Goulles (19) – Le village de Carbonnières

Goulles (19) – Le village de Carbonnières

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

10 - 14 avril, 2 - 12 mai, 29 mai - 16 juin 2017

Sondages et prospections

Moyen Âge, Époque moderne

DATE : 10 - 14 avril, 2 - 12 mai, 29 mai - 16 juin 2017

TYPE D'OPÉRATION : Sondages et prospections

CHRONOLOGIE : Moyen Âge, Époque moderne

L’étude archéologique préalable du site du village de Carbonnières, commandée par la commune de Goulles et à la demande du service régional de l’Archéologie, s’inscrit dans le cadre d’un projet de valorisation du site. Elle a pour but d’offrir une documentation à la commune afin d’orienter cette dernière dans ses choix de mise en valeur.

 

Le village de Carbonnières est subordonné à un castrum. Il se développe contre le versant ouest de l’éperon rocheux qui accueille ce castrum. Le village est mentionné pour la première fois au XIIIe siècle et est habité jusqu’au début du XXe siècle. Notre étude concerne donc une longue période. Elle s’est déroulée en quatre volets : une prospection, une étude analytique du bâti, des sondages archéologiques et une étude historique.

 

Le village de Carbonnières s’est révélé circonscrit à l’emprise visible actuellement. Le site a été fortement aménagé et modelé au fil de temps afin d’optimiser les capacités à la fois agricoles et d’implantation des habitations. Des terrasses ont été façonnées, permettant de retenir la terre pour des jardins par exemple. Les bâtiments sont également adaptés à la topographie accidentée des lieux. Ils sont pour beaucoup semi-enterrés, construits en paliers. Des modes de construction particuliers ont été mis en évidence, notamment des systèmes de plateformes créant des surfaces planes pour l’implantation de bâtiments. Le plan du village est aussi révélateur d’un développement dans un espace contraint, avec une grande place laissée aux surfaces utilitaires de type agricole, au détriment des habitations, implantées dans les endroits les plus accidentés du site et là où l’agriculture est moins propice, c’est-à-dire le long de l’éperon rocheux.

 

La chronologie du village est délicate à établir puisque les éléments concrets sont trop ténus pour avoir une vision globale fine. Néanmoins, une première réflexion est possible. Les origines sont floues. Seule une mention au XIIIe siècle nous renseigne sur la probable existence du village de Carbonnières. C’est réellement aux XIVe-XVe siècles que les informations apparaissent. En effet, les sources textuelles et archéologiques convergent vers une occupation du site plutôt dans la partie centrale, au pied des tours du castrum. Les habitants sont assez mal documentés, mais il semble que les suzerains des seigneurs soient logés au sein du village. Des marchands sont également mentionnés. Il est probable qu’une population de paysans-artisans occupe le reste du site. Au début de l’Époque moderne, un bouleversement important se fait ressentir : une grande phase de construction s’opère et le village prend le visage qu’il possède de nos jours. Des changements importants dans l’organisation ont été perçus, avec des orientations qui diffèrent et des cheminements modifiés. Des secteurs qui ne semblaient pas lotis jusqu’alors sont occupés et le bâti médiéval est complètement abandonné et rayé du paysage. Ceci intervient dans un contexte où les derniers seigneurs de Carbonnières partent du site en le laissant en affermage. Le village possède sa morphologie et n’évolue que peu jusqu’à son abandon, au début du XXe siècle. Dans cette dernière phase, les habitants sont essentiellement des paysans.

 

Cette étude n’est cependant qu’une évaluation du potentiel archéologique du site et il est indéniable que celui-ci représente des années de recherches et de labeur. Des fouilles archéologiques à plusieurs endroits clés permettraient d’accéder aux informations sur les origines du village et son évolution durant tout le Moyen Âge et l’Époque moderne.


Peggy Poulain, mars 2018