Tremblay-en-France (93) – ZAC Sud Charles de Gaulle, secteur 2

Tremblay-en-France (93) – ZAC Sud Charles de Gaulle, secteur 2

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

15 janvier - 27 février 2015

Fouille préventive

Second âge du Fer (La Tène finale), Antiquité

DATE : 15 janvier - 27 février 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Second âge du Fer (La Tène finale), Antiquité

Un projet d’aménagement porté par l’Agence Foncière et Technique de la Région Parisienne sur la ZAC Sud Charles-de-Gaulle, sur la commune de Tremblay-en-France (93) a donné lieu à une série de diagnostics réalisés par l’Inrap. Plusieurs sites archéologiques ont été découverts sur l’emprise de la ZAC. L’opération de fouille archéologique préventive réalisée sous la direction de Rémi Blondeau pour la société Éveha correspond à la phase 2, secteur 2 de la tranche 3.

Cette opération de fouille préventive sur la ZAC Sud Charles-de-Gaulle à Tremblay-en-France s’est déroulée du 15 janvier au 27 février 2015. Elle a permis la mise au jour d’un établissement rural de La Tène finale qui perdure au début de la période romaine, ainsi que des occupations romaines qui s’étalent du IIe s. au Ve s. de notre ère.

 

La phase 1 : Mise en place d’un établissement rural enclos à la Tène C2-D1

 

La première phase d’occupation du site est attribuée à La Tène finale. L’occupation est représentée par une installation rurale enclose qui connaît au moins deux aménagements sur le système fossoyé dans la partie ouest du site. Cet établissement rural à caractère agricole n’est que partiellement observé dans sa partie septentrionale. En effet, l’enclos quadrangulaire qui le délimite est orienté est-ouest et se développe vers le sud. Son emprise est donc supérieure à 6000 m². Les fossés qui composent l’enclos sont relativement modestes, mais ils structurent le site. Une entrée est aménagée au nord, elle ouvre sur un couloir de circulation NNO-SSE et permet de desservir des espaces délimités par des fossés internes. L’espace occidental est ceint par un fossé plus puissant, alors que l’espace oriental est occupé par deux bâtiments sur poteaux.

Trois bâtiments sur poteaux mesurant 13 à 16 m² ont été repérés sur la partie orientale de l’enclos, ainsi qu’un petit édifice de 2 m² sur quatre poteaux en partie axiale. Il s’agit probablement d’édifice de stockage aériens. Des structures excavées pour le stockage de plus longue durée ont également été mises au jour, mais elles ont livré très peu de carporestes. Elles semblent associées aux bâtiments sur poteaux. L’un des bâtiments présente un plan à « parois déportées » alors que les deux autres sont rectangulaires.

Le mobilier est peu abondant, il se compose de restes de céramique modelée, de faune et de fragments de parois en torchis. Deux déchets de métallurgie ont également été découverts dans un fossé.

 

La phase 2 : Réaménagement de l’héritage laténien au Ier siècle de notre ère

 

L’occupation enclose perdure au début de l’époque romaine et connaît au moins deux phases repérées en stratigraphie. Elles sont marquées par une reprise de certains fossés et une refonte des fossés d’enclos. Le système d’enclos quadrangulaire et son organisation sont donc conservés jusqu’à la fin du Ier s., voire au début du IIe s. de notre ère.

Au moins deux grands bâtiments sur poteaux porteurs sont associés à la phase 2. Vers la fin de cette phase, probablement au début du IIe s., un bâtiment sur fondations calcaires d’environ 12,5 m sur 11,5 m est aménagé en partie centrale. Il est très mal conservé, mais un plan couvrant une superficie de 69 m² est envisageable. Peu de structures pouvant être associées à cette phase ont été découvertes. Au moins un silo, deux fosses allongées et un puits lui sont associés. Le mobilier attribuable à la période de transition entre le Ier siècle avant notre ère et le Ier siècle de notre ère se compose principalement de céramique dominée par la commune sombre. Quelques restes de faune, de terre cuite architecturale et des clous accompagnent les découvertes. Ils correspondent probablement aux éléments rejetés dans les fossés lors du démontage du bâtiment sur fondations calcaires lors de l’abandon de cet établissement agricole.

 

La phase 3 : abandon du système d’enclos dans le courant du IIe s. et développement d’une aire de stockage jusqu’au IIIe s. de notre ère

 

Dans le courant du IIe s. et durant le IIIe s. de notre ère, l’occupation romaine est caractérisée par la présence de celliers sur une surface de 325 m² dans un espace ouvert dont les limites ne sont pas perceptibles. Ils sont organisés sur un axe SO-NE et confèrent au site une fonction de zone de stockage. Ces derniers ont livré la plus importante quantité de mobilier céramique du site.

Cette phase, englobant les IIe et IIIe s., illustrée par le mobilier issu de cellier et de fosses, témoigne d’une occupation perdurant et approvisionnée par de nouveaux courants commerciaux avec des production du centre de la Gaule, d’Argonne et du Soissonnais. Les rejets de consommation alimentaire, faune, carporestes sont très faibles. Ils se composent de caprinés, de bœuf, de coq et de cheval. Il est donc difficile de caractériser l’utilisation de l’animal sur le site durant la phase 3. L’absence des écofacts pourrait indiquer que la zone d’habitat est éloignée de cette zone de stockage, ou bien encore que cette zone correspond à un lieu de stockage en aire ouverte, proche de la zone de traitement des récoltes. Pourtant du mobilier domestique, de la vaisselle en céramique, en verre, un fragment de vitre, une clé et une monnaie semblent indiquer la proximité d’un bâtiment.

 

La phase 4 : carrière de limon, aire de travail et structures de combustion du IIIe au début du Ve s. de notre ère

 

Au Bas-Empire, l’occupation romaine est principalement axée autour d’une grande dépression. Le site semble se développer en aire ouverte, mais la taille restreinte de la prescription peut biaiser cette interprétation.

Cette occupation est caractérisée par une activité de carrière de limon située dans l’axe central de l’emprise des fouilles. La dépression est par la suite aménagée en espace de travail et présente divers foyers et fours en couronne creusés dans les parois, un puits et un petit sol aménagé d’un cailloutis.

L’activité autour des foyers et fours perdure dans le temps, puisque l’étude de la stratigraphie révèle une succession de ces aménagements. Les différents prélèvements dans les comblements d’utilisation et d’abandon des structures n’ont pas permis de mettre en évidence la pratique de la métallurgie ou la cuisson d’objet en céramique. La fonction que l’on peut envisager est la cuisson ou la transformation de denrées alimentaires. On peut se demander également si ce site spécifique ne correspond pas à une zone agricole proche d’une aire de récolte et de battage afin d’organiser le traitement des denrées alimentaires avant leur trajet vers le lieu de stockage.

Par la suite le site est abandonné et retrouve probablement une fonction de zone de mise en culture.


Rémi Blondeau, décembre 2017.