Limoges (87) – Rue du Pont-Saint-Étienne

Limoges (87) – Rue du Pont-Saint-Étienne

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

04 septembre - 17 septembre 2012

Fouille préventive et suivi de travaux

Moyen Âge, Époque moderne.

DATE : 04 septembre - 17 septembre 2012

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive et suivi de travaux

CHRONOLOGIE : Moyen Âge, Époque moderne.

Engagé par Limoges Métropole, le projet de rénovation des réseaux d’assainissement et d’eau potable a motivé une opération archéologique rue du Pont Saint-Étienne, à Limoges. Elle a consisté en un suivi de travaux lors des terrassements de fin décembre 2014 à avril 2015. La rue est localisée dans le quartier de la Cité, à quelques dizaines de mètres de la cathédrale Saint-Étienne. Les vestiges mis au jour sont plus particulièrement dans la partie nord de la rue, au plus haut, devant l’ancienne église Saint-André. Les découvertes s’échelonnent sur une longue période chronologique allant de la fin de l’Antiquité à l’Époque moderne.

La plus ancienne occupation mise au jour est un chemin creux comportant deux ornières parallèles. La datation précise est inconnue mais, stratigraphiquement, il s’agit de l’événement le plus ancien. Ce chemin a vraisemblablement été utilisé durant l’Antiquité tardive et abandonné dès les VII e – VIII e siècles.

Puis le haut Moyen Âge voit la création d’un espace funéraire et d’un probable bâtiment associé. Seulement repéré par des tranchées de récupération, le bâtiment se déploie au niveau de la rue actuelle et une série d’inhumations lui semble corrélée. Il s’agit de la phase 1 d’inhumation qui aurait débuté aux alentours de 700.

Un grand changement dans l’organisation de l’espace funéraire a ensuite lieu, sans doute en parallèle à la reconstruction de l’édifice religieux. On distingue six siècles d’inhumations au sein du cimetière paroissial. L’évolution de l’espace funéraire est progressive et peu bouleversée jusqu’à son abandon au début du XVII e siècle. C’est alors que la paroisse Saint-André disparaît pour être rattachée à celle de Saint-Domnolet et que le prieuré-cure Saint-André devient le couvent des Carmes deschaussés.

L’opération a également permis de réaliser une étude historique sur la rue et ses abords. Ces nouvelles connaissances conjuguées ont facilité la compréhension du projet urbanistique, au XIII e siècle, de la création du pont Saint-Étienne et de la rue qui lui est associée permettant de relier la cathédrale à la Vienne. Les bouleversements de l’Époque moderne ont aussi pu être appréhendés avec une forte vague de construction et des remaniements aboutissant au délaissement de la rue du Pont Saint-Étienne au profit de la rue Porte Panet.


Peggy Poulain, juillet 2017.