Compiègne (60) − École d’État major, tranche 2

Compiègne (60) − École d’État major, tranche 2

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

19 juin - 24 novembre 201

Fouille préventive

Néolithique, haut Moyen Âge, Moyen Âge classique, Temps modernes et Époque contemporaine.

DATE : 19 juin - 24 novembre 201

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Néolithique, haut Moyen Âge, Moyen Âge classique, Temps modernes et Époque contemporaine.

La fouille archéologique préventive menée sur le site de l’ancienne École d’État Major de Compiègne a été réalisé par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Kateline Ducat. Elle s’inscrit dans le cadre d’un projet de réhabilitation mené par l’ARC (Agglomération de la région de Compiègne), sur un îlot de 19 200 m² entre le château et les rives de l’Oise.

 

En 2016, la surveillance archéologique des travaux de réseaux, réalisée sur 3000 m², avait permis de confirmer le tracé du rempart du XIIe siècle. L’intervention de 2017 concerne 4 900m² en aire ouverte, une superficie rarement atteinte en milieu urbain.

 

Les vestiges conservés couvrent une période de 6 000 ans, les artefacts les plus anciens datant du Néolithique moyen. C’est au cours du haut Moyen-âge que l’occupation devient plus marquante, elle se manifeste par des fonds de cabane dédiés à l’artisanat textile, plusieurs greniers surélevés, des fosses et des silos en batterie pour conserver les céréales. Les constructions en dure n’apparaissent qu’à partir du XIIIe siècle. Plusieurs caves en témoignent, l’habitat s’organisant le long des rues encore empruntées aujourd’hui. Des jardins sont aménagés au cours du XVIIe siècle dans la cour d’Orléans notamment, lors de l’arrivée des sœurs Carmélites, auxquels sont associés des puits ou citernes. Le site demeurera militaire de la fin du XVIIIe siècle jusqu’à la fermeture de la caserne en 2012.

 

Le fruit de ces cinq mois de travail sur le terrain doit désormais être étudié et interprété en vue de rendre une synthèse exhaustive sur l’intégralité des découvertes de l’École d’État Major. Durant cette phase post-fouille, les objets archéologiques extraits vont être analysés, en particulier pour préciser la chronologie des événements. Il s’agira de comprendre la fonction et l’organisation des quelques 600 structures en creux et en élévation relevées, afin de cerner l’évolution de la densité d’occupation humaine jusqu’à nos jours. Les recherches archivistiques permettront potentiellement de trouver des informations sur la nature des activités domestiques et artisanales qui ont pu être pratiquées dans ce secteur en marge du palais carolingien. Les échantillons de sédiments prélevés in situ, après tamisage pourront faire ressortir les éléments les plus fins : graines, arêtes de poissons, petits fragments d’os ou de métal. Toutes ces recherches permettront d’apporter de nouvelles connaissances sur ce quartier de l’ancienne cité royale, jusqu’alors méconnu.


Kateline Ducat, décembre 2017.