Reims (51) − 45 rue de Thillois

Reims (51) − 45 rue de Thillois

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

22 août - 21 octobre 2016

Fouille préventive

Antiquité

DATE : 22 août - 21 octobre 2016

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Antiquité

Une fouille archéologique d’environ 1000 m² a été réalisée au 45 rue de Thillois à Reims, sous la responsabilité de Cyril Driard (Éveha), préalablement à la construction d’un ensemble immobilier par la société RM IMMO.

Les vestiges archéologiques mis au jour datent essentiellement de l’Antiquité. Le quartier fouillé se situe à l’ouest du centre-ville de Durocortorum, le long du decumanus maximus. L’occupation la plus ancienne remonte à la transition entre l’âge du Fer et l’Antiquité, elle est caractérisée notamment par la présence d’une grande fosse remplie d’ossements d’animaux, de jetons en céramique, de poteries et d’un moule à alvéoles.

Plusieurs activités artisanales ont été mises en évidence, elle pourraient correspondent à l’occupation du site au cours du Haut-Empire, mais leur datation reste à préciser. Deux spécialités ont été mises plus particulièrement en évidence : la forge et la tabletterie.

Autour du IIIe siècle, le site est occupé par la bordure nord d’un établissement dont la fonction est encore indéterminée.

Un complexe architectural a été observé en coupe, en limite de la zone prescrite. Il est constitué de sols épais établis à différents niveaux. Des couches de démolition comportant des fragments de parois et de fonds de bassin, de joints d’étanchéité en mortier de tuileau, du verre à vitres, des tesselles de mosaïques, des fragments de marbre et des plaques d’enduits peints ont été fouillées aux abords immédiats de ces restes de maçonnerie.

Au milieu de l’emprise de fouille, plusieurs fossés parallèles et les traces d’une palissade ont été découverts. L’un de ces fossés a livré de nombreux dépôts de mobilier comportant des portions d’animaux en connexion, de la vaisselle miniature, de nombreuses poteries complètes, une trentaine de chaussures, une emblema (panneau) en opus sectile, plusieurs sépultures de nouveaux nés, deux lampes à huile et un récipient en verre.

Dans l’angle sud-est de la fouille, de nombreux remblais provenant d’une construction incendiée située hors emprise de fouille ont été mis au jour. Ces traces d’incendie se retrouvent également dans un puits, où des débris encore chauds ont carbonisé la partie supérieure du cuvelage en bois. La sépulture d’un jeune enfant a été aménagée dans ce puits, entre deux couches de déblais brûlés.

Les études et les analyses en cours permettront de mieux comprendre ce site et éventuellement d’en définir les fonctions, elles apporteront des informations essentielles sur l’occupation de cette partie de la ville antique, située entre le centre-ville et la Vesle, un secteur encore relativement méconnu.


Cyril Driard, novembre 2016.