Bellegarde-en-Forez (42) – Ruffy, tranche 1

Bellegarde-en-Forez (42) – Ruffy, tranche 1

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

12 - 30 octobre 2015

Fouille préventive

Âge du Bronze, La Tène.

DATE : 12 - 30 octobre 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Âge du Bronze, La Tène.

La fouille de Ruffy est située dans les piémonts des monts du Lyonnais, commune de Bellegarde-en-Forez. Elle est intervenue dans le cadre de l’extension d’une carrière d’exploitation de sables et granulats et à la suite d’un diagnostic effectué en 2013 sous la direction de V. Georges. À cette occasion, un petit site laténien a été mis en évidence à flanc de colline sur le léger replat d’une parcelle présentant un pendage assez important. La fouille à été motivée par l’aspect atypique des vestiges gaulois ainsi que par le contexte géographique peu exploré par l’archéologie préventive du fait de son isolement. Ces reliefs souffrent de plus d’une intense activité érosive très défavorable à la conservation des vestiges. La fouille a permis de mettre au jour près d’une cinquantaine de structures archéologiques, bien souvent très arasées, parmi lesquelles se trouvent fosses, trous de poteau et linéaires variés (drains et fossés).

Les résultats de la fouille, quoique modestes, n’en restent pas moins assez satisfaisants. Ils constituent une première base pour une commune où les données archéologiques sont très lacunaires et démontrent également que ce type de contexte isolé, a priori peu favorable à l’activité humaine, peut se révéler propice à des fréquentations assez variées.

Fin de la Préhistoire & âge du Bronze

Une datation 14C effectuée sur un charbon de bois issu d’un trou de poteau isolé, indique une fréquentation probable du secteur pendant le Néolithique final (3325-2940 cal BC, Beta-431600). Ce résultat assez surprenant n’était pas attendu, mais ne semble pas complètement improbable. Une seule date 14C reste toutefois assez légère pour illustrer une période.

La parcelle présente des traces de défrichage avec brûlis qui sont matérialisés par quelques chablis assez mal conservés. Ces derniers ont été datés de la fin du Bronze moyen ou du début du Bronze final par 14C (1430-1280 BC Cal, Beta-431602 et 1395-1215 BC Cal, Beta-431603). Ces vestiges témoignent soit d’une activité de déboisement de la parcelle pour la viabiliser soit d’une simple exploitation du bois.

Période laténienne

Les vestiges les plus importants de la fouille se composent d’une fosse peu profonde qui contenait un important lot de céramiques de La Tène D1a – D1b, autour de laquelle se distribuent quelques trous de poteau dont certains ont clairement pu être rattachés à la même phase chronologique. Cet ensemble de structures suggère la présence d’un bâtiment sur poteaux à architecture de terre et de bois de taille modeste qui doit correspondre à un petit établissement rural a priori isolé et occupé sur une courte durée. Cette occupation, de par son isolement et sa modestie, tranche avec les sites habituellement reconnus pour la période : sites de hauteurs fortifiés, habitats agglomérés ou sites ruraux à enclos. Elle montre qu’il existe également un habitat dispersé de petite taille.

Périodes historiques

Enfin, les vestiges qui font référence aux périodes historiques sont très variés : l’Antiquité n’est représentée que par deux ou trois fragments de tegulae isolés et manifestement en position secondaire. Les linéaires, souvent à fonction de drainage, sont nombreux sur la zone de fouille. Ils sont assez mal datés mais certains correspondent très probablement à des éléments de parcellaire moderne.


Simon Lemaitre, octobre 2016.