Marck-en-Calaisis (62) – La Turquerie – Zone B

Marck-en-Calaisis (62) – La Turquerie – Zone B

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

14 avril 2014 – 06 juin 2014

Fouille préventive

Gallo-romain : Haut-Empire et époque contemporaine.

DATE : 14 avril 2014 – 06 juin 2014

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Gallo-romain : Haut-Empire et époque contemporaine.

La fouille menée sur le site de Marck, ZAC de La Turquerie, zone B, secteur Sud, a été réalisée par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Rémi Blondeau. Elle fait suite à la prescription du service régional de l’Archéologie du site mis au jour au sud de l’emprise, à l’occasion du diagnostic des lots A et B de la zone de La Turquerie (Lhommel, 2012). Elle intervient dans le cadre du projet d’aménagement de Territoires Soixante-Deux, de la construction de bassins de rétention d’eau et de parkings de stockage de camions pour le développement du Port de Calais « Calais 2015 ».

Les objectifs de la fouille étaient de mieux connaître les occupations humaines du littoral, en documentant l’organisation spatiale et l’utilisation des structures antiques, nous renseignant sur l’exploitation des ressources maritimes à l’époque romaine, ainsi que l’étude d’une petite zone funéraire.

La commune de Marck se situe à la frange occidentale de la Plaine Maritime Flamande et le site occupe un contexte géologique particulier, sur l’arrière du cordon dunaire et sur une zone de marais intérieur, profondément modifié par les apports successifs de sédiments marins et des alluvions déposés dans l’estran.

L’ensemble des structures mises au jour se compose de fossés dans lesquels des bassins semblent avoir été aménagés par la mise en place de clayonnages, de rares fosses et de quelques fosses d’extraction d’argile. Les découvertes d’objets archéologiques dans les fossés ont été nombreuses. Il s’agit pour l’essentiel de rejets de céramiques composés de grands pots à cuire et de vaisselle de table ; de squelettes d’animaux entiers (équidés, caprinés et d’avifaunes d’estuaire) ainsi que d’os d’animaux issus des rejets de consommation ; de coquillages consommés (cardium, scrobicularia, mytiloïdes, huîtres) et en position naturelle dans l’estran et dans les fossés (hydrobies, lutraria, scrobicularia…), ainsi que du mobilier lithique (galets, meules, grès des Flandres…). Les conditions particulières de conservation en milieu humide ont également permis la découverte de restes organiques : des pièces de bois, du clayonnage et une vannerie.

L’essentiel de l’activité lors de la première phase d’occupation du site se tourne sur l’exploitation de l’argile marine, probablement pour la production d’éléments en terre cuite ou de céramiques modelées comme les pots à cuire (une sole perforée de four probablement artisanal, en position secondaire, avait été découverte lors du diagnostic), ainsi qu’à la mise en place d’un premier réseau de drainage.

Par la suite, le parcellaire se développe et l’occupation s’oriente autour de l’exploitation des ressources maritimes. Pêche à pied et chasse sont documentées par l’avifaune et les coquillages. La récupération opportuniste est attestée par la découverte de deux vertèbres caudales de cétacés. Ces activités sont en complément de l’agriculture et de l’élevage des caprinés et des équidés. La présence de rejets de cendres jaune est caractéristique de la combustion de la tourbe. Elle confirme une exploitation de ce combustible dès l’époque romaine.

Six tombes d’époque romaine ont également été découvertes dans la moitié ouest de l’emprise. L’une correspond à une inhumation en pleine terre (sépulture de relégation dans un fossé) et les cinq autres à la pratique de la crémation. Elles marquent probablement la fin de l’occupation du secteur.


Rémi Blondeau, juillet 2017.