Le Carbet (972) – rues Perrinon et Doume

Le Carbet (972) – rues Perrinon et Doume

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

30 octobre - 16 décembre 2017

Fouille préventive

Saladoïde cédrosan moyen au Troumassoïde suazan (du IVe au XVe s. ap. J.-C.)

DATE : 30 octobre - 16 décembre 2017

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Saladoïde cédrosan moyen au Troumassoïde suazan (du IVe au XVe s. ap. J.-C.)

Dans le cadre du projet de construction d’un immeuble par la Société martiniquaise d’HLM à l’angle des rues Perrinon et Doume dans le bourg du Carbet, un diagnostic archéologique prescrit par l’État en 2016 a mis en évidence des vestiges amérindiens et modernes, conduisant le service régional de l’Archéologie (SRA) à prescrire une fouille préventive représentant une fenêtre de 240m², réalisée entre le 30 octobre et le 16 décembre 2017 sous la direction de Sabrina Honoré.

 

De nombreux trous de poteau attestent la présence de constructions successives au cœur du bourg du Carbet à l’époque amérindienne. Le mobilier archéologique qui leur est associé est dominé par la céramique. On retrouve notamment des formes ouvertes comme les platines à manioc, des bols et des coupes, sur lesquelles apparaît une grande variété de décors : incisions, gravures et peintures (rouge/blanc/orange). Le modelage y est aussi représenté par des petites papules (sortes de boutons) et des adornos . Des éclats de galets volcaniques, peu ou pas retouchés, suggèrent l’utilisation de cette matière première locale pour fabriquer des outils tranchants. D’autres objets en pierre, de petits éclats de silex ou de jaspe rouge et jaune sont également présents. Fichés dans une planche en bois, ces derniers servaient à râper le manioc. L’exploitation des ressources de la mer par les amérindiens pour se nourrir est attestée par de nombreuses vertèbres de poissons et des coquillages, notamment des lambis. La coquille de ces derniers était également utilisée pour fabriquer des haches et d’autres objets. Les amérindiens consommaient également des iguanes et des oiseaux, quoique en moindre quantité. Quatre inhumations viennent enfin enrichir considérablement les données sur les pratiques funéraires de ces populations.

L’occupation étudiée s’étend du Saladoïde cédrosan moyen au Troumassoïde suazan (du IVe au XVe s. ap. J.-C.). Cette large fourchette chronologique a été établie sur la base des premières observations réalisées sur l’abondant mobilier céramique et à sa localisation au-dessus des traces de l’éruption P3 (vers 60 avant J.-C.), puis au dessus de celles de P1 (vers 1300 ap. J.-C.).

Plusieurs niveaux de constructions maçonnées se succédant entre le XIXe et le XXe siècles, disposés sur deux parcelles actuelles au pied du relief viennent recouvrir ces premières occupations précolombiennes.

 

Le mobilier associé à ces occupations récentes est abondant et comprend de la vaisselle en céramique et en verre, de nombreuses ferrures en fer, de la menue monnaie, de la faune et quelques autres objets comme des billes ou des pièces de domino en os, qui témoignent, chacun à leur manière, de la vie quotidienne de nombreuses générations de carbétiens. Les études du mobilier ainsi que des données récoltées se poursuivent actuellement et permettront d’affiner à terme nos connaissances de ce site et de son occupation.


Sabrina Honoré, janvier 2018.