La Villeneuve-au-Châtelot (10) – Les Communes, phase 2a

La Villeneuve-au-Châtelot (10) – Les Communes, phase 2a

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

16 septembre - 04 novembre 2015

Fouille préventive

Néolithique moyen, récent, Hallstatt, La Tène.

DATE : 16 septembre - 04 novembre 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Néolithique moyen, récent, Hallstatt, La Tène.

L’opération de fouille s’est déroulée du 16 septembre au 4 novembre 2015, dans la continuité de la fouille (Zone 1a) menée par A. Ferrier (Éveha) en 2013 dans le cadre de l’extension d’une carrière de sable. Elle a porté sur plus d’1,9 ha et a permis la mise au jour de vestiges de différentes périodes chronologiques s’étendant du Néolithique au Moyen-Âge.

Le Néolithique

Une sépulture isolée

Une sépulture à inhumation sur le côté droit avec les membres repliés a été mises en évidence. Très mal préservée elle contenait notamment un vase en terre cuite et une hache. Elle est datée du Néolithique moyen et s’insère dans une série locale de découvertes de tombes plus ou moins isolées.

Une enceinte palissadée

Cette fouille a également permis la poursuite de la reconnaissance d’une palissade identifiée lors de fouilles précédentes au nord et immédiatement à l’est. Elle se présente sous la forme d’une étroite et continue tranchée à profil en U courant du sud-est au nord-ouest sur 190 m de long. Elle traverse des secteurs argileux (noues) ou sableux qui ont préservé les vestiges présents de manière différentes. Dans la noue, sur 56 m de long, ont été découverts 70 bases de poteaux en bois. Issues de chênes fendus, les planches obtenues étaient disposées côte à côte de manière à former un mur de bois. La conservation de ces éléments a permis de dater l’abattage (3232 av nè) à l’étape 2 du Néolithique récent. Dans les secteurs sableux, le calage des poteaux a mobilisé une quantité faramineuse de blocs et notamment d’élément de mouture, parfois très usés ou neufs. Bien que la présence des autres mobiliers soit anecdotique, les quantités de meule posent question quant au sens à donner à l’abandon de ces objets, s’agit-il d’un sacrifice, d’un rituel de fondation ? La présence de deux omégas manifestent probablement des entrées, peut-être monumentales.  La palissade n’est que partiellement incluse dans l’emprise de fouille mais délimite un vaste espace (plus de 45 ha) d’après les opérations de fouilles et diagnostics environnant (depuis « Les Communes » jusqu’au « Petits hauts du Frêne ». Son mode d’occupation interne et son but nous restent inconnu même s’il est possible d’avancer sans risque que l’aspect monumental et donc probablement symbolique revêt une importance prépondérante. Cette enceinte palissadée avec ses dimensions imposantes expriment la puissance du ou des groupe(s) qui en sont à l’origine, ainsi que la cohésion sociale, car il faut des hommes, de l’organisation, des ressources et du temps pour ériger ce type de monument. La finalité d’une telle construction (lieu d’abri défensif ou de réunion symbolique?), reste quant à elle sujette à hypothèses.

Cette enceinte n’est pas unique dans le secteur puisque lors de la fouille réalisée à Pont-sur-Seine « Haut de Launoy » Phase 3, à plus d’1 km au sud-ouest, tronçon de 65 m de palissade datée du Néolithique récent a été fouillé. De nombreux blocs sont utilisés en calage. Cette palissade se poursuivrait par une enceinte monumentale au « Gué Dehan » à Pont-sur-Seine (10), l’ensemble couvrirait 25 ha.

Quelques fosses peut être contemporaines sont situées à proximités mais à l’extérieur mais n’apportent aucune information complémentaire.

Les Occupations Protohistoriques

Après un long hiatus, une occupation prend place à partir du Hallstatt C/D1 et plus fortement au Hallstatt D-La Tène A sous la forme de fosses et d’au moins un bâtiment.

L’occupation hallstattienne se présente sous la forme de structures éparses sans vraies concentrations denses. Le faible nombre de structures, leur dispersion et les problèmes de datation ne permettent pas de tirer une caractérisation satisfaisante de cette occupation. Malgré l’indigence du mobilier et l’imprécision de certaines datations, on peut envisager une installation au Hallstatt D voire C d’un petit habitat se manifestant par un ou deux greniers ou petits bâtiments d’habitation et de rares vestiges domestiques (faune et céramique). Probablement à vocation agricole, l’occupation ne présente pas d’organisation apparente mais toutefois limitée par un fossé. Ce dernier est probablement simplement drainant en raison de la proximité d’une noue.

Les vestiges d’autres périodes (La Tène B, Haut-Moyen-Âge) sont extrêmement diffus et ne permettent pas de caractériser l’occupation. Ils témoignent d’une légère prolongation de l’habitat au début de La Tène puis d’un long abandon. Un site du Haut Moyen-Âge peut éventuellement se développer au nord de l’emprise.

Le secteur perd donc son attrait après La Tène est n’est plus investi.


Benoît Pescher, avril 2017.