Frépillon (95) – ZAC des Epineaux

Frépillon (95) – ZAC des Epineaux

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

23 mars au 10 juillet 2015

Fouille préventive

Protohistoire (Âge du Bronze), Antiquité gallo-romaine, haut Moyen Âge, Moyen Âge.

DATE : 23 mars au 10 juillet 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Protohistoire (Âge du Bronze), Antiquité gallo-romaine, haut Moyen Âge, Moyen Âge.

Occupation du Bronze final, vaste habitat rural pérenne ( I er – XII e s.), nécropole et sépultures dispersées du haut Moyen Âge

 

Le site de la ZAC des Épineaux a permis d’observer sur une surface de 4,2 hectares près de 3180 structures (dont 490 anomalies naturelles) témoignant de différentes occupations humaines de la fin de l’âge du Bronze à la fin du haut Moyen Âge ou du début du Moyen Âge central.

 

La première occupation (Bronze final, entre 1100 et 900 av. J.-C.) est attestée par la présence d’une petite concentration de structures (silos, petites fosses et trous de poteau) au nord-est du site, dans un secteur peu touché par les occupation suivantes. Du mobilier céramique résiduel de cette période sur une large partie de l’emprise de fouille laisse supposer que le site de l’âge du Bronze se développait plus au sud-ouest, mais que les éventuelles structures s’y rattachant ont été détruites par les structures postérieures.

 

Le site est réinvesti au Haut-Empire, probablement à partir du milieu du I er s. ap. J.-C. Plusieurs bâtiments sur fondations en pierre, dont certains comportant des caves, sont alors construits. La plupart sont installés perpendiculairement à la berme nord, le long de l’actuel chemin de Pontoise, qui reprend vraisemblablement le tracé d’un axe de communication antique. La configuration des bâtiments 12 et 44, de la cave 3080, la présence d’un puits, ainsi que la couche 2597 riche en mobilier, permettent de proposer un rôle de relais routier pour une partie au moins du site du Haut-Empire. Ces bâtiments coexistent avec des trous de poteau épars, quelques petites fosses et de grandes fosses d’extraction.

 

Au Bas-Empire, d’autres bâtiments sont construits. Ils diffèrent des précédents par une taille réduite, un plan carré et une orientation divergente. Une petite construction s’apparente à un autel ou une chapelle. Elle comporte un dépôt assez caractéristique : un vase miniature modelé, de la céramique et deux monnaies du Haut-Empire, une hache polie néolithique et un oursin fossilisé. Le site ne semble pas avoir uniquement une vocation cultuelle au Bas-Empire, comme l’attestent plusieurs structures caractéristiques d’habitat rural (fosses, trous de poteau et une probable mare ou fumière).

 

La période mérovingienne est la mieux représentée à l’échelle du site. Les structures sont installées sur une grande partie de l’emprise de fouille, avec une grande densité à l’intérieur d’un espace quadrangulaire matérialisé par plusieurs petits tronçons de fossés. Cet habitat groupé comporte de nombreux ensembles de trous de poteau (qui permettent rarement de restituer avec un degré de fiabilité suffisant des plans de bâtiments), des fonds de cabanes (plutôt en périphérie du site), des fours domestiques (une batterie en périphérie de l’habitat et plusieurs fours au sein de l’habitat), des foyers et de petites batteries de silos assez lâches. Quelques sépultures sont installées dans ce qui est proposé comme le relais routier du Haut-Empire. D’autres sont implantées sur la frange est de l’occupation, le long d’un fossé parcellaire.

 

À la période carolingienne, on constate à la fois la forte diminution du nombre de structures d’habitat ou de production, et la multiplication des sépultures. Celles-ci constituent une nécropole dense au niveau du relais routier antique. Quelques sépultures sont dispersées au sein de l’habitat, dont certaines en silos ou en fosses circulaires. Quelques éléments de mobilier semblent indiquer la présence d’une population privilégiée (tessons de céramique peinte et polie, présence d’une gourde).

 

La dernière période d’occupation date de la charnière entre la fin de la période carolingienne et le début du Moyen Âge central. Le nombre de structures s’accroît par rapport à la période précédente, sans atteindre celui de la période mérovingienne. Un des éléments marquants pour cette période est la construction d’un vaste enclos ovoïde, qui reprend peut-être en partie l’emprise d’un enclos de la période carolingienne. Ce type d’enclos est généralement associé à la présence d’une population élitaire. Cela est confirmé par quelques éléments de mobilier ou d’écofacts (fers de traits, lampes en céramique ou en pierre, couteaux avec virole en bronze, ossements de porcs et caprinés consommés jeunes, etc.). Le site est définitivement abandonné au cours de la première moitié du XII e siècle. La présence de mobilier de cette période sur le sol d’une cave et dans plusieurs tranchées de récupération de murs antiques atteste de la longue pérennité des bâtiments antiques sur fondations en pierre, qu’ils soient encore utilisés ou seulement visibles à l’état de ruine, jusqu’à la fin du haut Moyen Âge.


Cyrille Ben Kaddour, mars 2018.