Rannée (35) – La Chaussée

Rannée (35) – La Chaussée

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

23 février - 20 mars 2015

Fouille préventive

Protohistoire, second âge du Fer, La Tène.

DATE : 23 février - 20 mars 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Protohistoire, second âge du Fer, La Tène.

Menée par le Conseil Général de l’Ille-et-Vilaine, la troisième tranche du projet de déviation RD 178 entre La Guerche-de-Bretagne et Rannée a motivé la prescription par le Service Régional de l’Archéologie de Bretagne d’un diagnostic archéologique portant sur l’ensemble du tracé routier de contournement, soit 2,6 ha sondés. Ce diagnostic a été réalisé par Sandrine Barbeau (Inrap) entre fin octobre 2013 et mi-janvier 2014 (Barbeau 2014).

Les découvertes ont donné lieu à cinq prescriptions de fouilles portant sur un site de l’âge du Bronze et du Moyen Âge (La Sallerie), deux sites présentant des indices d’occupations domestiques de la transition entre l’âge du Bronze et l’âge du Fer (Les Rimbaudières et La Pinelière), un établissement rural du second âge du Fer (La Chaussée) et une voie antique (La Grande Bécannière).

Les fouilles menées sur le site de La Chaussée ont été réalisées sous la responsabilité d’Audrey Delalande durant 20 jours du 23/02/2015 au 20/03/2015. Sa prescription concernait une surface de 4 000 m² soit environ 140 mètres linéaires du tracé. Ce site est implanté sur le haut du versant nord de la petite vallée de l’Ardenne, dans un substrat géologique composé d’argilites-silitites (fig.1).

L’objectif principal de la prescription était de compléter les données déjà acquises sur un établissement rural occupé du IIe siècle avant J.-C. jusqu’au moins au Ier siècle après J.-C., repéré en 1990 par Gilles Leroux en prospection aérienne et sondé sur sa partie orientale en 1999 par J.-C. Meuret. L’emprise de la fouille sur le tracé routier a donc permis de documenter la frange occidentale de cet établissement.

Cette occupation se caractérise par un ensemble de fossés parallèles présentant une orientation est-ouest et traversant de part en part l’emprise de fouille. Seuls les deux fossés les plus septentrionaux présentent un retour. D’après leur positionnement, leur profil et leur profondeur, ces fossés semblent fonctionner deux par deux, traduisant différentes phases de réfection de cet établissement rural. La fouille a donc révélé un système fossoyé plus dense que ce qui a été perçu en prospection aérienne où deux enceintes seulement avaient été repérées sur la partie occidentale de l’établissement.

Hormis la position stratigraphique de ces deux fossés septentrionaux, très peu d’éléments permettent de retracer les différentes étapes de structuration et de modification de cet établissement. En effet, la majorité des relations stratigraphiques observées relèvent principalement de recoupement de fossés modernes/contemporains avec les fossés latèniens. L’étude céramique ne vient cependant pas pallier ce manque car la datation de l’ensemble céramique est centré sur les iie-ier siècle avant J.-C. De plus, le mobilier provient essentiellement de zones de rejets domestiques (céramiques et plaque foyère) dans les comblements sommitaux de deux de ces fossés.

Sur la partie sud de l’emprise de fouille, en parallèle à un des fossés, un éventuel bâtiment à abside a été mis au jour. Bien que son plan demeure incomplet, il est orienté selon un axe est-ouest. Son côté ouest semble fonctionner avec une palissade à l’arrière de son abside.

Ainsi la faible densité des aménagements, la relative stabilité des limites structurelles et le mobilier céramique semblent révéler une occupation d’assez courte durée.

Enfin, l’ensemble du terrain est impacté par des fosses de plantation modernes ainsi que par des fossés parcellaires et/ou drainants. Certains de ces fossés ont pu être identifiés sur le cadastre napoléonien et d’autres étaient encore visibles dans le paysage lors de la fouille.


Audrey Delalande, septembre 2016.