Fegersheim et Geispolsheim (67) – Rocade sud de Strasbourg, tranche 1

Fegersheim et Geispolsheim (67) – Rocade sud de Strasbourg, tranche 1

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

27 juillet – 23 octobre 2015

Fouille préventive

Néolithique, âge du Bronze, âge du Fer (Hallstatt), Antiquité.

DATE : 27 juillet – 23 octobre 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Néolithique, âge du Bronze, âge du Fer (Hallstatt), Antiquité.

Les fouilles menées par le bureau d’études Éveha, sous la responsabilité d’Antoine Ferrier, traversent le ban des communes de Fegersheim et Geispolsheim (Bas-Rhin). Elles interviennent dans le cadre du projet d’aménagement de la Rocade Sud de Strasbourg dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL) et celles-ci seront effectuées en deux tranches. La première tranche, d’une surface d’environ 3 ha, s’est déroulée entre le 27 juillet et le 23 octobre 2015 à l’emplacement de la future implantation de deux ouvrages d’art : l’emprise OA 1 (6800 m²) et l’emprise OA 34 (23000 m²).

Les découvertes effectuées sur l’OA 1 remontent au Néolithique, avec la découverte de plusieurs fosses de type « fente » dont une a livré les restes d’un chevreuil. La fouille d’autres fosses servant de dépotoirs montre la proximité de zones d’habitat pendant le Néolithique récent et la Protohistoire (Hallstatt). Quatre grands foyers à galets chauffés de 4,50 m sur 1,50 m et disposés parallèlement ont également été exhumés. La découverte la plus imposante reste néanmoins celle de la voie romaine, venant de Bâle, qui traverse le site du sud au nord. Large de 28 m et délimitée par deux fossés bordiers, elle avait une chaussée de 14 m rechargée en graviers avec plusieurs bandes de roulement (des ornières étaient encore visibles). Deux grands fossés supplémentaires en assuraient le drainage. Les objets trouvés sur la voie témoignent de son usage a minima entre le Ier et le Ve siècle après J.-C. Quatre tombes gallo-romaines ont été trouvées en bord de voie. Enfin, plusieurs tranchées militaires en zigzag, vraisemblablement de la première guerre mondiale, ont livré des tiges en fer utilisées pour fixer le barbelé en bord de tranchée.

Les vestiges mis au jour sur l’OA 34 s’étendent de part et d’autre de l’Ehn. Deux zones d’habitat du Néolithique ancien Rubané ont été identifiées sur les terrasses loessiques de chaque côté du cours d’eau. L’érosion importante des sols depuis cette période explique la difficulté à reconnaître les bâtiments d’habitation. Au cours de la fouille, seul un bâtiment a pu être partiellement identifié. Malgré tout, le mobilier céramique et lithique, ainsi que les restes de faune ont été retrouvés en grand nombre. Par la suite, une zone funéraire semble se développer en limite nord de l’emprise, signalée par la présence de trois sépultures datées a priori du Néolithique moyen.

À l’âge du Bronze final, l’occupation semble se concentrer sur les berges de l’Ehn où deux bâtiments, respectivement sur 4 et 6 poteaux, ont été mis au jour. Une tombe à crémation du début du Bronze final a également été découverte sur la berge opposée. Ensuite, au cours du Premier âge du Fer, l’occupation semble plus éparse et s’étend sur une grande partie de la terrasse loessique sans organisation apparente pour l’instant.

Toutefois, les vestiges les plus importants concernent la période antique. Un ensemble de caves, de fosses, et de puits témoignent de l’existence, jusqu’au IVe siècle après J.-C. au moins, d’un habitat gallo-romain installé à proximité de l’Ehn. Les fragments d’une borne milliaire, dont un élément présentait une inscription, ont également été découverts.

L’étude en cours du site et l’intervention des différents spécialistes permettront d’affiner les datations des différentes phases d’occupation et la compréhension du site dont la seconde tranche de fouilles archéologiques aura lieu en 2016, sur près de 4 ha.


Antoine Ferrier, décembre 2015.