Mouy-sur-Seine (77) – Le Trou de la Demoiselle

Mouy-sur-Seine (77) – Le Trou de la Demoiselle

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

05 aout - 04 octobre 2013

Fouille préventive

Antiquité romaine (gallo-romain) ; Haut-Empire (jusque 284 ap. J.-C.).

DATE : 05 aout - 04 octobre 2013

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Antiquité romaine (gallo-romain) ; Haut-Empire (jusque 284 ap. J.-C.).

Le site du Trou de la Demoiselle, sur la commune de Mouy-sur-Seine (Seine-et-Marne), constitue l’une des très nombreuses opérations prescrites dans le couloir alluvionnaire de La Bassée et de la confluence Seine-Yonne. La fouille archéologique précède ici l’exploitation d’une carrière de granulats par la société GSM, d’une surface totale de 70 ha. Plusieurs diagnostics ont été menés à cet endroit, dont celui du Trou de la Demoiselle, couvrant une dizaine d’hectares. Les résultats obtenus ont permis la mise au jour d’un établissement rural délimité par des fossés, d’un système fossoyé en agrafe et d’un chemin datant de la Haute Antiquité. La prescription archéologique s’est essentiellement concentrée sur 1,2 ha de l’établissement rural antique.

Des vestiges fugaces du premier âge du Fer

Le site se compose de près de 950 structures en creux de différents types et presque uniquement attribuables à la période de l’Antiquité romaine. Quelques vestiges sont toutefois plus anciens.

Une première phase a été observée sur le terrain et date du début du premier âge du Fer. Elle consiste en un dépôt ou un abandon d’un lot de céramiques dans le paléochenal (noue) situé au nord de l’emprise. Le lot se distingue notamment par la présence fragmentaire d’une grande coupe tronconique à décor géométrique incisé, probablement tripode, ce qui est particulièrement inédit.

L’établissement rural antique du Trou de la Demoiselle

Un établissement antique mesurant environ 1 ha a été mis au jour au cœur de l’emprise. Son évolution en continu du Ier au IIIe siècle de notre ère est difficile à scinder en plusieurs phases. Si le mobilier permet de distinguer deux phases, les aménagements au cœur de l’établissement permettent d’en entrevoir au moins trois. Le premier établissement implanté, de forme carrée, est construit autour d’un bâtiment rectangulaire. Des enclos, de nombreux puits et des greniers complètent le dispositif fermé par des fossés. Dans l’ensemble, l’établissement est scindé en deux, l’espace de vie étant désolidarisé d’une aile plus courte située à l’est. Le premier établissement est daté du Ier siècle de notre ère et sera réaménagé à la fin du Ier siècle ou au début du IIe siècle.

La seconde phase correspond à un remaniement marqué par un agrandissement de l’établissement, lui conférant à partir du IIe siècle de notre ère une forme rectangulaire, par l’adjonction d’une nouvelle travée située à l’ouest. Un nouveau corps de ferme est construit à proximité de l’ancien. Un puits maçonné est également conçu. Les anciens greniers situés au nord-est sont abandonnés au profit de nouveaux, situés cette fois au sud-ouest.

Une dernière modification de l’établissement, mal située dans le temps, probablement au cours du IIe siècle de notre ère, est observable. Une mare est cette fois creusée au cœur de l’emprise. Le corps de ferme est décalé dans la travée occidentale et de nouveaux greniers à six poteaux y sont construits en périphérie. L’entrée sud-est est aménagée en couloirs permettant de desservir la travée centrale ou orientale. La fin de l’établissement est datée du IIIe siècle de notre ère.

Un établissement dédié à l’élevage ?

L’établissement du Trou de la Demoiselle correspond à ce qui a été préalablement observé dans d’autres établissements antiques de la zone interfluve de la Bassée. On note un certain nombre de caractéristiques communes : forme rectangulaire, légèrement trapézoïdale ou carrée ; délimitation de l’établissement par des fossés ; espace interne scindé en plusieurs travées ; construction en matériaux périssables ; présence de puits non maçonnés et/ou d’une mare saisonnière ; représentations d’ovins plus importantes dans les assemblages que dans les régions voisines ; difficulté des études carpologiques.

Le site de Mouy-sur-Seine est également riche en enclos, situés au cœur de l’établissement rural. Plusieurs indices (faune, présence d’une sonnaille, mare en pente douce, enclos, puits disposés de façon satellitaire autour des enclos, dispositif en agrafe entre l’établissement et le chemin antique) laissent supposer une agriculture davantage tournée vers l’élevage que la céréaliculture.


Stéphane Adam, novembre 2015.