Le Monteil-au-Vicomte (23) – Le Château

Opération : sondage
Date d'intervention : 22 février – 17 mars 2010
Responsable : Guillaume DEMEURE
Aménageur : Communauté de Commune de Royére-Bourganeuf

Depuis quelques années, la Communauté de Communes de Royére-Bourganeuf a entamé des travaux de restauration sur le château du Monteil-au-Vicomte.

En amont d'une nouvelle campagne, une intervention archéologique a été mise en œuvre afin de servir de base de réflexion à la valorisation du site. L'opération a consisté, dans un premier temps, en la réalisation d'un relevé de la topographie du site, des parcelles alentours et des éléments bâtis encore visibles en élévation. Puis, une série de cinq sondages a été entreprise dans le corps de logis et dans la cour du château afin de déterminer l'épaisseur des remblais accumulés sur les niveaux de sols éventuellement conservés. Le relevé topographique et le plan qui en découle mettent un peu plus en lumière l'organisation spatiale du château et de ses abords. L'emprise du château lui-même est ainsi clairement définie avec le repérage des deux tours démolies même si le cadastre ancien constituait déjà un jalon important dans cette démarche.

Le système de fossés et la zone d'accès au château ressortent nettement excepté du côté du bourg où la topographie a été plus largement remaniée. Enfin, les terrasses d'agréments de l'époque moderne sont très visibles à l'est du château. En revanche, il n'y a pas trace des deux ponts-levis ou de la tour avancée évoqués dans un aveu et dénombrement de 1720. Tous les sondages ont permis de déterminer l'épaisseur de remblais recouvrant les premiers niveaux de circulation. En outre, de nouveaux éléments bâtis ont été mis au jour. À l'intérieur du logis, deux sondages ont mis au jour un sol de terre battue sous environ 1,20 m de remblais de démolition. À la jonction du logis avec la tour d'escalier, une petite partie d'un escalier droit permettant d'accéder à une cave située sous la cour a été identifiée. Il est notamment équipé d'une fente de jour ouverte vers le sud-est.

Dans la cour, les trois sondages ont donné des résultats contrastés. Au nord-est, le sol dallé de la cour est apparu sous seulement une trentaine de centimètres de remblais. Il est posé directement sur le substrat ou sur un apport qui en comble les irrégularités. Ce sol a été en grande partie récupéré.

Au devant de la tour d'escalier se trouve une cave dont le sol n'a pas été atteint. En revanche, un angle avec un départ de voûte y a été identifié. Cette cave semble avoir servi de dépotoir au XVIIIe siècle avant la récupération de la voûte et le comblement définitif. Plus au sud-est, le dernier sondage s'est révélé riche en informations. Deux sols, l'un en pierres, l'autre en terre battue, semblent avoir coexisté et correspondre à deux espaces distincts, l'un intérieur et l'autre extérieur. Ils fonctionnent avec une imposante structure circulaire de type puits ou citerne en partie récupérée.

Les élévations conservées sous les remblais sont donc conséquentes et malgré les destructions occasionnées par la récupération des matériaux, plusieurs aménagements ont pu être identifiés (escaliers, fente de jour, puits ou citerne, sols de pierre ou de terre battue). Enfin, la qualité des liants employés pour la construction du château est à souligner car en dépit des multiples arrachements de parements, les parties encore conservées ne semblent pas présenter de risque imminent d'effondrement. Toutefois, les arases constituent des zones de fragilité à surveiller et le lierre contribue par endroit à la stabilité des maçonneries.

Guillaume DEMEURE, 2010.

Retour haut de page