Poitiers et Chasseneuil-du-Poitou (86) – Suivi du réseau d’eau potable

Poitiers et Chasseneuil-du-Poitou (86) – Suivi du réseau d’eau potable

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

12 mars - 25 juillet 2018

Suivi de travaux

Antiquité, Moyen Âge, Temps modernes, Époque contemporaine.

DATE : 12 mars - 25 juillet 2018

TYPE D'OPÉRATION : Suivi de travaux

CHRONOLOGIE : Antiquité, Moyen Âge, Temps modernes, Époque contemporaine.

C’est dans le carde du renouvellement de certaines canalisations d’eau potable, entrepris par la Communauté urbaine du Grand Poitiers, que le service régional de l’Archéologie de Nouvelle-Aquitaine a prescrit une surveillance archéologique des travaux. Réalisée entre les mois de mars et juillet 2018, sous la responsabilité de Paul Butaud (Éveha – Études et de valorisations archéologiques), elle portait sur trois secteurs d’intervention répartis entre les communes de Poitiers et de Chasseneuil-du-Poitou. La ré-ouverture, voire l’ouverture de nouvelles tranchées dans ces secteurs sensibles du point de vue de l’archéologie a donc nécessité la présence de plusieurs archéologues au cours des travaux dont l’objectif principal était de reconnaître et étudier tous les vestiges présents dans le sous-sol afin de mieux comprendre l’occupation ancienne des lieux. Il s’agissait notamment de renseigner l’évolution et les modes de construction des voiries, en particulier à l’emplacement de l’ancien decumanus de la ville antique de Poitiers ainsi que dans les rues de la Croix Rouge et Cornet, situées dans son prolongement, de l’autre côté du Pont Joubert. Un fort potentiel archéologique était également attendu aux abords de l’église Saint-Clément à Chasseneuil-du-Poitou, où la découverte de sépultures était à prévoir.

