Le Coudray-Montceaux (91) – Les Haies Blanches 2

Le Coudray-Montceaux (91) – Les Haies Blanches 2

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

12 février - 10 août 2018

Fouille préventive

Néolithique ancien, âge du Bronze final, âge du Fer (Hallstatt), Antiquité, Époque contemporaine

DATE : 12 février - 10 août 2018

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Néolithique ancien, âge du Bronze final, âge du Fer (Hallstatt), Antiquité, Époque contemporaine

Les opérations archéologiques réalisées au lieu-dit « Les Haies Blanches 2″, en région Ile-de-France, dans le département de l’Essonne (91) ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Cédric Lepère. Elles interviennent dans le cadre du projet d’aménagement de Panhard développement.

 

Les parcelles étudiées se situent dans le Gâtinais, à l’extrémité occidentale du plateau briard. La surface du plateau est constituée d’une couverture limoneuse argileuse loessique, colluvionnée dans la partie méridionale de l’emprise exploitée. La fouille a porté sur une surface de 8 hectares divisée en trois secteurs : nord, sud et est (fig. 1). Environ 1200 structures ont été documentées. Si quelques structures modernes (principalement des installations agricoles de type fossé ou drain), antiques (chemins, parcellaires ainsi qu’une sépulture) et des restes du Néolithique moyen ou final ont été identifiés, en première analyse, trois principaux pôles d’occupation se dessinent. Toutefois, les études du mobilier ainsi que des données récoltées se poursuivent actuellement et permettront d’affiner nos connaissances de ce site et de son occupation.

 

L’installation la plus dense est datée du Néolithique ancien VSG (environ 500 structures). Elle se compose de huit maisons réparties entre le secteur sud (cinq) et le secteur est (trois). De plan rectangulaire, longs de 35 m à 50 m environ, larges de 7 m à 8 m, ces bâtiments ont généralement été repérés par des rangées de trois poteaux centraux qui forment des plans tripartites. Les rangées de poteaux latéraux, vraisemblablement simplement plantés, ont rarement pu être entièrement identifiées malgré une prospection géophysique et un redécapage systématiques. Toutes ces maisons sont accompagnées de fosses latérales, continues ou en chapelet, présentant parfois un volume considérable : plus de 20 m de long, 2,5 m de large et 0,5 m de puissance pour la plus grande (fig. 2). Elles ont livré un mobilier abondant mais souvent très fragmenté qui correspond à plusieurs phases de rejet sectorisées (fig. 3). Pour le moment, il est difficile d’expliquer les variations morphologiques (grands bâtiments et petit bâtiments) et structurelles (fosses linéaires ou en chapelet ; abondance ou non de mobilier) de ces bâtiments : statut social des habitants, chronologie, etc. L’espace est également structuré par des fosses de types variés (fosses à pierres chauffées, fosses de rejet, silos, etc.).

 

Du Néolithique moyen à la fin de l’âge du Bronze, les occupations semblent beaucoup plus ténues. Elles se limitent à quelques structures en creux et à du mobilier trouvé dans les colluvions, le plus souvent. Il y a tout lieu de croire que ces indices marquent soit la présence de sites plus denses à proximité des parcelles excavées soit de sites spécifiques dont la fonction resterait alors encore à déterminer.

 

Ce n’est qu’à la fin de l’âge du Bronze que l’on observe un deuxième pôle important d’occupation, localisé dans la partie sud-est de l’emprise. Il se compose de groupes de fosses (trois à six fosses) riches en céramique (fig. 4) ou de structures en creux servant à caler des vases (fig. 5). Creusées en large majorité dans les colluvions, ces structures très peu visibles au sol se signalent, au niveau du décapage, uniquement par la présence de mobilier. A l’extrémité sud-est du secteur est, un ensemble de trous de poteau suggèrent la présence d’un bâtiment datant probablement de cette période.

 

Enfin, le dernier pôle est daté de la fin du premier âge du Fer. Situé dans la partie nord de l’emprise, il s’articule sur un ensemble de bâtiments (environ 20) sur quatre à neufs poteaux classiquement interprétés comme des structures de stockage de type greniers aériens (fig. 6). Ils sont souvent associés à des structures de rejets domestiques et à quelques silos de petite dimension. L’organisation des bâtiments suggère que cet habitat rural, centré sur le Hallstatt D, présente une chronologie relativement longue. Trois puits complètent cette phase d’occupation. Le plus gros (environ 5 m de diamètre) présentait un niveau de dépôt de mobilier (jarre et jatte entière, bois de cervidé, anneaux en alliage cuivreux) associé à des crânes humains (fig. 7). Cette phase de dépôt était intercalée entre un niveau d’utilisation du puits (niveaux gris-bleu hydromorphes) et une phase de scellement marquée par un niveau de blocs comblant le haut du puits (fig. 8).

 

Après l’âge du Fer, le site est traversé par des fossés signalant des chemins, des parcellaires et des systèmes de drainage des sols aux périodes antique et moderne.


Cédric Lepère, août 2018.