Grasse (06) – Îlot Paul Goby

Grasse (06) – Îlot Paul Goby

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

15 septembre - 07 novembre 2014

Archéologie du bâti

Moyen Âge, Époque moderne, époque contemporaine.

DATE : 15 septembre - 07 novembre 2014

TYPE D'OPÉRATION : Archéologie du bâti

CHRONOLOGIE : Moyen Âge, Époque moderne, époque contemporaine.

En préalable au réaménagement de plusieurs immeubles de l’agglomération de Grasse, une étude archéologique du bâti a été menée dans la partie nord du centre historique ancien, rue Paul Goby, entre le 15 septembre et le 7 novembre 2014. Les cinq immeubles soumis à prescription, tous mitoyens et alignés sur le versant sud de la rue, cumulaient une trentaine de pièces de diverses tailles. Les élévations des parcelles appréhendées ont révélé plusieurs maçonneries tardo-médiévales. Celles-ci sont caractérisées par un appareil moyen, régulièrement assisé, constitué de moellons de calcaire. Aucun élément architectonique nouveau – portes, baies ou fenêtres – n’a pu être mis en évidence au travers des sondages ouverts dans les murs. Cette absence est la marque des profonds remaniements opérés sur le bâti aux époques moderne et contemporaine. Les hauteurs de conservation varient considérablement d’une parcelle à l’autre, tout comme l’état des murs révélés, souvent passablement dégradés. Enfin, des espaces non construits se dessineraient, de part et d’autre du bâti médiéval, faisant naître l’image d’une trame urbaine encore peu dense à la fin du Moyen Âge, tout du moins dans ce quartier. Les demeures modernes qui s’élèveront par la suite sur ce substrat médiéval ne relevaient pas d’un habitat caractéristique d’un milieu social élevé, la présence dans le quartier d’une forte activité artisanale (des tanneries, pour la plupart) enregistrée dès la fin du Moyen Âge expliquant pour beaucoup le phénomène. Enfin, la forte pression foncière que connaîtra l’agglomération intra-muros, dès le XIXe s., poussera les propriétaires des parcelles de l’îlot Goby à refondre leurs biens en immeubles de rapports – ainsi qu’à les surhausser de nouveaux étages – afin de multiplier les locations ; un schéma que connaît l’ensemble des agglomérations du territoire à la même période. Il n’a été trouvé trace d’aucun élément que l’on puisse associer à la présence des remparts médiévaux de l’agglomération au niveau des bâtiments sud de la rue P. Goby. Les résultats des prélèvements dendrochronologiques effectués par le bureau d’études Dendrotech, notamment au niveau des plafonds, n’ont pu dater de manière absolue les pièces de bois visées. Ce volet du dossier reste néanmoins ouvert et les données complètent d’ores et déjà la dendrothèque constituée à l’échelle régionale afin d’engager une réflexion sur ce matériau et son usage au sein de la ville médiévale et moderne en Provence.


Franck Martin, juillet 2015.