La Rivière-de-Corps (10) – Rue Neuve

La Rivière-de-Corps (10) – Rue Neuve

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

04 avril - 09 juin, 18 - 29 juillet 2016

Fouille préventive

Préhistoire, âge du Fer (La Tène), Antiquité, époques moderne et contemporaine

DATE : 04 avril - 09 juin, 18 - 29 juillet 2016

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Préhistoire, âge du Fer (La Tène), Antiquité, époques moderne et contemporaine

Suite à un projet de lotissement de maisons individuelles sur la commune de La Rivière-de-Corps (10) à l’est de la ville de Troyes, un diagnostic mené entre octobre et novembre 2006 par M. Kasprzyk (Inrap) a permis la mise au jour d’un site principalement attribuable à la période romaine sur la partie nord de l’aménagement. Libérés de toute contrainte archéologique, les deux tiers sud de la surface ont été aménagés et la partie nord abandonné.

 

En 2015, suite à la reprise par un autre aménageur de ce projet la prescription de fouille a été renouvelée et a initié une fouille sur une superficie de près de 2 ha.

L’opération s’est déroulé au printemps-été 2016 et a permis de mettre au jour trois fosses en Y sans datation et de confirmer une batterie de silos datés de La Tène et une occupation majeure dispersée sur toute l’emprise datée du Haut-Empire, principalement de la période augustéenne au début ou courant du IIe siècle de notre ère.

L’occupation principale semble être structurée en aire ouverte bien qu’un fossé au sud et la vision limitée qu’offre l’emprise puissent remettre en cause cette hypothèse. Dans cet espace, à l’ouest plusieurs bâtiments de modules rectangulaire et orientés majoritairement est-nord-est – ouest-sud-ouest peut-être associés à un fossé nord-sud et fonctionnant avec des celliers, une cave et des puits semblent encadrer un espace « vide » d’un minimum de 2 000 m². À l’est, un ruisseau canalisé à l’époque romaine semble avoir joué un rôle important dans deux occupations vraisemblablement distinctes mais peut-être successives. La première au sud-est forme un enclos palissadé d’au moins 3 600 m² de superficie et semblant continuer à l’est en dehors de l’emprise. À l’intérieur de cet espace plusieurs bâtiments d’orientation générale nord-sud ont été mis au jour ainsi que des fosses et une possible partition interne de l’espace et une éventuelle modification de la palissade. La seconde au nord-est n’a été appréhendée qu’à travers un fossé d’orientation est-ouest présentant un retour vers le nord à l’ouest et disparaissant hors emprise à l’est comme au nord laissant envisage un enclos fossoyé de moyenne à grande dimension. La superficie de cet enclos, 1 700 m² est une dimension minimale. Seul un possible petit édifice de type grenier et une série de quatre gros trous de poteaux pouvant potentiellement s’apparenter à des poteaux d’un édifice sur faîtière centrale et parois extérieures légères témoignent d’une occupation de l’espace interne de cet enclos.

 

Le site semble abandonné au début ou courant IIe siècle mais est fréquenté au IVe siècle avec la mise au jour d’un four dont la destination précise n’a pu être déterminée. Cette structure ainsi qu’une seconde elle aussi attribuée au IVe siècle ont été découvertes sous les comblements de fosses d’extraction de matériaux sableux sur une lentille semi-elliptique traversant le chantier selon un axe nord-sud. Ces fosses, regroupées en grappes semblent avoir été creusées et comblées pendant l’Époque moderne, probablement entre les XVIe et XVIIe siècles. Un espace situé entre ces fosses (à l’ouest) et le fossé d’enclos (à l’est) semble avoir accueilli une culture de vigne probablement pendant la même période. Quelques comblements témoignent d’une fréquentation du terrain à l’Époque contemporaine.


Antoine Delauney, février 2018