Fareins (01) – ZAC Parc d’activités de Montfray – zone D, lot 1

Fareins (01) – ZAC Parc d’activités de Montfray – zone D, lot 1

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

23 septembre - 6 novembre 2013

Fouille préventive

Antiquité romaine, Haut-Empire (dernier tiers du I er siècle-début du II e siècle de notre ère).

DATE : 23 septembre - 6 novembre 2013

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Antiquité romaine, Haut-Empire (dernier tiers du I er siècle-début du II e siècle de notre ère).

Un espace funéraire à crémations du Haut-Empire

L’opération archéologique réalisée sur la commune de Fareins (Ain) est localisée en bordure occidentale du plateau de la Dombes, qui domine le cours de la basse vallée de la Saône. Elle intervient dans le cadre de l’aménagement du Parc d’Activités de Monfray d’une superficie de 40 hectares. Le secteur possède un fort potentiel archéologique, lié à la proximité de grands axes de communication fluviale et terrestre, propices aux installations humaines, reconnues depuis aumoins la Préhistoire récente. Les investigations ont été conduites sur une emprise de près de 1 000 m2. Les témoins mis en évidence correspondent à une petite nécropole à crémation d’époque galloromaine, datée d’après le mobilier céramique entre la fin du Ier et le début du IIe siècle apr. J.-C. L’occupation apparaît homogène et concentrée sur une courte fourchette chronologique. Elle s’organise en deux ensembles distincts orientés nord-sud, séparés par un espace vierge, comprenant notamment une série d’urnes funéraires dans lesquelles ont été recueillis les restes issus de la crémation des défunts sur un bûcher. Une éventuelle zone de crémation, matérialisée par des épandages cendreux et charbonneux (bûcher ou résidus), est d’ailleurs présumée dans l’environnement immédiat de l’espace funéraire. L’essentiel des vestiges correspond à des dépôts secondaires de crémation. Les contenants des ossuaires sont constitués de moitiés d’amphores réutilisées ou éclatées sur place, ainsi que de pots à cuire appartenant à la batterie de cuisine, disposés tête en bas au sein de fosses, dont le creusement est apparu peu lisible. Les éléments de la culture matérielle rattachés à ces populations comprennent de la verrerie, quelques objets en métal (clous, serpette), et des vases en céramique. Certains ont subi un passage au feu sur le bûcher (vaisselle de table et cruches ayant servi lors du repas funéraire précédant la crémation), tandis que d’autres, non brûlés, peuvent être identifiés comme des offrandes funéraires ou des vases ossuaires. Les découvertes permettent de confirmer la présence d’une petite nécropole de type familial et de statut social vraisemblablement modeste. Elles doivent être mises en relation avec un secteur d’habitat du Haut-Empire, non reconnu à ce jour, à rechercher en périphérie immédiate des secteurs fouillés. Plusieurs sites gallo-romains ont d’ailleurs été reconnus récemment dans un rayon d’un kilomètre autour du projet en question, mais ils semblent toutefois, pour la plupart, de datation plus récente (Antiquité tardive). Les résultats déjà acquis viennent ainsi compléter avec bonheur nos connaissances sur l’occupation humaine d’époque gallo-romaine de ce secteur du département de l’Ain, ainsi qu’enrichir notre corpus documentaire sur les pratiques funéraires du Haut-Empire mettant en oeuvre des tombes à crémation. Plusieurs ensembles de comparaison sont d’ailleurs déjà connus avec les sites de La Boisse, de Béligneux ou de Château-Gaillard, ainsi que, plus au sud, par les riches nécropoles de la capitale des Gaules, Lugdunum.


Guillaume Maza, mars 2015.