Limoges (87) − Rue de Nazareth et du Clos Adrien

Limoges (87) − Rue de Nazareth et du Clos Adrien

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

14 septembre 2015 – 30 octobre 2015

Fouille préventive

Antiquité, Moyen-Age, Époque moderne et contemporaine.

DATE : 14 septembre 2015 – 30 octobre 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Antiquité, Moyen-Age, Époque moderne et contemporaine.

Cette opération de fouille préventive a été effectuée à l’automne 2015 préalablement à la création de logements collectifs. Les rues du Clos-Adrien et de Nazareth sont situées à l’ouest du centre-ville actuel de Limoges et en périphérie ouest de la ville antique d’Augustoritum. Les parcelles prescrites sont occupées à l’ouest par des jardins et vergers et à l’est par des bâtiments appartenant jusqu’en 2015 à une congrégation religieuse qui ont reçu tour à tour des orphelines et des adultes handicapés.

Le diagnostic mené en 2014 par Christophe Maniquet avait mis en évidence des traces d’occupation antique et notamment un imposant fossé nord-sud de 7 m de large et plus de 2 m de profondeur. Ces résultats ont donc entraîné la prescription d’une fouille préventive sur une surface de 3 500 m2 répartie en 3 secteurs.

Cette fouille a notamment permis de mettre au jour les vestiges d’un fossé à talus massif qui pourrait avoir servi de limite à la ville d’Augustoritum lors de sa création. Le pendant oriental de ce fossé avait été mis au jour en 2004 et 2007 lors des fouilles du musée de l’Évêché. La position de ces deux fossés permet d’appréhender l’une des dimensions de la ville antique. Sur le site, ce fossé est complété à l’est par une succession de voies nord-sud et est-ouest qui indiquent pour certaines la création, dès les premières occupations de la ville, d’un réseau de rues orthogonales délimitant des îlots qui pour certains ne seront bâtis que plusieurs siècles après. Il a été possible de voir l’évolution de cette voirie au fil du temps, notamment avec des déplacements de certains tracés de voies nord-sud. L’axe de circulation est-ouest, mis en évidence lors de la fouille, pourrait quant à lui correspondre au prolongement du decumanus maximus de la ville.

L’alimentation en eau de la ville antique a également pu être étudiée grâce à la découverte de cinq tronçons d’aqueducs associés à leur zone de captage. Ces aqueducs ont des morphologies différentes selon la nature du substrat. Ils sont creusés en souterrain dans les secteurs où le gneiss affleure, mais ils étaient creusés en tranchées depuis la surface dans les secteurs arénisés.

À ces principales structures s’ajoutent la mise au jour d’un bâtiment quadrangulaire implanté en partie dans le comblement du fossé à talus massif, une série de fossés parcellaires, quelques trous de poteaux isolés et des fosses de plantation qui pour la plupart datent des périodes moderne et contemporaine.

L’étude documentaire effectuée sur ce site montre que ces terrains n’ont pas été urbanisés dans le courant du Moyen Âge et de la période moderne, ce qui a permis une bonne conservation des vestiges antiques. Leur étude permet d’affiner nos connaissances sur les limites occidentales de la ville antique, mais également sur l’organisation de l’urbanisme de la ville dès le I er siècle de notre ère.


Aurélien Sartou, juin 2017.