Carhaix-Plouguer (29) − Kergorvo – Kerconan

Carhaix-Plouguer (29) − Kergorvo – Kerconan

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

5 septembre - 27 octobre 2017

Fouille préventive

Antiquité
âge du Bronze ? 
Moyen Âge ?

DATE : 5 septembre - 27 octobre 2017

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Antiquité
âge du Bronze ? 
Moyen Âge ?

Une fouille préventive a été menée à l’emplacement de la future extension de la ZAC de Kergorvo, à Carhaix-Plouguer (Finistère), du 5 septembre au 27 octobre 2017. Dirigée par A.-M. Lotton, elle a concerné les aqueducs desservant Vorgium-Carhaix, chef-lieu de cité des Osismes durant l’Antiquité, d’une part et un vaste site d’extraction de grauwacke, sous forme de carrières à ciel ouvert, d’autre part.

 

Découvertes en 2010 à l’occasion du diagnostic de la parcelle B 33, les carrières ont fait l’objet d’une prospection géophysique dont les résultats ont permis d’identifier plusieurs anomalies dans le sous-sol. Trois fenêtres de fouille ont été ouvertes autour des principales, sur une superficie totale de 7 500 m². Le décapage a révélé de vastes excavations, de forme oblongue ou pseudo-circulaire, dont la plus grande atteint près de 70 m de long pour une dizaine de mètres de large. Les sondages mécaniques pratiqués dans ces excavations ont confirmé qu’il s’agissait bien de carrières à ciel ouvert. Si les bancs de schiste ardoisier ont vraisemblablement été exploités, ce sont les bancs de grauwacke, avec lesquels ils alternent, qui semblent avoir été ciblés préférentiellement.

 

En raison de l’indigence du mobilier retrouvé sur le site, la datation de ces exploitations pose problème et, à ce jour, une exploitation à des périodes différentes est envisagée. La découverte, au fond d’une des excavations, de céramiques de l’âge du Bronze, suggère une exploitation ancienne et pose la question du ou des monuments auxquels une telle quantité de pierre était destinée. Le fonctionnement des carrières à l’époque antique, en lien avec la construction de l’aqueduc, passant à quelques dizaines de mètres en aval, constitue également une hypothèse séduisante et semble-t-il validée à ce stade des recherches. Une fréquentation du site à l’époque antique est, du reste, attestée par la découverte de cinq incinérations – en plus de celle découverte lors du diagnostic – dans le comblement supérieur de l’une des excavations. Enfin, la découverte d’un bord de oule  (vase sans anse ni bec)  au fond d’une autre carrière suppose que le site était encore utilisé à des fins d’extraction au Moyen Âge classique.

 

En raison de son caractère inédit, l’ensemble du site a fait l’objet d’une campagne de photogrammétrie, dont les résultats devraient permettre de proposer une restitution en trois dimensions des principales excavations. Une carte géologique des zones décapées a également été dressée. Les études du mobilier ainsi que des données récoltées se poursuivent actuellement, qui devraient permettre de restituer les méthodes de travail des carriers. Les charbons prélevés dans les comblement des excavations devraient quant à eux préciser la chronologie de ce site d’extraction sans doute pluri-séculaire.


Anne-Marie Lotton, novembre 2017.