Lazer (05) − La Platrière, tranche 2

Lazer (05) − La Platrière, tranche 2

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

20 juin - 07 octobre 2016

Fouille préventive

Protohistoire, Antiquité et Moyen Âge.

DATE : 20 juin - 07 octobre 2016

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Protohistoire, Antiquité et Moyen Âge.

Le massif de la Plâtrière culminant à une altitude comprise entre 750 et 800 m NGF surplombe le village actuel de Lazer ainsi que la ville de Laragne-Montéglin dans les Hautes-Alpes (05). Dans sa partie la plus occidentale les occupations protohistoriques attestées (Ganet 1995b, p.125) et antiques suggérées demeurent, en l’état, très anecdotiques en comparaison de l’occupation médiévale qui s’y développe sur le versant sud. Celle-ci, caractérisée par un ensemble castral auquel on peut associer un habitat, est actuellement mentionnée dans les sources écrites pour la première fois en 1183 (cappellam de Castro Lazari) et tout au long de la période comme bien des évêques de Gap.

Les fouilles de sauvetage programmé menées sur l’habitat de Lazer ont débuté à la fin des années 1980 sous la direction d’Isabelle Ganet employée de l’AFAN. Elle réalisera entre 1990 et 1993 quatre grandes campagnes de fouilles (Ganet 1994-1995). Environ 80 pièces aménagées pour la plupart en enfilade, matérialisant des îlots d’habitations, associées à des structures de stockages et des structures artisanales de type fours et forge, verront le jour.

L’abandon de l’exploitation de la carrière par la Société Plâtres Lambert et la disparition prématurée de la responsable des fouilles met un terme à la poursuite des investigations jusqu’à ce que la Société Placoplâtre relance le projet d’extraction sur le diapir de gypse.

En 2006 les résultats du diagnostic réalisé par l’INRAP sous la direction de Patrick Reynaud font état d’un ensemble de vestiges s’étendant sur plus de 25 000 m2 parmi lesquels des secteurs plus ou moins bien conservés sont identifiés. Une fouille d’environ 11 000 m2, subdivisée en deux tranches, est alors prescrite par le Service régional de l’archéologie Provence-Alpes-Côte d’Azur.

La première tranche, située dans la partie la plus occidentale du site, fut réalisée en 2008 par la société Arkémine sous la direction de Mathilde Tissot mettant au jour environ 60 pièces aménagées en enfilades avec des degrés de conservations très divers ainsi que plusieurs aires d’ensilages à ciel ouvert.

La deuxième tranche, réalisée par Eveha au cours de l’été 2016 et localisée entre la partie castrale et les fouilles d’Isabelle Ganet a permis, sur sept niveaux de terrasses, de révéler plus de 200 murs soit 70 nouvelles pièces aménagées en enfilades. Elles poursuivent et complètent la trame du développement de l’habitat dans ce secteur. Les ensembles de bâtiments, les mieux conservés du site, permettent d’établir plusieurs phases d’aménagements au sein des îlots. On peut également associer, outre quelques structures de stockages, plus de 50 cuves dont la dernière utilisation est à mettre en relation direct avec la gestion et la récupération des eaux pluviales. Enfin des cheminements entre les divers îlots d’habitations ont été identifiés et un dernier segment de l’enceinte de l’habitat traité. Le mobilier est aussi peu abondant et divers que celui de la fouille de Mathilde Tissot. Les premiers éléments de datation au lendemain de la phase terrain, achevée début octobre, tendent à confirmer les données issues de nos prédécesseurs, à savoir une occupation médiévale du site comprise entre le XIe siècle et le premier quart du XVe siècle.

Si cet habitat est aujourd’hui fouillé dans sa quasi-intégralité il demeure encore de nombreuses zones d’ombre dans la réflexion générale du site puisque la partie castrale, comprenant une tour maîtresse et probablement d’autres constructions au vu des vestiges affleurant à la surface, n’a toujours pas été exploré archéologiquement parlant. L’incertitude quant à l’emplacement exact de l’édifice cultuel et du cimetière demeurent.

Le traitement des données et les diverses études spécialisées va donc se poursuivre afin d’affiner nos connaissances de la partie fouillée cette année.

Cliché : Com’air, 2016.


Florian Bonvalot, novembre 2016.