Sandillon (45) − Le bois de la Mothe

Sandillon (45) − Le bois de la Mothe

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

03 août - 25 septembre 2015

Fouille préventive

Protohistoire, âge du Fer, Hallstatt (premier âge du Fer).

DATE : 03 août - 25 septembre 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Protohistoire, âge du Fer, Hallstatt (premier âge du Fer).

Le projet d’extension d’une carrière d’extraction de sable, exploitée par l’entreprise Cemex Granulats, au lieu-dit Le Bois de la Mothe à Sandillon (45), a donné lieu en mars 201 2 à un diagnostic archéologique réalisé par Tony Hamon (Inrap). Ce projet, couvrant une superficie de 1 0 ha, avait été sondé à raison de 1 4 % de son emprise totale (Hamon 201 2). Suite à des résultats encourageants, une opération de fouille a été prescrite dans la partie nord de la parcelle. L’intervention archéologique, réalisée par le bureau d’études Éveha sous la direction de Laurence Le Clézio, s’est déroulée durant huit semaines, du 3 août au 25 septembre 201 5. Le décapage superficiel de l’emprise de fouille s’est concentré sur une unique zone de 2,4 ha.

Sur les 1 1 3 « structures » mises au jour, seule une dizaine a pu être rattachée à une occupation des lieux durant la Protohistoire. Cet ensemble, relativement pauvre en vestiges, comprend quatre petites fosses de rejet, datées entre l’âge du Bronze final IIIb et le Hallstatt moyen grâce au mobilier (441 tessons de céramiques, quelques pièces issues d’une industrie lithique, quelques fragments de terre à bâtir souvent indéterminés et quelques graines de céréales). À cela s’ajoutent trois fosses de rejet de plus grandes dimensions et mieux datées. La première, qui mesure 8 m de diamètre pour 0,50 m de profondeur, contenait 1 73 tessons (8 vases), et la seconde, plus petite (3 x 1 ,5 x 0,4 m), 574 tessons (31 individus minimum), tous attribués au Hallstatt C. Enfin, la dernière fosse polylobée (9 x 7 x 1 m ) a livré 43 pièces lithiques, 422 fragments de terre à bâtir, 79 taxons de végétaux, un fragment de bracelet en céramique et 2 21 5 tessons (1 35 individus) également datés du début du premier âge du Fer (Hallstatt C/D1 ). Ces structures, probables fonds de fosses arasées, sont sûrement encore visibles aujourd’hui parce qu’elles devaient être plus profondément ancrées dans le sol.

En complément, un mobilier abondant, majoritairement rattaché à l’occupation protohistorique, a été découvert sur la moitié est de l’emprise, en position secondaire, éparpillé dans les terres végétales, sous forme d’épandages ou de façon intrusive au sein de « structures » plus récentes, douteuses ou d’anomalies naturelles. Le fort remaniement des terres, en lien avec une agriculture intensive récente, a assurément joué un rôle important dans la dispersion de ces objets.

Faute de mobilier, les « structures » qui n’ont pas été annulées (73 annulations) n’ont malheureusement pas pu être reliées à une période en particulier. Elles se situent essentiellement dans la moitié ouest de l’emprise, en comparaison avec le centre-est, qui a livré toutes les structures datées et les concentrations de mobiliers. Ce site, que nous avons encore du mal à percevoir, pouvait donc s’être implanté en priorité à l’est de l’emprise.

Malheureusement, aucun bâtiment ou délimitation de l’espace ne vient compléter les données déjà acquises. Le mobilier éparpillé ainsi que les nombreuses traces d’agriculture présentes sur le niveau d’apparition des structures illustrent bien les profondes dégradations et les déplacements que ce site a subis.

Le mauvais état de conservation des vestiges et la rareté des découvertes datées du Hallstatt ancien ne permettent pas de pousser outre mesure les comparaisons spatiales et/ou structurelles avec d’autres sites. Seul le mobilier permet de relier cette occupation à celles déjà reconnues, qu’elles soient locales (nombreuses fouilles préventives citées notamment dans les différents articles de Simonin 2002 – 2003 – 2004 – 2009) ou régionales (nombreux rapports de fouille mais également ouvrages plus généraux comme Milcent 2004 et Pradat 2010).

Ce site peut donc être identifié comme les vestiges arasés d’un habitat du Hallstatt ancien ( VII e s. av. notre ère), voire de sa transition avec le Hallstatt D1 (de la fin du VII e s. au premier quart du VI e s. av. notre ère), dans un contexte agropastoral a priori plutôt modeste et qui pourrait s’inscrire dans un réseau de petits établissements ruraux régionaux.


Laurence LE CLÉZIO, octobre 2016.