Cléry-Saint-André (45) − Les Hauts Bergerets, lot 2

Cléry-Saint-André (45) − Les Hauts Bergerets, lot 2

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

11 juillet – 19 août 2016

Fouille préventive

âge du Bronze, haut Moyen Âge

DATE : 11 juillet – 19 août 2016

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : âge du Bronze, haut Moyen Âge

La fouille menée à l’été 2016 sur le site de Cléry-Saint-André Les Hauts Bergerets aura permis de mettre en évidence des indices d’occupation allant de la Protohistoire à l’époque contemporaine, avec deux ensembles majeurs centrés d’une part sur le Bronze final, et d’autre part sur le haut Moyen Âge. Elle vient préciser et compléter les connaissances archéologiques acquises sur ce secteur à la fois par le diagnostic réalisé en 2012 et une première opération de fouille menée en 2014.

L’occupation la plus ancienne est matérialisée par une enceinte à fossés interrompus. Elle ne dispose d’aucun caractère défensif ou ostentatoire, hormis la superficie importante qu’elle semble couvrir. Son étendue exacte, de même que l’organisation de son espace interne, n’ont toutefois pu être clairement déterminées puisque son tracé s’étend largement au-delà du cadre d’investigation défini par la prescription. Le mobilier céramique, abondant, permet de placer cet ensemble au Bronze final IIIb, ce que viennent conforter des analyses radiocarbones. La quantité recueillie, malgré l’absence de dépôt avéré, ainsi que la qualité de certaines productions posent la question du statut du lieu, même si la composition du corpus invite à privilégier pour cette enceinte une fonction d’habitat. Bien que la fenêtre de lecture en ait limité l’observation, elle constitue un ensemble relativement exceptionnel pour l’âge du Bronze.

Au sud-est de l’emprise a également été reconnu un enclos circulaire, très arasé, structure couramment associée au domaine funéraire et dont la morphologie trouve plusieurs comparaisons régionales attribuables au Bronze final. Malheureusement, l’absence de tout élément datant ne permet pas d’établir de relation chronologique directe avec l’enceinte à fossés interrompus.

La seconde phase d’occupation majeure reconnue lors de cette opération de 2016 se place au haut Moyen Âge. Elle comprend plusieurs fossés qui, d’une part, pourraient matérialiser partiellement un axe de circulation, ce que tend à confirmer une sépulture à inhumation d’immature implantée à proximité immédiate en limite nord-ouest de l’emprise, et d’autre part, correspondent à divers états d’un réseau parcellaire, dont l’orientation a pu évoluer au fil du temps et qui viennent structurer l’espace et vraisemblablement conditionner l’implantation des autres vestiges. Ainsi, plusieurs silos se regroupent très clairement en deux zones distinctes, respectivement au nord et à l’ouest de l’emprise, chacune semblant délimitée à la fois par les fossés et par un alignement de trous de poteau. Il demeure délicat de déterminer si ces deux groupements ont fonctionné de manière strictement contemporaine ou si une aire d’ensilage succède à l’autre dans un laps de temps trop réduit pour pouvoir l’appréhender. Le cadre chronologique fourni par la céramique s’inscrit dans une large fourchette entre le VIIIe et le XIe siècle, mais l’homogénéité des productions révèle surtout une occupation courte qui se situerait entre la fin du IXe et le début du Xe siècle. La nature des vestiges et la fourchette chronologique font directement écho à l’occupation mise au jour sur l’emprise fouillée en 2014, et invitent à conclure que ces deux opérations représentent deux fenêtres d’observation d’un même site. La nature qualitative des assemblages de mobiliers tend à indiquer deux espaces à vocation bien différente, permettant d’envisager la présence de l’habitat à l’ouest et une fréquentation moindre et à l’écart des espaces domestiques à l’est. En outre, plusieurs éléments invitent à s’interroger sur la caractérisation économique et sociale du site et de ses occupants.

Enfin, des vestiges d’époque contemporaine ont également été mis au jour. Il s’agit d’un petit groupe de fosses-dépotoirs recelant un important lot de mobilier détritique comprenant notamment vaisselle et ustensiles domestiques datant de la fin du XIXe ou du début du XXe siècle. Des marques d’exploitation des affleurements crayeux et des fosses de plantation plus récentes ont également été observées.


Antoine David, ocotbre 2017.