Vénissieux (69) – 31 avenue Jean Jaurès

Vénissieux (69) – 31 avenue Jean Jaurès

DATE
TYPE D'OPÉRATION
CHRONOLOGIE

12 novembre - 23 décembre 2014

Fouille préventive

Âge du Bronze, Moyen Âge (Xe-XIIIe siècle).

DATE : 12 novembre - 23 décembre 2014

TYPE D'OPÉRATION : Fouille préventive

CHRONOLOGIE : Âge du Bronze, Moyen Âge (Xe-XIIIe siècle).

La fouille réalisée au 31 avenue Jean-Jaurès, sur la commune de Vénissieux, couvre une superficie de 2 000 m2, à l’angle de l’avenue Jean-Jaurès et de la rue Émile Zola. La parcelle est située au bas de la pente du versant oriental d’un ancien talweg, à une altitude variant de 189 à 185 m NGF d’est en ouest.

Depuis le milieu des années 1980, plus d’une quinzaine d’interventions archéologiques ont été réalisées à Vénissieux, principalement dans le centre-ville. Les périodes identifiées lors des différentes opérations archéologiques s’échelonnent du Néolithique jusqu’au Moyen-Âge.

La fouille a permis d’identifier deux grandes phases d’occupations : une occupation de l’âge du Bronze final IIb/IIIa et une occupation médiévale s’échelonnant du XI e au XIII e siècle avec des horizons plus ou moins bien marqués. D’autres occupations mais de moindre importance ont été identifiées. Pour les occupations pré – et protohistoriques, on recense une seule fosse datée au moins du Néolithique moyen, voire antérieure si l’on tient compte de l’emplacement du squelette de faon dans la dynamique de comblement de la structure. Quant aux périodes historiques, il faut noter la présence de céramique antique en position résiduelle et d’une monnaie témoignant tout de même d’une fréquentation du site ou de ses environs au Haut-Empire et dans l’Antiquité tardive. Pour finir, quelques structures ont livré un petit lot de céramiques d’époque Contemporaine.

L’occupation de l’âge du Bronze est surtout caractérisée par une série de fosses-silos, qui ont livré en position détritique du mobilier varié de type céramique, métallique, lithique et surtout un lot de divers fragments de moules en terre cuite. On notera également la présence de quelques ossements humains et animaux. Les prélèvements carpologiques s’accordent avec les données départementales pour la période de l’âge du Bronze final. À savoir une agriculture principalement fondée sur les blés de type vêtu, les millets et l’orge. On observe également la culture des légumineuses ainsi qu’une part de cueillette. Les vestiges de cette occupation, tout comme les différents témoins mis au jour dans le secteur du Vieux- Bourg, semblent se rattacher à une architecture de type fugace, sans poteaux porteurs, ou tout du moins ne laissant pas ou très peu d’empreinte en creux dans le sol.

Les occupations médiévales successives sont de type agro-pastorale et s’échelonnent du XI e au XIII e siècle. Sur ce site, l’ensilage demeure le principal témoin de cette activité. La seule esquisse de structuration de l’espace est datée du XIII e siècle et associe structures de stockage enterrées (silos), segments de fossés et une construction en matériaux périssables (bâtiment excavé avec supports). Les corrélations effectuées a posteriori entre les diverses études spécialisées a permis d’émettre l’hypothèse selon laquelle il pourrait s’agir d’un abri à bestiaux. Tous les silos ou fonds de silos ont été comblés par des apports anthropiques ou naturels après récupération intégrale des denrées initialement stockées. Dans chacune des structures, on retrouve de manière générale les mêmes types de dépôts stratifiés, mêlant déchets d’origine domestique ou alimentaire et matériaux divers. Pour ce site, le seigle et le millet peuvent être considérés comme les cultures prédominantes au sein d’une véritable polyculture. Les fruitiers sont également attestés par la vigne, le noyer et un probable cerisier. Ces silos constituent au final un nouveau témoignage de l’activité agricole en vigueur à Vénissieux entre le XI e et le XIII e s., fut-il d’un usage collectif ou privé. Le site, bien qu’extra-muros, n’est situé qu’à quelques centaines de mètres de la partie septentrionale du bourg médiéval. De l’organisation fonctionnelle primaire de ces exploitations agricoles successives ne nous est parvenu que le témoignage des structures de stockages les plus profondes et une esquisse de structuration de l’état le plus tardif.

Sur ce site, l’érosion subie par les structures dans certains secteurs a renforcé les difficultés à appréhender et comprendre toute la complexité que peuvent suggérer ces types d’occupations. À ce titre, l’étude géoarchéologique conjointe a permis de mettre en exergue dans une zone déprimée une importante toposéquence ayant enregistré les modifications morphogénétiques au cours du Würm, du Tardiglaciaire et de l’Holocène. Des observations qui alimentent la notion de mémoire des sols et attestent surtout leur dégradation sous l’effet du climat et de l’action anthropique.


Florian Bonvalot, décembre 2014.