Le Secteur 1

Le Secteur 1 se localise à l’extrémité sud de la rue de la Croix Rouge, depuis l’habitation n°46 jusqu’au départ de la rue Cornet. Il est celui des trois secteurs étudiés qui a révélé le plus de vestiges archéologiques. En effet, cette intervention de neuf jours a permis de mettre au jour plusieurs ensembles de maçonneries et sols enchevêtrés attestant de la richesse du sous-sol à cet endroit.
Situé en marge du centre-ville de Poitiers, de l’autre côté de la rivière du Clain, ce secteur constitue un des accès privilégiés à l’éperon qui se fait dès l’époque antique au moyen d’un passage à gué. Ce dernier se trouve alors dans le prolongement du decumanus (actuelles Grand’Rue et rue Boncenne), un des axes majeurs fondateurs de la ville antique de Poitiers (Limonum ou Lemonum) dont l’urbanisation s’organise et se développe dans les premières décennies du Ier siècle de notre ère. Durant cette période, le quartier devait accueillir quelques habitations, implantées autour des voies d’accès à l’agglomération, correspondant notamment à l’itinéraire reliant Poitiers à Bourges. Reconnu dans la frange méridionale de la rue Cornet ou encore au sein du clos de l’Hôpital Pasteur, ce suburbium est encore irrévélé dans ce secteur ; la surveillance des travaux sur les réseaux n’a effectivement livré aucune information supplémentaire à ce sujet.
D’après les sources, la localité est l’une des premières extensions suburbaines de la ville de Poitiers. Elle est connue dès le Xe siècle sous le nom de Saint-Saturnin, paroisse nouvelle relevant de l’abbaye de Saint-Cyprien. Le secteur est alors un axe de circulation important, puisqu’à cette époque, le franchissement du Clain est assuré par le Pont Joubert (pontem Iobert ou Pons Engelberti), évoqué pour la première fois en 1083.
Au cours du Moyen Âge, le quartier semble se développer autour d’activités artisanales en lien avec la rivière (moulins, tanneries, pêcherie…), dont les mentions se multiplient à partir du XIVe siècle. Quelques maçonneries mises au jour lors des travaux pourraient éventuellement y correspondre, à l’instar d’une structure découverte au droit du Pont Joubert. Totalement désaxé par rapport à l’implantation du parcellaire actuel, nous ne pouvons toutefois apporter aucune certitude à son égard. Quoiqu’il en soit, les berges de la rivière paraissent quasiment vierges de toute autre construction, les terrains étant essentiellement utilisés comme jardins ou vergers, et ce jusqu’au XIXe siècle, principale période d’essor urbain dans ce secteur.
Un renouveau se dessine vers la fin du XIVe et jusqu’au milieu du XVe siècle conjointement aux travaux menés sur les fortifications de la ville. En effet, cela affecte directement l’endroit puisque le Pont Joubert est progressivement doté d’un double système défensif : une porte intégrée aux remparts de la ville, en rive gauche, et une seconde au milieu du pont qui était précédée d’un pont-levis. Cet ouvrage conditionne alors largement la physionomie du quartier, l’implantation des voies et de bâtiments aux alentours. Il sera notamment représenté sur de nombreux documents graphiques dont le plus emblématique est sans doute la peinture « Le siège de Poitiers par l’amiral de Coligny en 1569 », de François Nautré, conservée au Musée Sainte-Croix de Poitiers, illustrant l’histoire militaire de la cité lors des guerres de religion en Poitou.
De cette période, nous n’avons formellement reconnu qu’un seul élément, la fontaine du Pont-Joubert, probablement édifiée à la fin du XIVe siècle et mentionnée pour la première fois en 1402. Elle semble s’accompagner d’un mur de clôture dont la base pourrait avoir été observée lors de notre intervention.
L’essentiel des constructions mises au jour au moment des travaux relève des occupations modernes et contemporaines du site, dans une fourchette chronologique comprise entre le XVIIe et le XIXe siècle. Les terrassements ont permis de documenter un ensemble de maçonneries formant l’ancienne limite occidentale de la rue de la Croix Rouge, cette dernière ayant été élargie de près de six mètres vers Le Clain, à l’extrême fin du XIXe siècle. C’est sans doute à la fin du XVIIe siècle, ou dans le courant du XVIIIe siècle, que le mur partant de la fontaine est démoli une première fois au profit d’un nouveau « mur de quai » (tel qu’il est nommé dans les archives de la fin du XIXe siècle) légèrement désaxé vers le nord puisqu’en 1663 des travaux sont mentionnés dans le secteur de la fontaine indiquant le rehaussement du bassin de la source et la construction d’un mur de soutènement des terres afin de se prémunir contre les fortes inondations. Le terrain est par la même occasion remonté de « 2 pieds et demi » (soit approximativement 0,70 à 0,80 m), comme le confirment les importants remblais observés à divers endroits de la rue. La datation de cet événement a été appuyée par l’étude de la céramique trouvée sur le site. Elle reflète elle aussi l’émergence du quartier à cette époque étant donné que la majorité des pièces du corpus étudié sont datées des XVIIe-XVIIIe siècles, même si le brassage successif des niveaux aux périodes plus récentes minimise l’efficacité apportée par ces datations.
Un projet de réhabilitation du Pont Joubert, daté de 1773, montre que le mur de quai ne joignait pas le pont. La construction de ce dernier tronçon n’intervient vraisemblablement que dans les années 1840-1850 afin d’élargir la voirie à l’approche de l’ouvrage, mais ce qui supprima l’accès à la fontaine. Pour solutionner le problème, la mairie crée un nouvel abreuvoir (une nouvelle descente), situé 22 mètres au nord de la fontaine, en amputant une partie d’un des terrains voisins alors occupé par « des étendoirs pour les lessives ». Le départ de ce mur est précisément représenté sur le plan dressé en 1895 pour le projet d’élargissement du Pont Joubert.
En lien avec ce front bâti, quelques niveaux de circulation conservés montrent que la chaussée était formée de pavés de chailles. L’important passage autour de ce point de captage d’eau potable nécessite d’ailleurs plusieurs recharges successives dont l’articulation se lit encore assez bien dans la stratigraphie. Dans ces niveaux, différents aménagements témoignent également de la gestion des eaux de pluie ou de ruissellement qui sont canalisées en direction de la rivière par le biais d’exutoires maçonnés.
La rue de la Croix Rouge change profondément d’aspect à l’aube du XXe siècle puisqu’en 1901 les travaux d’élargissement du Pont Joubert s’accompagnent d’une revalorisation de ses abords, tant du côté de la rive gauche que de la rive droite. Le projet porte à six mètres supplémentaires la largeur de la rue de la Croix Rouge. Un nouveau mur de quai et une nouvelle descente à l’abreuvoir sont alors construits plus à l’ouest, tandis que la fontaine du Pont-Joubert, numérotée pierre par pierre, est déplacée et remontée à l’identique. Son ancien bassin est légèrement remonté afin de garantir le bon écoulement de l’eau, puis il est couvert par des dalles en béton armé. En arrière du mur de quai, des remblais sont apportés et la chaussée se voit dotée de nouveaux pavés.
En ce début de siècle, la modernisation de l’espace urbain passe également par l’installation de nouveaux réseaux qui entament une première fois les vestiges des occupations précédentes. Une campagne de renouvellement des réseaux est vraisemblablement engagée dans les années 1960, à l’occasion de travaux sur le Pont Joubert ; une importante canalisation pour la distribution de l’eau potable est d’ailleurs installée au milieu du tablier du pont. Celle-ci sera remplacée vingt ans plus tard, au début des années 1980. Ces derniers travaux s’accompagnent du décaissement des rues de la Croix Rouge et Cornet, aux abords du pont. Remise à niveau, la chaussée est finalement refaite au moyen d’un nouveau revêtement en enrobé.

