Vannes (56) – 15 avenue Édouard Herriot

Vannes (56) – 15 avenue Édouard Herriot

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

2 novembre - 18 décembre 2015

Fouille préventive

Antiquité

DATE : 2 novembre - 18 décembre 2015

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Antiquité

Le site du 15 avenue Édouard Herriot a livré les vestiges d’une partie de la nécropole antique de Vannes-Darioritum, située le long de deux voies de circulation majeures et en bordure de la ville antique. Elle constitue un prolongement de l’occupation funéraire découverte lors de la construction des casernes militaire, en 1876. Le site choisi pour l’implantation de la nécropole est une ancienne carrière d’extraction d’arène granitique, marquant le paysage sous la forme d’une grande cuvette, impactée de nombreuses fosses d’extraction.

Une occupation funéraire succède à cette carrière, qui constitue un espace non constructible et idéalement situé. Elle se décline sous la forme de dépôts crématoires secondaires généralement en vase ossuaire, de quelques sépultures à inhumations, ainsi que d’une aire de crémation. Les vestiges de cette aire de crémation sont constitués d’une fosse-réceptacle dont le comblement présente la particularité d’avoir conservé les traces d’utilisations multiples.

Le mobilier recueilli permet de situer son utilisation vers le milieu du IIe siècle ap. J.-C. Les dépôts funéraires mis au jour comptabilisent 90 dépôts crématoires auxquels s’ajoutent quatorze dépôts incertains, et une dizaine de sépultures à inhumations. Conformément à ce qui a déjà été observé dans plusieurs nécropoles de l’Ouest de la Gaule, une grande majorité des dépôts secondaires en vase ossuaire se présente sous la forme d’un vase isolé ; seuls quelques dépôts comprenaient un ou des vases d’accompagnement. Bien que la céramique soit principalement utilisée, une proportion remarquable des vases découverts se rapporte à des récipients en verre.

Les ossements non brûlés ne sont pas conservés, néanmoins quatre probables inhumations de sujets nouveau-nés ou très jeunes immatures ont été mise en évidence et constituent les témoins de pratiques variées (coffrages en bois, en tuiles, utilisation de fragments d’amphore). S’y ajoutent six probables sépultures d’individus plus âgés, qui ont, pour trois d’entre elles, livré des mobiliers d’accompagnement en verre. En l’absence de recoupements stratigraphiques observables au niveau de l’occupation funéraire, les éléments de datation sont principalement issus du mobilier recueilli et indiquent une fourchette chronologique comprise entre le milieu du IIe siècle et le IVe siècle ap. J.-C.

L’établissement d’un phasage plus précis et d’une étude des populations mises en terre nécessitera la réalisation d’une étude exhaustive. Le caractère exceptionnel de ces découvertes pour la région doit être souligné. En plus d’avoir livré un ensemble de référence pour l’étude du mobilier en verre, il constitue un apport exceptionnel pour la connaissance des pratiques funéraires.


Annaïg Le Martret, novembre 2017.