Illiers-Combray (28) – Le Filoir, tronçon RD154 à RD921 sud

Illiers-Combray (28) – Le Filoir, tronçon RD154 à RD921 sud

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

26 septembre - 10 novembre 2016

Fouille préventive

Premier Moyen Âge (VII e - XI e s.)

DATE : 26 septembre - 10 novembre 2016

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Premier Moyen Âge (VII e - XI e s.)

Cette opération de fouille archéologique préventive, réalisée du 26 septembre au 10 novembre 2016 en amont du projet de déviation de la commune d’Illiers-Combray, porte sur des éléments d’un habitat rural médiéval découvert à moins de 500 m au sud du bourg, dans une parcelle dénommée « le Filoir », sis à l’ouest de la route départementale 941.

 

Le décapage d’une surface de 7000 m2 a mis au jour dans la moitié ouest de l’emprise un total de 190 vestiges, essentiellement fossoyés, dont 85 % ont fait l’objet d’une fouille manuelle in extenso.

 

Du mobilier en « bruit de fond »

Une hache polie et un bracelet en schiste fragmentaires d’une part, et des tessons de poterie modelée à pâte grossière d’autre part se trouvent en position de redéposition dans les contextes médiévaux. Ils évoquent les occupations du Néolithique et de la Protohistoire reconnues alentours à l’occasion notamment de récentes opérations réalisées par le service archéologique du département.

 

L’habitat médiéval

 

L’occupation médiévale débute par l’implantation, dans un espace ni occupé ni structuré, d’un four culinaire daté par radiocarbone de la période mérovingienne, entre la seconde moitié du VII e s. et le deuxième tiers du VIII e s.

 

Dans l’état de nos connaissances, l’occupation se poursuit ensuite entre le X e s. et le début du XI e s., suivant une évolution en quatre actes d’après l’analyse stratigraphique des vestiges, mais que le mobilier céramique en faible quantité est en peine d’illustrer.

 

L’habitat médiéval est réparti en trois pôles. Le premier pôle connaît deux états de parcellaires et voit l’implantation d’au moins deux constructions. Le Bâtiment 1 est fondé sur neuf à douze trous de poteau, mesure 54 m2 et est potentiellement pourvu d’un étage en partie nord. Le Bâtiment 2 est très grand, construit sur vingt poteaux au minimum et couvre une surface estimée à 187 m2. Sa proposition de restitution est très vraisemblable étant donné la régularité, au sol, de son architecture. L’alignement à l’ouest de ces bâtiments définit un espace vide de cour ou de culture.

 

Le deuxième pôle, situé à moins de 10 m à l’est du précédent, est composé d’une nuée de trous de poteau et de fosses, dont l’une accueille des rejets de combustion.

 

Le troisième pôle, situé à environ 35 m au sud-est, regroupe plusieurs trous de poteau, des fosses dont l’une est comblée de rejets charbonneux et une fosse de type « coffre » faisant finalement office de dépotoir.

 

Voisinant ce troisième pôle, diverses fosses initialement masquées par une vaste nappe sédimentaire sont interprétées comme des fosses d’extraction de limons et pourraient dater, de même, des X e – XI e s.

 

En somme, la fenêtre d’observation étant étroite, on ne connaît pas la position de l’habitat mérovingien concomitant du four culinaire. De même, on ne peut pas juger du déplacement de l’habitat après le début du XI e s. En outre, la question de la continuité entre les deux occupations demeure. En revanche, les quelques rejets charbonneux et domestiques dans les contextes du site trahissent la proximité de l’Homme autour de l’emprise de fouille. Par contre, et faute de mobilier principalement, la fonction de l’habitat et le statut de ses habitants nous échappent totalement.

 

Un parcellaire moderne à contemporain

 

À une date inconnue, un nouveau parcellaire est créé et figure sur le levé cadastral de 1826. Neuf fosses de plantation et l’alignement de cinq poteaux suivant le même axe sud-ouest / nord-est lui sont associés.


Étienne Jaffrot, novembre 2017