Toulouse (31) – 35, 37, 39 rue Saint Roch

Toulouse (31) – 35, 37, 39 rue Saint Roch

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

10 décembre - 18 mars 2019

Fouille préventive

Second âge du Fer et Antiquité.

DATE : 10 décembre - 18 mars 2019

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Second âge du Fer et Antiquité.

Les fouilles menées sur le site des 35, 37, 39 rue Saint Roch à Toulouse ont été réalisées par le bureau d’études Éveha sous la responsabilité de Anne Filippini. Cette opération intervient dans le cadre du projet de construction d’un immeuble d’habitation.

Des investigations archéologiques ont ainsi pu avoir lieu sur une surface de plus de 3000 m² dans le quartier Saint Roch, déjà bien connu pour son importante occupation gauloise, essentiellement centrée sur le IIème siècle avant J.-C.

 

Cette opération a permis de mettre au jour une occupation gauloise assez lâche pouvant correspondre à la périphérie de l’occupation gauloise déjà observée ; elle est caractérisée essentiellement par des épandages de fragments d’amphores et tessons de céramique, des radiers constitués majoritairement de fragments d’amphores. Ces derniers présentent des effets de parois assez forts, et sont à attribuer à des installations domestiques. Le bon état de conservation des tessons, sans stigmates d’altération particuliers, permet de penser qu’ils se situaient plutôt sous des espaces couverts et non à un sol de circulation extérieur. Deux puits ont été mis au jour dont un était comblé par près d’une vingtaine d’amphores entières ainsi que de nombreux éléments de faune et de céramique ; deux vases semblaient être en position de dépôt au fond de la structure. Trois fossés ont été remarqués, quasiment parallèles, presque orientés nord-sud, ainsi qu’un tronçon orienté perpendiculairement, soit quasiment est-ouest.

 

Par ailleurs, la majorité des vestiges appartiennent à la période antique. L’emprise de fouille longeait en partie la rue Saint Roch, rue qui, d’après de très récents travaux, reprend le tracé de l’ancienne voie romaine Toulouse-Narbonne (rapport en cours, T. Bos – SATM). On se situe donc à l’extérieur de la ville antique, en bordure de voie romaine.

L’occupation antique se matérialise dans la partie sud par trois maçonneries quadrangulaires en mortier et galets d’environ 3,5 m de côté pour 0 ,90 m de hauteur moyenne, alignées sur l’axe de la voie, et correspondant aux fondations de monuments funéraires dont il est difficile en l’état d’envisager l’élévation. Autour d’elles semblent s’organiser deux petits enclos quadrangulaires dont il ne subsiste qu’une assise de galets. L’un d’eux présente un bûcher dans lequel le très riche matériel semble totalement en place (bijoux, restes probables de vêtements, pièces de jeux en tabletterie, mais aussi de nombreux récipients en verre et en céramique). Cette tombe-bûcher a fait l’objet, suite aux funérailles, d’un aménagement particulier par l’adjonction de deux murets en briques maçonnés sur les petits cotés, certainement pour supporter une superstructure ou un élément matérialisant la présence de la sépulture.

Entre deux des fondations en galets, a été découverte là encore une très probable tombe-bûcher, dont les vestiges osseux ont été rassemblés dans une urne ovoïde en calcaire, déposée dans la fosse-bûcher déjà en partie comblée.

Le reste de l’espace est occupé en majeure partie par des structures funéraires, dont cinq bûchers parmi lesquels on retrouve les différents cas de figures possibles dans l’organisation des sépultures romaines : bûchers avec dépôt osseux dans un contenant en matière organique, dans un contenant rigide type urne, bûcher curé, bûcher en place, mais également dépôt de crémation en fosse dans un contenant en matière organique, en contenant rigide, sans contenant. Nous avons pu observer une partition de l’espace avec des sépultures plus riches et majoritairement en bûcher à proximité des monuments funéraires, et des sépultures en fosse en s’éloignant des monuments et de la voie. Plusieurs inhumations ont été découvertes dans cette zone funéraire, parfois en relation stratigraphique très proche d’une crémation. La contemporanéité des deux rites n’est pas à exclure même si elle semble être marginale. Les structures ayant livré du matériel peuvent être datées du Haut-Empire.

 

Dans la partie nord de l’emprise, la zone entre la voie romaine et les maçonneries de galets, très peu de structures ont été mises au jour. Nous avons identifié un petit chemin matérialisé par deux alignements parallèles de petits galets . Ce dernier était en partie recouvert par une grande zone de démolition dont la partie nord présente des traces de passage, selon la même orientation que le chemin et la voie antique. Parmi les matériaux de construction se trouvaient des briques rectangulaires, des quarts de ronds, des demis ronds, mais aussi de rares éléments architectoniques, de statuaire, de fragments d’enduits peints et un fragment d’inscription ; ces éléments pourraient être à rapprocher de l’élévation des monuments funéraires.


Anne Filippini, mars 2019.