Déols (36) – Les Chamberlaines

Déols (36) – Les Chamberlaines

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

19 août – 06 septembre 2013

Fouille préventive

Protohistoire, Bronze final, Hallstatt , La Tène finale, La Tène D1.

DATE : 19 août – 06 septembre 2013

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Protohistoire, Bronze final, Hallstatt , La Tène finale, La Tène D1.

Les perspectives d’aménagement à Déols au lieu-dit « Les Chamberlaines » ont motivé la prescription de deux fouilles, suite aux résultats positifs du diagnostic mené par F. Cherdo (Inrap). Les deux fouilles sont situées de part et d’autre d’un ancien polygone de tir qui n’a pu être exploité.

Site 36.063.125 AH

Située au nord de la parcelle, cette petite emprise (1 600 m²) a livré peu de vestiges. Des rejets de mobilier lithique et céramique d’époques diverses (Paléolithique, Néolithique, Protohistoire, âge du Bronze, âge du Fer, La Tène finale) ont été découverts en surface du terrain naturel et dans des dépressions naturelles. Leur répartition est aléatoire et sans organisation. Leur présence est certainement liée à des occupations périphériques non identifiées.

Une structure de combustion très perturbée et contenant peu de mobilier a été identifiée. Elle est datée de La Tène C1 d’après deux datations radiocarbones cohérentes. Toutefois, cette méthode n’étant pas suffisamment précise pour cette période, une attribution à la fin de La Tène est plus probable. Cette structure est certainement liée à un habitat qui n’a pu être repéré. La présence de l’ancien polygone interdit toute recherche immédiate au sud de l’emprise fouillée.

Si ces occupations protohistoriques se manifestent essentiellement à travers le mobilier et sont difficiles à caractériser, la présence d’artéfacts n’est pas étonnante tant les vestiges anthropiques sont nombreux dans ce secteur (moins de 4 km de rayon). Ils concernent toutes les périodes de la Protohistoire même si celles-ci ne peuvent pas toujours être précisées. Des vestiges d’habitat et des structures funéraires sont donc présents autour de cette fouille.

Deux squelettes de caprinés ont été fouillés, leur dépôt est probablement récent.

Site 36.063.126 AH

Située au sud de la parcelle, cette emprise de 2 300 m² a essentiellement livré des vestiges de La Tène finale. Il s’agit de trous de poteau souvent très arasés et contenant peu de mobilier. Un grenier sur quatre poteaux a été identifié ainsi qu’un grand bâtiment sur paroi rejetée, probablement l’habitation. Un puits a été partiellement fouillé à proximité. Des concentrations de trous de poteau ont été repérées et fouillées mais les plans identifiés restent hypothétiques. Leur interprétation et leur datation restent donc sujettes à caution. Le mobilier, céramique, faune, métal, est trop lacunaire pour analyser cette occupation de manière approfondie. La céramique présente des caractéristiques locales, seules les amphores attestent de la consommation de vin et des relations pouvant exister avec des territoires voisins. Le mobilier faunique est en rapport avec la traditionnelle triade présente sur les sites ruraux laténiens.

Ces quelques caractéristiques sont cohérentes avec un établissement rural à vocation agro-pastorale. L’occupation se présente sous la forme d’un habitat ouvert, sans organisation apparente. Toutefois, il apparaît évident que cette occupation ne se limite pas à la zone prescrite. La limite nord de la fouille a été définie par la présence de l’ancien polygone qui reste inaccessible. De plus une concentration de trous de poteau située contre la limite est correspond très certainement à un ou plusieurs bâtiments hors emprise.

La fouille n’a donc permis de mettre en évidence qu’une partie d’un habitat protohistorique. Si plusieurs sites contemporains ou comparables ont été étudiés, les formes de l’habitat ne sont pas connues précisément. Des habitats ouverts constitués de plusieurs unités architecturales sont présents à Étrechet « ZAC Ozans » et au « Croc au Loup », « La Perrière ». Des enclos fossoyés ont été fouillés à Déols « Les Bapaumes, Les Connilles », à Coings « zone aéroportuaire ». Mais certaines découvertes réalisées lors de diagnostics n’ont pas donné suite à des fouilles, les données étant encore trop limitées pour tenter d’approcher l’organisation du territoire, les relations ou les hiérarchies existant entre les différents sites.

Les occupations identifiées à Déols « Les Chamberlaines » contribuent à densifier et à compléter les formes de l’habitat autour de Châteauroux, mais la surface restreinte des fouilles limite l’analyse de ces sites.


Benoît Pescher, juillet 2014.