Gournay-sur-Marne (93) − avenue du Maréchal Joffre

Gournay-sur-Marne (93) − avenue du Maréchal Joffre

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

3 octobre - 5 décembre 2017

Fouille préventive

La Tène finale, Antiquité, périodes moderne et contemporaine

DATE : 3 octobre - 5 décembre 2017

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : La Tène finale, Antiquité, périodes moderne et contemporaine

Les fouilles menées sur le site de l’ancien marché de Gournay-sur-Marne, avenue Joffre, ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité d’Aurélien Sartou. Elles interviennent dans le cadre du projet d’aménagement d’un immeuble comprenant un parking en sous-sol, un marché couvert et des logements sociaux en étages par la société ADIM.

 

Les investigations archéologiques ont permis de mettre au jour une série d’aménagements anthropiques s’échelonnant de La Tène finale à la période contemporaine. Les occupations protohistoriques se caractérisent par une série de fosses ayant servi dans un second temps de dépotoir, d’une fosse de latrines et d’un grand fossé qui traverse le site du nord-est au sud-ouest. Ce fossé est visiblement comblé dans le courant de la période augustéenne au moment où se développe une agglomération secondaire sur Gournay-sur-Marne (93) et Chelles (77). Ces deux villes, aujourd’hui séparées par le cours de la Marne, faisaient à l’époque partie d’une même agglomération. Le site se trouve en limite sud de cette agglomération. Les vestiges se caractérisent par des ensembles de fosses de dimensions variées, 4 puits maçonnés, une cave et probablement quelques solins. À l’issue de la fouille, il est difficile de définir une organisation de l’espace.

 

Les nombreuses opérations menées sur Gournay-sur-Marne et Chelles ont révélé la présence de bâtiments en matériaux périssables avec parfois des caves/celliers maçonnées. Cette agglomération a, semble-t-il, prospéré notamment grâce à l’exploitation du bétail (boucherie, tannage, mégisserie, tabletterie). Le mobilier de cette période est relativement abondant (céramique et faune essentiellement).

 

L’occupation antique semble se développer du Ier au IIIe siècle de notre ère. Durant l’Antiquité tardive et le haut Moyen Âge le site semble ne pas être occupé. Quelques fosses indiquent une réoccupation ponctuelle du site au Moyen Âge. L’avenue Joffre actuelle, qui borde le site au nord, correspond vraisemblablement à un axe de circulation ancien. C’est le long de cet axe que viendront s’implanter durant la période moderne des bâtiments maçonnés dont les plans ont pu être définis. Ces bâtiments seront probablement détruits dans le courant du XVIIIe siècle pour la création d’un grand jardin lié au château de Heurtebise situé plus à l’ouest. De ce jardin, nous avons pu mettre en évidence les fosses de plantation d’arbres et notamment deux alignements est-ouest délimitant probablement une allée des jardins à la française. Ceux-ci seront transformés par la suite en jardin à l’anglaise. Le jardin et le château perdureront jusqu’aux années 1970, date à laquelle une partie du jardin sera rasé pour permettre la construction d’un marché couvert détruit en 2016.

 

Les études du mobilier ainsi que des données récoltées se poursuivent actuellement et permettront d’affiner nos connaissances de ce site et de son occupation.


Aurélien Sartou, décembre 2017.