la troisième à la fin du Ier siècle de notre ère jusqu’au début du second qui voit également l’abandon des bâtiments antiques. La dernière phase d’occupation concerne les périodes moderne et contemporaine qui marquent une ré-urbanisation de la basse ville.

La fin de l’âge du Fer telle qu’elle a pu être observée lors de l’étude du secteur 1.1 se caractérise par des niveaux d’occupation riches en mobilier archéologique. L’étude de la céramique porte les découvertes pour une période allant de la première moitié du Ier siècle avant notre ère jusqu’au début du Ier siècle de notre ère. Les restes fauniques, également très présents dans ces niveaux, ont permis de mettre en évidence une évolution dans le traitement des animaux de la triade. Il n’a pas vraiment été possible de cerner une organisation spatiale de l’occupation en raison du manque de structures découvertes.

La phase suivante se caractérise par un niveau de circulation, par le niveau d’occupation qui lui est associé et par des niveaux de remblais préparatoires à l’installation du bâtiment de la phase suivante. Là encore, il n’a pas été découvert suffisamment de structures archéologiques permettant de définir une organisation de l’espace. Le mobilier céramique abondant met en évidence une occupation de la première moitié du Ier siècle de notre ère.

Outre les remblais rapportés et installés sur le niveau d’occupation de la phase précédente, il a été observé deux fosses de forme sub-rectangulaire. Elles sont orientées ouest-est et probablement installées en fonction de la construction d’un parapet orienté nord-sud qui marquera une limite entre voie publique et espace privé au cours de la phase suivante. Il est également probable que ces fosses soient très proches du seuil permettant de passer d’un espace à l’autre. Cela reste ambigu, car aucun mobilier n’a été découvert dans le comblement de ces fosses, mais il n’est pas déraisonnable de penser qu’il s’agit de sépultures d’immatures.

La troisième phase d’occupation marque un changement radical dans la structuration de l’espace et des techniques de construction. C’est donc au cours de la deuxième moitié du Ier siècle de notre ère que ce secteur voit le déroulement de grands travaux d’urbanisation. La mise en place d’un espace de circulation et la construction de bâtiments en pierre caractérisent cette mutation.

L’élément important découvert dans la tranchée centrale du suivi de travaux concerne un tronçon de voie. Ce dernier n’a pu être observé que sur une partie de la tranchée, probablement en raison de la différence d’orientation entre la rue actuelle et la rue antique.

Si l’espace de circulation découvert dans la tranchée principale ne correspond pas directement au cardo de la ville antique, il pourrait s’apparenter à un espace correspondant à un élargissement de la voie ou encore à une petite place.

Cette phase d’urbanisation se caractérise également par la construction d’un bâtiment en pierre ou plus probablement en terre sur solin de pierre en moellons calcaires et petit appareil régulier. Cependant, l’espace étudié en secteur 1.1 semble plutôt correspondre à un espace couvert mais ouvert sur la voie. Il n’a pas été découvert, ce qui pourrait correspondre à l’intérieur du bâtiment. Pour la fin du Ier siècle de notre ère, l’espace s’organiserait donc de la manière suivante : un bâtiment, qui reste inconnu à ce jour, possédant un espace couvert donnant sur rue ou une place. Cet espace est défini par un mur qui le ferme au nord et un parapet qui borde l’espace de circulation à l’est. Le toit de cet espace était fait de tegulae et imbrex et porté, à l’est, par des poteaux en bois posés sur le parapet. La largeur de cet espace étant trop importante, un alignement intermédiaire, composé d’un poteau porteur et d’une colonnette engagée dans le mur nord, permettait de compléter la structure. Les poteaux associés aux parapets ont été remplacés dans un deuxième temps par des colonnes construites en brique sur base en calcaire monolithique. Il est à noter que la colonnette engagée était constituée de la même manière et se terminait par un chapiteau d’ordre corinthien avec ses feuilles d’acanthe sculptées. Le mobilier céramique illustrant cette phase d’occupation identifiée sur le site est riche quantitativement et composé de multiples productions importées et locales. Le mobilier métallique découvert pour cette phase d’occupation est assez important quantitativement, mais concerne majoritairement des clous et des éléments d’assemblage. Cette phase d’occupation se termine par l’abandon du secteur aux alentours du début du IIe siècle de notre ère.

Un hiatus de plusieurs siècles dans la stratigraphie, entre le IIe siècle et l’Époque moderne, caractérise une absence d’occupation du secteur qui verra une ré-urbanisation au cours de la quatrième phase déterminée lors de l’étude. Outre les bâtiments encore en élévation qui semblent caractériser les débuts du XXe siècle, seuls des remblais de l’Époque moderne ont pu être observés au-dessus des niveaux antiques.

Ainsi, les découvertes réalisées rue Eugène Sue, notamment dans le secteur 1.1, s’intègrent avec cohérence dans un contexte de la fin de l’âge du Fer et de l’antique défini par les opérations archéologiques qui ont eu lieu précédemment dans ce secteur de la ville d’Auch.


Magalie Dartus, juillet 2015.