Saint-Lyé (10) – Les Plantes Joly

Saint-Lyé (10) – Les Plantes Joly

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

05 mars - 13 avril 2018 et 04 - 15 juin 2018

Fouille préventive

Âge du Bronze, âge du Fer, Moyen Âge/Temps Modernes

DATE : 05 mars - 13 avril 2018 et 04 - 15 juin 2018

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Âge du Bronze, âge du Fer, Moyen Âge/Temps Modernes

La fouille archéologique menée sur le site de Saint-Lyé (10) Les Plantes Joly a été réalisée par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Florence Demarly-Cresp. Elle intervient dans le cadre du projet d’aménagement de La Chanvrière de l’Aube.

Ces investigations, couvrant une superficie de 17 047 m² sur les parcelles ZW 18pp ; 19pp ; 20pp et 21pp ont permis d’identifier au moins deux phases d’installation. Ce décapage a permis la mise au jour de 696 faits anthropiques et naturels (Fig. 01).

 

Cette opération fait suite au diagnostic archéologique Saint-Lyé (10) Les Plantes Joly réalisé par S. Chauvin (Inrap) en 2017, la surface étudiée est alors de 11,29 ha.

 

La prescription de fouille préventive définit une zone réservée d’environ 4 ha divisée en deux secteurs, afin de permettre au mieux les limites des décapages sans que leur surface totale ne dépasse les 1,8 ha.

 

Une faible quantité de mobilier datant a été mise au jour. Afin de pallier ce manque, il a été mis en place un protocole de prélèvement quasi systématique du sédiment issu des séquences de remplissage des faits archéologiques. Le traitement de ces prélèvements pourraient notamment permettre des datations par le radiocarbone. De plus, en confrontant les données du diagnostic et de la fouille, plusieurs phases d’occupation anthropique du site sont d’ores et déjà mises en évidence.

 

De ce fait, un site d’habitat attribué aux âges des métaux et illustré par des activités domestiques est attesté ainsi que la présence d’un enclos attribuable au Moyen Âge/Temps modernes.

 

D’un point de vue géologique, l’emprise étudiée s’installe sur un substrat crayeux altéré. Trois vallons ont été mis au jour et curés, avec présence d’un plot ponctuel d’observations. Ils ont été relevés (prise de notes et photos, logs et prélèvements) et Jérôme Brénot, géomorphologue (Éveha), s’est rendu sur site pour observations et analyse.

 

Notons que quelques fragments de céramique protohistorique ont été prélevés dans les paléosols des paléovallons (Fig. 02).

 

L’occupation protohistorique de ce territoire est illustrée par la présence de différents types de vestiges. Ainsi, des ensembles de trous de poteaux ont été repérés, ils se répartissent sur une majorité de l’emprise excepté l’extrémité septentrionale (environ 15 % de la superficie d’étude). Au moins 10 plans de bâtiments se détachent dans ces ensembles. Ceux-ci présentent des modules très variables : structure simple carrée sur 4 poteaux de 9 m², rectangulaire sur 6 poteaux de 25 m², rectangulaire sur 10 poteaux d’une aire de 38 m², bâtiment rectangulaire sur au moins 12 poteaux présentant un plan à deux nefs et couvrant une surface minimale de 60 m², un bâtiment d’une surface d’environ 97 m² sur au moins 23 poteaux et deux nefs (Fig. 03 et Fig. 04).

 

Afin de considérer l’organisation spatiale et la fonction de ce dernier bâtiment situé au sud de l’emprise, une cartographie pXRF de la composition chimique de la surface du sol a été réalisée. Pour ce faire, il a été fait appel à la société Amélie, cette analyse peut permettre d’en déterminer la composition élémentaire et de cartographier les variations de composition susceptibles de représenter une pollution anthropique, potentiellement générée par différentes activités.

 

Deux puits (Fig. 05 à Fig. 07) et un puisard supposé, des fosses de stockage (Fig. 08 et Fig. 09), une potentielle zone d’extraction (Fig. 10)et des fosses dont la vocation n’est pas déterminée complètent ce ou ces établissements dont les intervalles chronologiques d’occupation restent à affiner.

 

Concernant la période Moyen Âge/Temps modernes, trois tronçons de fossé d’un enclos probablement quadrangulaire a été mis en évidence. Celui-ci présente un état d’arasement avancé. Il est difficile d’associer cet enclos à d’autres vestiges en présence. De même, aucun élément datant n’a été prélevé dans son comblement. Toutefois les prélèvements de sédiment effectués restent à analyser. L’hypothèse de datation repose à ce jour sur sa morphométrie et les comparaisons avec d’autres sites du secteur. Quant à sa fonction, elle pourrait être rattachée à une activité agro-pastorale.


Florence Demarly-Cresp, juin 2018