Poissy (78) − 1 avenue Meissonier

Poissy (78) − 1 avenue Meissonier

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

09 novembre - 18 décembre 2015

Fouille préventive

Moyen Âge, Temps modernes et époque contemporaine.

DATE : 09 novembre - 18 décembre 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Moyen Âge, Temps modernes et époque contemporaine.

Les fouilles menées sur le site de Poissy 1, avenue Meissonier ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Kateline Ducat. Elles interviennent dans le cadre du projet de construction de 48 logements de la société Akerys Immobilier, sur une surface de 1 429 m² en centre-ville.

Les investigations archéologiques ont permis de distinguer une occupation du XIVe siècle à nos jours, relativement dense le long de l’actuelle avenue Meissonier et plus discrète en arrière de la parcelle.

L’enceinte urbaine et la clôture de l’abbaye Saint-Louis

 

La découverte majeure du site consiste en des maçonneries linéaires. Il s’agit de la première enceinte urbaine et de son fossé extérieur, de la seconde moitié du XIIIe ou du XIVe siècle, situés entre le castellum primitif du XIe siècle et la berge, et jusqu’alors non localisés. L’ouvrage, observé sur 1,40 m de hauteur et 36 m linéaires, possède une semelle débordante en moellons, recouverte d’assises régulières en pierre de taille, avec un retrait de 15 cm de large des deux côtés du mur pour les trois assises supérieures. Sa faible largeur (1,05 m), qui exclut une fonction défensive, suggère davantage une clôture administrative visible depuis le port et symbolisant l’aisance de la ville. L’ouvrage tient lieu de séparation entre une zone basse, soumise à la montée des eaux de la Seine, et les quartiers plus urbanisés. La fouille n’a pas révélé de bâti établi intra-muros, la parcelle bordant le cimetière médiéval et deux fossés perpendiculaires, en provenance de la Collégiale Notre-Dame.  Dans cette parcelle appelée le « Pré à l’Orge » relevant de l’abbaye Saint-Louis à partir du xive siècle, plusieurs fossés de drainage régulièrement entretenus sont associés aux murs de l’enclos prieural chaîné à l’enceinte de la cité.

L’habitat moderne

 

Les fossés bordant le mur de clôture de l’abbaye sont comblés à la fin du XVIe siècle lorsqu’intervient le lotissement progressif sur l’actuelle avenue Meissonier. Afin d’assainir la zone, située à une centaine de mètres de la berge actuelle de la Seine, de conséquents remblais de démolition mêlés à des déchets domestiques ont été accumulés, l’enceinte obsolète étant à cette période partiellement récupérée. Enfin, au début du XVIIIe siècle, une maison de villégiature de notables parisiens supplante le bâti existant, la moitié nord étant abattue en 2013 en amont de l’opération immobilière actuelle.

Des artéfacts homogènes

 

Le mobilier récolté représente un corpus peu étendu mais homogène, comprenant de rares éléments de la seconde moitié du XIIIe siècle au début du XIVe siècle. Une fois la parcelle lotie, le vaisselier témoigne d’un habitat confortable, entre la seconde moitié du XVIe siècle et le XVIIIe siècle. Trois fragments de faune évoquent un travail artisanal de l’os, aux XVIIIe – XIXe siècles, mais les traces de découpe rappellent surtout une activité importante pour la ville : les foires aux bestiaux qui se sont tenues du xive au xixe siècle et ont contribué à la prospérité de Poissy.

Perspectives

 

La confrontation des données récoltées in situ et en laboratoire ainsi que celles issues des sources cartographiques et écrites permet d’affiner le tracé du rempart urbain jusqu’alors méconnu pour ce quartier et d’en affirmer la contemporanéité avec la clôture abbatiale. Il reste en revanche un certain nombre de questions sans réponses. Le fossé perpendiculaire au rempart qui devait évacuer les eaux usées de la ville traverse-t-il le cimetière paroissial ? Quelles sont les limites de l’espace sépulcral ?


Kateline Ducat, janvier 2016.