Le Secteur 2

L’étude du Secteur 2 : Grand’Rue (Poitiers) est directement liée à celle du Secteur 1 puisque cet axe correspond à l’emplacement supposé de l’ancien decumanus de la ville antique de Poitiers. Les 11 jours de surveillance des travaux ont permis de mettre au jour plusieurs maçonneries et quelques niveaux de circulation dont l’identification reste encore, pour la plupart d’entre eux, très hypothétique. Les vestiges les plus anciens semblent témoigner de l’occupation antique du promontoire. Au cours de cette période l’urbanisme se développe autour d’axes majeurs dans la ville : le decumanus, actuelle Grand’Rue, et le cardo, qui correspond aux rues Arsène Orillard et Riffault. Les constructions découvertes se caractérisent par l’emploi d’un mortier de couleur rouge dont l’utilisation a été observée pour l’établissement d’au moins deux constructions : une au centre de la Grand’Rue, l’autre en marge occidentale de la rue Riffault.
C’est par déduction que nous avons essayé de trouver une raison à la présence de maçonneries au centre de la Grand’Rue, dans l’axe de son développement. En effet, le tracé de cette voie semble inchangé depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours, si ce n’est l’installation progressive de constructions le long de la chaussée, principalement depuis la fin du Moyen Âge, ainsi que quelques réalignements ou refontes de façades au cours des périodes modernes et contemporaines. Quoiqu’il en soit, la mutation de l’urbanisme dans le temps paraît plutôt se limiter aux marges de la rue, dont la largeur pourrait, à quelque chose près, être la même depuis sa mise en place dans le courant du Ier siècle de notre ère. En suivant ces considérations, il faudrait donc envisager que ces constructions fassent partie intégrante de la rue. Une des explications possibles serait la présence à cet endroit de trottoirs couverts par des portiques, comme le souligne certaines études et synthèses publiées concernant la ville antique de Poitiers mais seules des investigations plus étendues pourrait nous éclairer à ce sujet. Si rien ne confirme assurément cette hypothèse, la présence de constructions au centre de la voirie peut tout de même en légitimer le questionnement. En tout cas, l’absence de marqueurs chronologiques associés à ces découvertes est à déplorer même si la présence d’un petit lot de céramique, datés de la fin du IIIe siècle ou du courant du IVe siècle ap. J.-C., ainsi que plusieurs fragments de teggulae extraits à l’approche de ces structures nous dirigent vers le caractère antique de ces vestiges.
En bordure orientale de la rue Riffault, la mise au jour d’une maçonnerie pourrait constituer un témoin de la gestion de l’eau dans la ville. Son mortier très dense, de couleur rouge, pourrait être qualifié de béton et conférer à l’ouvrage une certaine étanchéité dont l’emploi est principalement observés pour la construction de sols ou de systèmes hydrauliques de ces périodes (canaux, égouts, aqueducs…). Il faut dire que plusieurs études, témoignages et découvertes depuis le XIXe siècle signalent le passage à cet endroit d’un aqueduc romain, nommé « aqueduc du Cimeau ». Celui-ci servait à acheminer l’eau potable nécessaire au fonctionnement des thermes de Saint-Germain, situés quelques 500 m plus au nord-ouest, à l’emplacement de l’actuelle église du même nom. Il faut toutefois apporter un important bémol à cette hypothèse étant donné qu’en 1927 un témoignage nous indique que cet aqueduc court à l’ouest de la rue Arsène Orillard à une profondeur de 3,20 m. Plusieurs autres pistes pourraient être envisagées comme celle d’un système de collecte des eaux usées/eaux de pluie, cependant les contraintes liées à l’aménagement n’ont pas permis de dégager une portion assez parlante sur la fonction de cet ouvrage. Aqueduc, caniveau, égout ou bien simple fondation ; datant de l’époque antique, médiévale ou moderne ; les caractéristiques de cette maçonnerie indiquent dans tous les cas le lien étroit qu’elle entretien avec la gestion de l’eau. En revanche, ce qui est plus assuré c’est que sa localisation à 1,30 m en parallèle des murs des immeubles actuellement voisins s’explique par la restructuration de l’angle des rues au cours de la première moitié du XIXe siècle.
Sur ce point, l’étude des plans anciens est essentielle. Au début du XIXe siècle, un réalignement des façades est étudié à l’échelle de la ville de Poitiers. Le plan, établi en 1819, projette les modifications à apporter aux bâtiments existants. Deux décennies plus tard, le cadastre dit « napoléonien », levé en 1838, montre assez bien les transformations opérées sur les masses urbaines, ce qui nous permet d’attribuer à ce programme urbanistique la destruction de certaines des maçonneries trouvées en limite de la rue Arsène Orillard et dans la rue Montgautier.
Pour le reste de l’occupation récente du site, le dernier élément significatif est une structure maçonnée trouvée au centre de la Grand’Rue, à son carrefour avec la rue Montgautier. Visiblement mise en œuvre dans le cadre du réseau d’assainissement de la ville, elle pourrait éventuellement participer à l’acheminement des eaux de pluies de la Grand’Rue vers Le Clain, dont l’exutoire se trouve du côté aval de la culée de rive droite du Pont Joubert. Ce collecteur est par ailleurs mentionné dans les descriptions des ouvrages à effectuer pour la remise en état du Pont Joubert en 1900.

