Réau (77) – Hameau de Ourdy

Réau (77) – Hameau de Ourdy

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

6 mars - 6 octobre 2017

Fouille préventive

Protohistoire, haut Moyen-âge, Moyen-Âge classique

DATE : 6 mars - 6 octobre 2017

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Protohistoire, haut Moyen-âge, Moyen-Âge classique

L’opération archéologique ici présentée s’inscrit dans le cadre de l’aménagement du Parc d’activités de l’autoroute A5 implanté sur les communes de Moissy-Cramayel et de Réau (Seine-et-Marne).

Une importante phase de diagnostics archéologiques, sur une emprise de 182 ha divisée en 9 zones, a été engagée entre 2007 et début 2009.

 

La zone 9 se situe immédiatement au nord-ouest du hameau d’Ourdy (commune de Réau), sur la bordure orientale des terrains diagnostiqués pour le « Parc d’Activités de l’A5 ». Le diagnostic a été réalisé par C. Giorgi (Inrap) de septembre 2008 à janvier 2009 et a porté sur une surface de 25 hectares. Plusieurs occupations diachroniques y ont été mis en évidence ; elles consistent en un locus d’occupation de l’âge du Bronze final et surtout en un ensemble structuré très dense et présentant une superposition des périodes antique et alto-médiévale.

 

La fouille de ce site, dont l’emprise s’élève à un peu plus de 7,5 Ha, a été réalisée entre mars et octobre 2017 par G. André (Eveha) et son équipe. Au total, environ 3500 structures ont pu être identifiées et fouillées, et ce malgré un arasement très conséquent lié à la fois à la topographie du terrain et à une mise en culture de la parcelle de façon intensive.

 

La période protohistorique est représentée par plusieurs fosses et un puits mais l’occupation semble tout de même s’inscrire dans un cadre lâche.

 

Le haut Moyen-Âge reste la période la plus représentée et détermine l’occupation principale du site. La période antique reste pour l’heure énigmatique ; la présence de deux caves attribuées à cette période chronologique ainsi que celle d’un mobilier très important découvert en rejet dans le comblement d’un fossé nous orientent toutefois sur une occupation plausible de la parcelle mais difficilement perceptible du fait, une nouvelle fois, de l’arasement mais aussi d’un possible démantèlement massif des structures. Pour indice, nous mentionnerons la récupération complète des murs des caves à une période encore indéfinie.

 

L’occupation alto-médiévale du site est dense mais classique : trous de poteaux, fosses et silos, fonds de cabane, puits, fours (pour la plupart en batteries), fossés, sépultures isolées. Plusieurs unités architecturales ont pu être nettement perçues mais l’organisation spatiale du site est mal-aisée du fait de l’enchevêtrement des structures. D’autre part, le site est très pauvre d’un point de vue du mobilier ; les datations des structures sont donc difficiles et les éventuelles organisations/évolutions spatiales du lieu complexes à appréhender. Pour l’instant les hypothèses d’interprétations concernant un possible habitat groupé et/ou un secteur spécifiquement tourné vers l’artisanat restent ouvertes.

 

Après l’abandon de cette occupation, qui se déplace possiblement sous l’actuel hameau d’Ourdy, la parcelle est réoccupée par un imposant enclos servant au parquage d’animaux.qui subira plusieurs modifications.

 

Notons enfin également la présence d’une cave dont le comblement date probablement de la fin du Moyen Âge ou du début de la période moderne ; ainsi que d’un petit pôle d’occupation du bas Moyen Âge mis en évidence à l’extrémité sud-est de l’emprise de fouille, soit en marge immédiate du village actuel.


Gaëlle André, octobre 2017