Neuflize (08) – Le Clos

Neuflize (08) – Le Clos

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

06 juillet - 09 septembre 2015

Fouille préventive

Âge du Bronze, Bronze final, âge du Fer, Hallstatt, La Tène, Période moderne, Période contemporaine, Grande Guerre.

DATE : 06 juillet - 09 septembre 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Âge du Bronze, Bronze final, âge du Fer, Hallstatt, La Tène, Période moderne, Période contemporaine, Grande Guerre.

L’opération réalisée à Neuflize, au lieu-dit Le Clos, intervient suite à la prescription de fouille archéologique visant le projet d’aménagement de lotissement mené par Nord Est Aménagement Habitat. La commune est située dans la plaine crayeuse, à une trentaine de kilomètres au nord de Reims, et l’emprise de fouille s’installe à la limite de la commune voisine du Châtelet-sur-Retourne. Cet emplacement est marqué par un fort pendage correspondant au versant de la rivière La Retourne située à une centaine de mètres en contrebas. La zone d’étude, de 2,4 hectares, est entourée de deux lotissements construits après les années 2000 et ayant fait l’objet de fouilles préventives (Acahrd-Corrompt 2003, Rabasté 2011) préalables à leur implantation sur les communes de Neuflize et du Châtelet-sur-Retourne.

Plusieurs occupations ont pu être distinguées lors de la fouille dans un espace marqué par de très nombreux impacts de chute d’arbre témoins du couvert végétal du site dont certains clairement antérieurs aux occupations humaines. Les vestiges anthropiques sont variés et constitués de trous de poteau au sein desquels 29 bâtiments ont pu être dégagés, d’un fossé, d’une palissade de poteaux, de silos, de fosses de plantation, et de vestiges du premier conflit mondial.

La première installation identifiée est antérieure au Bronze final et ne concerne qu’une fosse en V trouvant néanmoins des parallèles dans les fouilles adjacentes.

Un habitat enclos par un système mixte de fossé et de palissade de poteaux s’implante par la suite à la fin du Bronze final. L’espace enclos est vaste – deux hectares observés – et s’étend au-delà des limites de la fouille. Un seul bâtiment a pu être clairement attribué à cette période par datation radiocarbone car aucun artefact n’est conservé.

Au moins deux occupations semblent se succéder durant l’âge du Fer et s’étendre au-delà des limites du site. Il s’agit d’occupations rurales a priori ouvertes dans les fenêtres d’étude. Elles sont constituées de bâtiments sur poteaux de tailles diverses dont la fonction de certains a clairement pu être attribuée à du stockage grâce aux résultats des études carpologiques. La présence de silos et la réutilisation du fossé creusé à l’âge du Bronze complètent ces occupations dont l’organisation spatiale n’a pu être totalement appréhendée. Le mobilier est peu abondant et non caractéristique, mais les données issues des études paléo-environnementales indiquent un habitat tourné a minima vers la culture des céréales. L’orge vêtue, l’avoine, l’épeautre, l’amidonnier, le blé nu et le millet ont été identifiés au sein de structures de stockage. Ces données viennent ainsi compléter celles issues de opérations précédentes où des habitats ouverts du Hallstatt et de La Tène avaient déjà été mis au jour.

Les installations humaines se raréfient jusqu’à l’installation de fosses de plantation correspondant au parcellaire du cadastre napoléonien, à peu de distance du château de Neuflize détruit par les conflits mondiaux.

Enfin, un abri souterrain peut être daté de la Grande Guerre, tout comme les impacts d’obus et les fosses rebouchés lors du nettoyage de la zone pendant ou à la fin du conflit. Les rejets sont à la fois constitués d’objets civils et militaires ainsi que des dépôts de chevaux abattus.

Les vestiges mis au jour à Neuflize – Le Clos s’inscrivent dans un contexte où les découvertes sont similaires, puisque des occupations de l’âge du Fer avaient déjà été caractérisées par la fouille des parcelles adjacentes. Elles sont constituées comme ici de nombreux bâtiments sur poteaux et de structures de stockage excavées. Ce sont ainsi plus de 70 bâtiments qui ont pu être identifiés au sein des trois fouilles et regroupés sur un espace partiellement dégagé de 10 hectares. De plus, les structures modernes et contemporaines trouvent leur écho dans les fouilles précédentes permettant ainsi d’obtenir une vision globale et homogène sur un vaste territoire.


Sandy Poirier, novembre 2016