Ménéac (56) – L’Épine Fort

Ménéac (56) – L’Épine Fort

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

05 mars - 04 mai 2018

Fouille préventive

Néolithique, haut Moyen Âge

DATE : 05 mars - 04 mai 2018

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Néolithique, haut Moyen Âge

Le projet d’extension de la carrière Lessard sur la commune de Ménéac (56) au lieu-dit L’Épine Fort a motivé le service régional de l’Archéologie de Bretagne à prescrire une fouille préventive sur une surface totale de 13 000 m². L’opération de fouille préventive s’est déroulée entre le 5 mars et le 4 mai 2018. Elle a nécessité un décapage extensif d’une surface totale de 13 260 m². Les investigations ont été menées sur 3 zones distinctes : la zone A réunissant des vestiges datant de la période Néolithique, les zones B et C regroupant les vestiges d’une occupation alto-médiévale relativement pérenne. La première se caractérise par la présence d’un enclos quadrangulaire daté précocement des IVe-Ve siècles alors que la seconde est déterminée par un secteur d’activité métallurgique probablement daté du VIIe siècle.

Zone A

Les investigations menées ont révélé un ensemble tout à fait remarquable constitué d’un bâtiment central ovale sur poteaux, clôturé par une palissade circulaire d’environ 40 m de diamètre, constituée de poteaux plantés avec régularité et couplés au sud-est par une tranchée palissadée, conservée sur 5,70 m de long. Ce dispositif couvre une superficie totale de 1 330 m² et pourrait s’apparenter à une zone d’habitat.

Zone B

Les fouilles faites au sein de l’enclos quadrangulaire ouvert à l’est ont permis la mise au jour d’une importante occupation domestique caractérisée par une forte concentration de structures fossoyées de type trous de poteau, fosses et tranchées foyères. Le nombre relativement important de ces structures au sein de cet enclos laisse présager d’une occupation continue et relativement pérenne dans le temps.

Zone C

À l’est de l’enclos alto-médiéval, les vestiges d’une activité artisanale métallurgique datée du VIIe siècle de notre ère a été détectée. Cette dernière se développe du nord au sud au sein d’une zone localisée dans l’angle sud-ouest d’un petit enclos formé de deux fossés délimitant une vaste zone artisanale probablement desservie par un accès encadré de deux fossés parallèles, formant un léger rétrécissement au sud. Cette aire paléo-métallurgique se caractérise par la mise au jour d’une forge relativement dense, ayant certainement perduré dans le temps. Elle est constituée d’une multitude de vestiges excavés prenant la forme de nombreux trous de poteau et de piquet venant ceinturer l’aire de travail. Les multiples recoupements des petits foyers successifs repérés au sein de cette zone, témoignent de l’existence d’une succession de phases liées au travail de post-réduction. De plus, un chapelet de fosses de rejets prenant la forme de taches rubéfiées et cendreuses a été détecté au nord de la forge, complété par l’installation d’un probable bâtiment de stockage d’une dizaine de mètres de long pour 5 m de large.

 

Les données récoltées in situ lors de cette opération vont permettre de cerner au mieux l’évolution de ce site et donneront l’opportunité d’explorer plusieurs axes d’études pour les périodes Néolithique et alto-médiévale, au sein d’un secteur archéologiquement peu connu en centre Bretagne.


Nolwenn Le Faou, juillet 2018.