Lyon (69) – 23 rue Joannès Carret, ZAC Vaise Industrie Nord

Lyon (69) – 23 rue Joannès Carret, ZAC Vaise Industrie Nord

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

13 -16 octobre 2014

Fouille préventive

Néolithique, Protohistoire, Antiquité.

DATE : 13 -16 octobre 2014

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Néolithique, Protohistoire, Antiquité.

L’opération entamée au 23 rue Joannès Carret a été abandonnée peu de temps après sa mise en route, pour des raisons sanitaires. En effet, aucune information en amont du chantier relative à la présence d’éléments polluants importants n’avait été constatée. Cependant, les premiers coups de pelle ont mis au jour des niveaux très pollués, se développant également sous la forme d’émanations gazeuses sur l’emprise de cette ancienne casse de véhicules. Cet état de fait a contraint les archéologues, suite aux désagréments encourus (maux de tête, fièvre, vomissements), à se replier et à suspendre les opérations, faute de protocole de protection adapté. De fait, la présentation qui suit s’appuie sur des observations visuelles parfois renseignées par la faible quantité de mobilier récoltée lors du décapage de la première moitié de l’emprise.

Les deux journées de décapage effectuées ont ainsi livré, outre la mise au jour de vestiges contemporains pour l’essentiel largement pollués, la présence significative d’au moins trois voire quatre trames d’occupations distinctes. L’absence d’élément datant nous a contraints à ne proposer que trois horizons chronologiques : la Protohistoire, l’Antiquité et la période contemporaine. Deux à trois séquences d’occupation ont été observées dans les horizons antiques du site.

Les vestiges les plus anciens découverts lors de la phase de décapage sont situés dans la partie occidentale de l’emprise. Cette concentration s’explique par la présence, dans cette zone, de quatre anomalies sub-circulaires et un empierrement de forme linéaire orienté à N 38°O. Ce dernier, que l’on propose d’identifier à un solin, livre la trame d’orientation la plus ancienne. Les quelques fragments de céramique non tournée recueillis au sein de cette structure lors de son nettoyage permettent de la rattacher d’une manière probable à la protohistoire. Bien que fragile, l’hypothèse d’une unité architecturale protohistorique se développant du côté occidental de l’emprise entre 168,71 m et 168,47 m NGF, semble pouvoir être émise.

Malgré des observations et du mobilier limités, la présence d’un mur maçonné et d’un radier livrent des éléments de datation entre la seconde moitié du IIe s. et le début du IIIe s. ap. J.-C. Orienté à N21°O, cet ensemble pourrait matérialiser l’extrémité occidentale sur l’emprise de l’établissement reconnu au 25-29 rue Joannès Carret. Même en l’absence d’éléments datant, l’association de sept anomalies circulaires – probablement des vestiges de trous de poteau – délimite un ensemble rectangulaire de 6 m de longueur pour 4 m de largeur dont l’orientation semble parfaitement coïncider avec celle de ce premier ensemble. Il est ainsi tentant d’émettre l’hypothèse d’un petit édifice sur poteaux en lien avec l’un des états de la villa du 25-29 rue J. Carret. Toutefois, ces probables vestiges de trous de poteau doivent être interprétés avec prudence, car à l’exception du levé topographique dont ils ont fait l’objet, ils n’ont été ni fouillés, ni photographiés, ni dessinés. De même, leur localisation au ras de la berme suggère peut être leur continuité, voire l’appartenance à un autre ensemble. La seconde trame est circonscrite par deux fossés parallèles orientés à N42°O. Distants de 27,5 m l’un de l’autre, ces deux fossés encadrent les vestiges de plusieurs linéaires qui, associés, se développent suivant une orientation tout à fait identique à celles des fossés. Marqués par la présence de petites pierres, ou tegulae et briques (de calages ?) disposées sur leur bordure, ces vestiges forment une sorte de plan en « escalier » délimitant plusieurs compartiments. Malgré les troncatures observées, il est tentant d’émettre l’hypothèse d’une lecture de ces vestiges comme étant l’extrémité méridionale d’un bâtiment construit sur sablière basse. Immédiatement à l’est de cet ensemble, une inhumation dont l’orientation est similaire à celle de la trame délimitée par deux fossés a été mise au jour. On notera que la tête du défunt est localisée au nord et qu’un petit objet en fer non identifié et non prélevé était situé au niveau de son épaule. Enfin, la série de vestiges antiques installés sur les niveaux antiques ne semble a priori pas pourvoir être rattachée à l’une où l’autre des trames observées. Malgré l’absence d’élément datant, de fouille et de relevés, l’ensemble des vestiges observés en planimétrie est probablement à mettre en lien avec l’établissement reconnu au « 25-29 rue Joannès Carret ». Les structures relatives à l’occupation protohistorique n’ont été que partiellement atteintes pour être documentées et datées.


Yannick Teyssonneyre, février 2015.