Le Secteur 3

Le Secteur 3 est complètement déconnecté des deux précédents étant donné qu’il se trouve à Chasseneuil-du-Poitou, une commune voisine de Poitiers. Une surveillance archéologique des travaux a ici été conditionnée par la présence de l’église Saint-Clément, construite à partir du XIe siècle dans le cadre d’une collaboration entre les Ducs d’Aquitaine, les évêques de Poitiers et les commandeurs de Malte, mais également par celle de la demeure de la Vicane, construite à la fin du XVe siècle, siège d’un important fief local.
Le suivi des travaux a été effectué sur dix jours, entre les mois de juin et juillet. Il s’est principalement étendu dans la rue de l’Église, dans sa portion comprise entre l’église et la place de la Croix. Après seulement quelques mètres d’ouverture, nous avons pu constater que l’ensemble du sous-sol de la rue avait fortement été impacté par le passage de multiples réseaux. De ce fait, les terrassements n’ont livré que peu de vestiges archéologiques, à savoir un mur, une sépulture et quelques niveaux de circulation.
Trouvée au centre de la rue, la portion de mur ne répond à aucune réalité visible sur les plans du secteur établis depuis le début du XIXe siècle. Le seul indice de datation est une monnaie de deux sols, émise entre 1791 et 1793, sous le règne de Louis XVI, récoltée dans le comblement de sa tranchée de récupération.
Plus loin, l’unique sépulture a été mise au jour lors du branchement en eau potable de l’habitation n°15 de la rue de l’Église. Arrachée par la pelle mécanique, il n’en restait plus que les extrémités des membres inférieurs en coupe. Par ailleurs, la présence de plusieurs lots d’ossements humains dans les comblements des diverses tranchées de réseaux, lors des branchements des habitations n°17 et 19, ainsi que les témoignages recueillis auprès de riverains, tendent bien à prouver l’existence d’une aire funéraire dans ce secteur du bourg, à proximité immédiate de l’Église.
Pour le reste, si quelques niveaux de circulation ont été relevés ça et là, l’essentiel des axes de circulation du quartier paraît avoir fait l’objet d’un important nivellement lors de l’installation de la voirie actuelle, ce qui a conduit à la disparition quasi totale des niveaux archéologiques. Les quelques coupes ayant permis une étude de la stratigraphie ont révélé que le substrat naturel, composé de sable, de grave et de graviers de calcaire, se trouve à faible profondeur, ce qui confirme l’infime transformation du secteur au cours des temps. Ces niveaux de circulation seraient à première vue mis en place lors de périodes récentes, même s’il n’est pas impossible qu’ils soient en place depuis le Moyen Âge.
En somme, les quelques vestiges trouvés lors de ce suivi de travaux tendent à prouver la faible attraction des lieux tant aux périodes anciennes que récentes. Les seuls endroits qui semblent propices à la découverte de vestiges archéologiques dans ce secteur du bourg sont les abords des rues ou l’intérieur des parcelles avoisinantes, comme a pu nous le montrer la mise au jour des lots d’ossements lors de la réalisation des branchements dans la rue de l’Église.

La surveillance des travaux de remise en état du réseau d’eau potable a ainsi été l’occasion de porter un regard nouveau sur des espaces encore énigmatiques des villes de Poitiers et Chasseneuil-du-Poitou. De nombreuses questions restent toutefois en suspens, notamment concernant la signification et la datation des vestiges les plus anciens. Ces inconnues sont principalement le fait d’un impact au sol restreint de ce type d’aménagement urbain qui ne livre par conséquent qu’un champ de vision très limité du sous-sol. À cela s’ajoute souvent un fort brassage des niveaux archéologiques à ces endroits où se succède l’installation de nombreux réseaux. En dépit de ces contraintes, l’acquisition de nouvelles données dans ces secteurs confirme l’intérêt de porter un regard archéologique lors de la mise en place de nouveaux réseaux. Aussi minimes soient-elles, ces informations participent chaque fois à enrichir nos connaissances du sous-sol et de son potentiel patrimonial.


Paul Butaud, mars 2019.