Saint-Hilaire-de-Chaléons (44) − site de l’Allée

Saint-Hilaire-de-Chaléons (44) − site de l’Allée

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

4 - 26 septembre 2017

Fouille préventive

Âge du Fer, Époque contemporaine

DATE : 4 - 26 septembre 2017

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Âge du Fer, Époque contemporaine

La tranche 3 de l’aménagement d’une ZAC Multisites sur le site de l’Allée à Saint-Hilaire-de-Chaléons (44), projet menée par la Loire-Atlantique Développement – SELA, a motivé la prescription, par le Service Régional de l’Archéologie des Pays de la Loire, d’un diagnostic archéologique couvrant 3,5 ha. Ce diagnostic a été réalisé par Dominique Doyen (Inrap) courant juin 2016 (Doyen 2016). Les découvertes ont donné lieu à une prescription de fouille portant sur une emprise de 4000 m² ayant livré au moins un enclos circulaire datés de la Protohistoire. Les fouilles menées sur ce site par le bureau d’étude Éveha, sous la direction de Laurence Le Clézio, ont été réalisées entre le 4 et le 26 septembre 2017.

Deux enclos ont été identifiés lors de cette opération. Un enclos circulaire à fossé simple interrompu (St. 4) de 17 m de diamètre, 2,30 m de large pour 1,03 m de profondeur maximum qui délimite une surface de 225 m². Son profil en V, très perturbé par des fouisseurs, est creusé intégralement au sein d’un substrat sableux orangé très induré. L’interruption, positionnée au nord-ouest, mesure 1,50 m de large. Ses comblements, très peu anthropisés, attestent d’un fonctionnement en mode ouvert. Le rare mobilier céramique retrouvé daterait la structure de la Protohistoire ancienne, qu’une datation radiocarbone affine au premier âge du Fer (Hallstatt C à La Tène A). L’absence de restes humains, interdit d’attribuer avec certitude une vocation funéraire à cette structure. Un enclos en« fer à cheval » (St. 11) se développe au sud-est de l’enclos 4, qu’il recoupe. Même s’il semble s’inscrire dans le même volume, il est légèrement plus petit avec 16,5 m de diamètre, 1,90 m de large et 0,98 m de profondeur maximum pour une surface de 192 m². Son ouverture, large de 9,50 m, est également orientée au nord-ouest. Son profil en V, lui aussi très perturbées par des fouisseurs, est creusé au sein du même substrat et propose des comblements quasiment identiques à ceux observés pour l’enclos 4, avec un fonctionnement en mode ouvert. Un fragment de vase décoré de cupules dites « en marguerite » a été mis au jour dans ce fossé. Ce décor, plus répandu en Bretagne qu’en Pays de la Loire et souvent issu de contextes funéraires, serait typique du Ve s. avant J.-C. Une des deux analyses radiocarbones réalisées pour cette structure offre une datation cohérente pour ce type de monument à la transition entre le premier et le second âge du Fer (Hallstatt D2-La Tène B1). Toujours en l’absence de restes humains, il est également difficile d’attribuer avec certitude une vocation funéraire à cet enclos. Enfin, le recoupement entre ces deux structures apparaît soit comme une continuité dans l’occupation de ce secteur, qui n’aurait malheureusement pas laissée de traces archéologiques, soit comme au moins le souvenir de la vocation de la zone, quelle soit funéraire, cultuelle ou symbolique, le tout durant un temps relativement long, entre le premier âge du Fer et sa transition avec le second âge du Fer, du début du Hallstatt à La Tène B1.

Ces deux enclos sont accompagnés d’un ensemble de quelques structures en creux qui n’ont pu être datées ou qui sont à rapprocher de l’occupation moderne et contemporaine des lieux (petits creusements circulaires, fosses et fossés de parcellaires).

Afin de replacer ces enclos dans un contexte plus large, les études de Mikaël Le Maire sur les enclos circulaires des Pays de la Loire (Le Maire 2015) ont été largement exploitées dans ce rapport. Si les deux enclos du site de l’Allée s’intègrent bien dans les observations faites concernant ce genre de structure dans cette région (localisation, formes, datations, mobiliers, fonction, …), ils présentent cependant quelques petites particularités, notamment aux niveaux de leurs dimensions plus imposantes que la moyenne.

Si ces deux structures n’apportent malheureusement que peu de données supplémentaires concernant les enclos circulaires protohistoriques pour la région des Pays de la Loire et les régions alentours, ils ont le mérite d’avoir été documentés, d’enrichir la connaissance du maillage des occupations protohistoriques dans ce secteur et de compléter une cartographie déjà bien documentée pour ce type de monuments.


Laurence Le Clézio, juin 2018.