Saint-Maixent-l’École (79) − Cloître de l’abbaye

Saint-Maixent-l’École (79) − Cloître de l’abbaye

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

24-27 mai 2016

Suivi de travaux

Moyen Âge, Époque moderne.

DATE : 24-27 mai 2016

TYPE D'OPÉRATION : Suivi de travaux

CHRONOLOGIE : Moyen Âge, Époque moderne.

Cloître de l’abbaye – Tranche 1

C’est dans le cadre du projet, lancé par la mairie de Saint-Maixent-l’École (79), de mise en accessibilité et de réaménagement du cloître de l’ancienne abbaye, qu’un suivi de travaux a été mené entre les mois de mai et juin 2016. L’opération consistait en l’étude de sondages réalisés au pied de certains piliers des galeries du cloître, afin de mieux comprendre les désordres structurels observés sur l’édifice, et en la surveillance de la dépose de certaines dalles des sols de circulation attenants.

En 2013, un diagnostic archéologique réalisé par l’Inrap, sous la responsabilité d’Annie Bolle (Bolle 2013), avait déjà révélé une forte densité de vestiges dans et aux alentours de l’édifice religieux. Plusieurs murs et sols observés à l’intérieur de l’aire du cloître actuel (daté des XVIIe et XVIIIe siècles) semblaient témoigner d’un ou plusieurs états anciens de l’édifice (antérieur au XVIe siècle), qui était alors de plus petites dimensions. Des niveaux de démolition paraissaient également être associés à la destruction de l’abbaye par les calvinistes durant les guerres de Religion, en 1568, et aux travaux de reconstruction du XVIIe siècle.

Ce suivi de travaux a permis de mettre au jour de nouveaux niveaux de chantiers, maçonneries et sols d’occupation successifs, relatifs aux époques moderne et médiévale. La stratigraphie générale observée lors de l’intervention reprend dans les grandes lignes les propositions de datation avancées lors du diagnostic. Le plus ancien des murs observés lors de l’opération a été édifié antérieurement au XVIe siècle (peut-être entre les xiiie et XIVe siècles, si l’on s’en tient à l’unique tesson retrouvé dans sa tranchée de fondation). Il s’agirait alors d’un vestige d’un cloître primitif suggéré par les différentes sources historiques à partir du XIVe siècle. Deux constructions se sont par la suite succédées à l’intérieur de l’aire du cloître, entre les XVIe et XVIIe siècles. L’amorce d’une éventuelle voûte et la présence d’enduits sur certaines de ces élévations amènent à penser qu’il s’agit là d’espaces clos couverts mais dont la fonction n’a pu être définie. Enfin, la dernière phase observée lors de l’opération correspond aux grands travaux de reconstruction de l’ensemble conventuel réalisés dans la seconde moitié du XVIIe siècle et au début du XVIIIe siècle, suite aux dommages causés lors des guerres de Religion. Les anciens bâtiments sont alors intégralement rasés pour laisser place à un nouveau projet d’envergure. À cet effet, des maçonneries sont construites en sous-œuvre en doublement des précédentes afin d’adapter les vestiges de l’ancien cloître au nouveau plan et de donner une meilleure assise aux larges piliers des galeries. D’importants remblais et des terres à jardin ont par la suite été apportés, surélevant ainsi le niveau général de circulation de plus de 90 cm par endroits. La dépose de certaines dalles de sol dans les galeries ouest et nord, puis l’ouverture d’une tranchée de réseau dans la galerie sud, ont également permis d’observer plusieurs niveaux et aménagements de chantiers en lien avec ces derniers travaux.

En parallèle du suivi des sondages, le débouchage de deux portes communiquant avec l’église voisine a permis de récolter un important lot de mobilier lapidaire et ornemental. Il s’agit de fragments d’éléments architectoniques moulurés (corniches, colonnes, etc.), de mobilier liturgique (bénitiers, récipients), mais également de décors ornementaux plus fins (statuaire en stuc, enduits peints, modénatures, etc.). Il a également facilité l’observation des articulations entres les élévations de l’église et celles du cloître, et notamment la reprise du mur gouttereau sud afin d’installer les voûtes à nervures couvrant les galeries.


Paul Butaud, octobre 2016