Châtillon-le-Duc, Doubs (25) – « Cayenne », rue Léon Baud

Châtillon-le-Duc, Doubs (25) – « Cayenne », rue Léon Baud

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

22 octobre - 14 décembre 2018

Fouille préventive

Âge du Fer, Antiquité, Époque Moderne, Époque Contemporaine.

DATE : 22 octobre - 14 décembre 2018

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Âge du Fer, Antiquité, Époque Moderne, Époque Contemporaine.

Les fouilles menées sur le site de « Cayenne », rue Léon Baud à Châtillon-le-Duc (25) ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Laudine Robin. Elles interviennent dans le cadre du projet du déviation de la route nationale de la DREAL, Bourgogne-Franche-Comté. Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour des vestiges de différentes périodes. En premier lieu, on recense plusieurs structures éparses, localisées aux extrémités de la parcelle, datant probablement de l’Âge du fer. Il s’agit de fosses très arasées, pouvant être rubéfiées, et livrant des charbons de bois et quelques fragments de céramiques permettant de proposer une datation ancienne. Des analyses, en cours, par datation C14 permettront très probablement d’appuyer cette hypothèse. Parmi elles, on a pu identifier une fosse bûcher, d’à peine 20 cm de profondeur, livrant une couche charbonneuse ainsi que des ossements humains et du mobilier brûlés (céramique et métal). La fonction des autres structures reste difficile à déterminer compte tenu de leur état de conservation. L’occupation la plus importante du site correspond à un sanctuaire gallo-romain. Il se compose d’un fanum associé à un autre bâtiment de même orientation et incomplet, installé sous la rue actuelle Léon Baud. Entourant ces constructions, un péribole trapézoïdal a été retrouvé. Le mur sud de celui-ci semble s’installer sur un ancien chemin creux, ayant été comblé par la suite et servant probablement de fossé drainant. La majeure partie du mobilier provient, par ailleurs, du comblement de cette structure. A l’intérieur de cet ensemble, deux dépôts construits de plan rectangulaire ont été identifiés et peuvent être interprétés comme des dépôts rituels. Un premier, composé de blocs de calcaire posés de chant, formant un coffrage, a livré une quarantaine de monnaies et a, en partie, été récupéré dans sa partie supérieure. Le second a été creusé directement dans la terrasse calcaire. Son mobilier moins abondant a probablement été récupéré et la fosse a été scellée définitivement par deux blocs de calcaire de très grande taille. Enfin, on recense, aux abords du fanum, des niveaux d’installation et de nivellement contenant du mobilier. Ces remblais sont nécessaires à l’installation du sanctuaire sur cette terrasse calcaire. Le mobilier récolté, en cours d’étude, semble confirmer une occupation allant de la période augustéene au IIe s. apr. J.-C. Les études de mobiliers permettront d’affiner nos connaissances sur ce site et de son occupation. Les deux dernières fréquentations du secteur sont très sporadiques avec un chemin moderne, une canalisation contemporaine ainsi que des rigoles et des anciens cours d’eau d’époque récente.


Laudine Robin, décembre 2018.