Fegersheim et Geispolsheim (67) – Rocade sud de Strasbourg, tranche 2

Fegersheim et Geispolsheim (67) – Rocade sud de Strasbourg, tranche 2

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

28 août - 10 novembre 2017

Fouille préventive

Néolithique ancien, Néolithique récent, âge du Bronze final, Premier âge du Fer, La Tène ancienne.

DATE : 28 août - 10 novembre 2017

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Néolithique ancien, Néolithique récent, âge du Bronze final, Premier âge du Fer, La Tène ancienne.

Les fouilles menées sur les communes de Fegersheim et Geispolsheim (Bas-Rhin) ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Antoine Ferrier. Elles interviennent dans le cadre du projet d’aménagement de la Rocade Sud de Strasbourg (2e phase), dont la maîtrise d’ouvrage est assurée par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (DREAL). Cette année, pour la dernière phase des fouilles conduites depuis 2015 sur ce site, les investigations ont été menées sur deux emprises, l’une de 5 800 m² et l’autre de 18 000 m².

 

Ces fouilles ont d’abord permis de mettre au jour la suite d’un habitat du Néolithique ancien Rubané déjà repéré lors des fouilles menées à proximité de l’Ehn en 2015. Contrairement aux fouilles précédentes, pour lesquelles cet habitat n’était visible qu’en négatif par les fosses et les rejets entourant l’espace domestique, cette année une maison rubanée a pu être fouillée. Les vestiges fouillés montre clairement que ce village se développe sur les berges de l’Ehn de part et d’autre de l’emprise des fouilles qui ne fait que traverser cet espace.

 

Si quelques vestiges appartenant au Néolithique moyen ont été identifiés, c’est l’occupation du Néolithique récent (Michelsberg) qui prédomine nettement pour cette période. Il s’agit principalement de petits regroupement de fosses-silos comme autant des aires d’ensilages, ainsi qu’un puits tout à fait remarquable, dans lequel ont été déposés deux bucranes d’aurochs. Si plusieurs occupations du Néolithique récent ont déjà été identifiées durant les deux campagnes précédentes, il s’agit ici de la plus importante pour cette période.

 

Comme sur les autres emprises fouillées sur la terrasse loessique de Geispolsheim, plusieurs fentes néolithiques ont été découvertes cette année, ce qui monte à près d’une vingtaine le nombre de découverte de ce type de structure sur l’ensemble des fouilles du projet.

 

L’occupation de ce secteur reprend ensuite à l’âge du Bronze final avec la découverte d’une nouvelle tombe à crémation (urne) appartenant au début du Bronze final. On retrouve ensuite deux occupations domestiques, l’une attribuée à l’étape moyenne du Bronze final (groupe RSFO) et l’autre à un horizon compris entre la fin du Bronze final et le début du Premier âge du Fer. Ces deux ensembles, bien que peu développés, sont caractérisés par des comblements très détritiques livrant un mobilier abondant.

 

Ensuite, au cours du Premier âge du Fer, l’occupation semble plus éparse et s’étend sur une grande partie de l’emprise fouillée, sans organisation apparente. On notera toutefois la présence d’un ensemble funéraire (inhumations) dont les rares éléments de datation indiqueraient une datation au début de la période laténienne, mais dont la création pourrait remontée au Premier âge du Fer. La répartition et l’agencement des sépultures permet d’envisager l’hypothèse d’un tumulus, dont l’architecture serait totalement arasée sur ce point haut de la terrasse loessique.

 

Un large fossé rectiligne orienté nord-sud traverse l’emprise sans que l’on puisse établir ni sa datation ni sa fonction. Les rares fragments de mobilier retrouvé dans son comblement ne permettent pas d’assurer une datation, ils tendrait toutefois vers une attribution chronologique à la fin de la Protohistoire.

 

Enfin, quelques vestiges antiques montrent la continuité de l’occupation antique identifiée en 2015, pour sa phase la plus tardive (horizon fin IIIe – 1ère moitié IVe s après J.-C) avec la présence de deux fonds de cabane très similaires aux exemples déjà fouillés.

 

Les études du mobilier ainsi que l’exploitation des données de terrain se poursuivent actuellement et permettront d’affiner nos connaissances de ce site et de son occupation. Avec cette dernière opération, se sont ainsi plusieurs emprises représentant au total environ 7 hectares qui auront été fouillées. Les données récoltées viendront ainsi compléter la vision des occupations néolithiques, protohistoriques et antiques d’un secteur déjà dense en découvertes archéologiques.


Antoine Ferrier, décembre 2017.