Lectoure (32) – Bd du Midi, Bd Jean-Jaurès, Rue Claude-Ydron

Lectoure (32) – Bd du Midi, Bd Jean-Jaurès, Rue Claude-Ydron

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

08 octobre 2018 - 27 mars 2019

Fouille préventive

Moyen-Âge, Époque moderne, Époque contemporaine.

DATE : 08 octobre 2018 - 27 mars 2019

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Moyen-Âge, Époque moderne, Époque contemporaine.

Un suivi de travaux a été réalisé par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Simon Girond, entre les mois d’octobre 2018 et mars 2019. Cette opération intervient dans le cadre des travaux de mise en accessibilité et de réfection de la rue Claude-Ydron, du boulevard du Midi et du boulevard Jean-Jaurès, menés par la ville de Lectoure. Elle consistait à réaliser un suivi archéologique des terrassements liés à la mise en place ou à la rénovation du réseau d’eau pluviale. L’ouverture de différentes tranchées était donc autant d’occasions de vérifier la présence de vestiges le long des 700 m linéaires du projet. Celui-ci se développe sur le côté méridional de la ville haute qui est occupée depuis la Protohistoire. Les rues concernées sont implantées sur un versant de l’éperon, au pied du rempart moderne. Celui-ci reprend à ce niveau le tracé de l’enceinte médiévale qui correspond partiellement à un premier rempart élevé au cours de l’Antiquité tardive.

 

Les tranchées ouvertes à l’écart du rempart ont mis en évidence la présence de remblais sur toute leur profondeur (jusqu’à 2 m maximum). Ces apports assez conséquents de terre contenaient du mobilier, céramique et verre, probablement d’époque moderne (étude à réaliser). Ils pourraient correspondre à la mise en place des boulevards, en tant qu’aménagement défensif, au cours de l’Époque moderne. Différentes constructions installées dans ces remblais témoignent de la gestion des eaux de pluie ou de ruissellement. Il s’agit, pour les structures les plus superficielles, de caniveaux en pierres de taille qui devaient border anciennement la voie. Des dalots maçonnés en moellons calcaires et liés au mortier de chaux étaient plus profondément ancrés. Sur la partie haute du boulevard Jean-Jaurès, au débouché de la rue des Vieilles-Écoles, l’un d’eux était connecté à deux citernes bâties en moellons calcaires liés au mortier de chaux. Ces structures ont été probablement aménagées au cours de l’Époque contemporaine (au XIXe s. ?). Les tranchées réalisées plus à proximité du rempart ont systématiquement montré la faible profondeur du rocher calcaire contre lequel venaient s’appuyer les remblais. Dans la partie basse de la rue Claude-Ydron, entre la fontaine, dite de Diane ou Hountélie (début XIIIe s.), et la Tannerie et la Manufacture royales (milieu du XVIIIe s.), secteur où étaient soupçonnées des occupations antique (mention à la fin du XIXe s. de la découverte d’une statue de Diane à l’origine du nom de la fontaine) et médiévale (présence de tanneries), les tranchées et le terrassement de la voirie ont également mis en évidence la présence de remblais puissants d’Époque moderne et contemporaine. Il faut toutefois noter la découverte, au sein de ces remblais, de deux fragments de tegulae et de deux fragments de fûts de colonne en calcaire. Des observations menées en bordure de la voie ont permis de mettre en évidence un ancien seuil d’une porte charretière, antérieure sans doute à l’installation des bâtiments de la Tannerie et de la Manufacture royales. Au niveau de l’entrée de cette dernière, les fondations du grand boulevard de Hountélie, lié aux fortifications d’Époque moderne, englobaient les traces d’une maçonnerie plus ancienne (médiévale ou moderne ?), se dirigeant vers le sud et connue par différents plans.

 

Les investigations de terrain sont terminées mais les études du mobilier ainsi que l’analyse des données récoltées se poursuivent actuellement et permettront d’affiner nos connaissances sur la chronologies des vestiges observés.


Simon Girond, avril 2019