Sainte-Livrade-sur-Lot (47) – Esplanade Saint-Martin

Sainte-Livrade-sur-Lot (47) – Esplanade Saint-Martin

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

10 avril – 9 juin 2017

Fouille préventive

Antiquité
Moyen Âge

DATE : 10 avril – 9 juin 2017

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Antiquité
Moyen Âge

L’esplanade Saint-Martin à Sainte-Livrade-sur-Lot surplombe la rive gauche du Lot. Le site est connu comme celui de l’emplacement de l’église Saint-Martin de Maumiar, à l’existence attestée dès 1117 et dans laquelle des messes furent célébrées jusqu’en 1712. Cette dernière a été entièrement détruite dans le courant du XVIIIe siècle et sa localisation précise perdue. Par ailleurs des aménagements réalisés à la fin du XIXe siècle ont mis en évidence de nombreux vestiges antiques. Une première opération de diagnostic, mis en œuvre ne 2002, a permis d’accréditer cette double occupation antique et médiévale.

 

Ce suivi archéologique a été mis en œuvre dans le cadre de l’aménagement de l’esplanade Saint-Martin entre avril et juin 2017. L’opération a consisté en l’ouverture de 210 m de tranchées destinées à recevoir de futurs réseaux enterrés. Les vestiges antiques exhumés se limitent à quelques tranchées de récupération de murs et un reliquat de sol en mortier de tuileau. Un monument circulaire ou une pièce hémicirculaire a été localisé dans l’angle nord-ouest de l’esplanade. Les rares éléments mobiliers attestent une occupation du site durant le Haut-Empire et une seconde plus tardive dans la seconde moitié du IVe siècle.

 

Les vestiges mis au jour sont principalement à mettre en relation avec l’occupation médiévale et funéraire du site. Le tracé des tranchées a permis la localisation de 212 fosses dont 190 ont pu faire l’objet d’une fouille attestant leur caractère sépulcral. Les limites du cimetière n’ont pu être atteintes, celui-ci semblant se développer au-delà de l’esplanade actuelle. L’échantillon d’individus exhumés se compose de 143 adultes (33 femmes, 30 hommes, 80 indéterminés) et 49 sujets immatures. Au moins cinq modes d’inhumations ont été distingués :

1) Sépultures à fosse anthropomorphe avec aménagement céphalique : XI-XIIe s.,

2) Sépulture à large fosse, aménagement des parois par des planches de bois calées par des moellons calcaires : XII-XIIIe s.,

3) Sépulture en pleine terre : XII-XVIe s.,

4) Sépulture à coffrage des parois par des briques de terre cuite : XIII-XIVe s.,

5) Coffre maçonné, couvercle en dalles de terre cuite disposées en bâtière : XIII-XIVe s..

 

Deux segments de murs entièrement récupérés, associés à un mince niveau de sol dans la partie sud de l’esplanade constituent les seuls hypothétiques vestiges de l’église disparue.

 

Le peu de mobilier livré par les sépultures laisse entrevoir une pleine activité du cimetière entre le XIIe et le XIVe siècles. On note la présence d’un pégau en position primaire de dépôt, sans doute destiné à contenir de l’eau bénite, dans 5 sépultures. Ce type de dépôt concerne uniquement des individus adultes de sexe féminin. On remarquera également le dépôt de deux tirelires, malheureusement vides. Par ailleurs, deux sépultures de pèlerins ont été reconnues par la présence de coquilles Saint-Jacques, portées dans un cas au niveau de l’épaule (accrochée au manteau ?) et dans l’autre au niveau de la hanche (accrochée à la panetière ?). Chaque individu étant doté d’un grand bâton (longueur de la hampe estimée à 1,80 m) muni d’un imposant talon en fer qui évoque davantage une arme d’auto-défense qu’une canne de marche. Les deux pèlerins étaient de sexe masculin et décédés à un âge avancé. L’un d’eux souffrait d’une infection profonde et généralisée (probablement la tuberculose) susceptible d’être à l’origine du décès.


Guillaume Seguin, mars 2018.