Rennes (35) – 3 rue des Carmes

Opération : fouille préventive
Dates d'intervention : 06 avril-01 juin 2010
Responsable : Claire PESENTI
Aménageur : Ausmann Compagnie

La ville basse de Rennes (35), au sud de la Vilaine, abrite de nombreux ordres religieux notamment le couvent des Carmes fondé en 1448. Elle est délimitée par une enceinte réalisée dans la 2e moitié du XVe siècle. Si ce secteur est très bien documenté par les textes et l'iconographie, il n'en est pas de même pour l'archéologie. C'est dans ce contexte que le projet de construction d'un immeuble collectif et d'un local professionnel au 3 rue des Carmes a conduit le SRA à prescrire un diagnostic archéologique. Dirigée par T. Béthus (Inrap) en juillet 2009, cette opération a mis en évidence les vestiges liés au couvent (murs, sépulture) ainsi que de puissants remblais et des niveaux d'occupation datés de la fin du XIIIe siècle. La fouille archéologique a permis d'appréhender une occupation plus complexe et plus ancienne. Le substrat et la nappe phréatique sont recouverts par des remblais sableux pour assainir et niveler le sol. Des solins et des trous de poteaux d'axe nord-ouest/sud-est sont installés dans ces niveaux ; ils pourraient matérialiser un habitat de terre et de bois installé en bordure de la voie antique Rennes-Angers (Condate-Juliomagus). Cette occupation semblerait dater de la fin du IIe s. ap. J.-C.

La période médiévale est illustrée uniquement par le fond d'un silo abandonné autour du XIIe siècle et d'un remblai de 0,10 m d'épaisseur environ qui scelle les structures antiques. Autour de 1448-1450, le couvent des Carmes est construit. Les murs nord et est, formant les limites parcellaires actuelles, sont encore conservés sur un peu moins de 2 m de hauteur et environ 1 m de largeur. Ils sont liés à des murs transversaux eux-même liés à des sols empierrés. Néanmoins, les différentes phases de construction ne sont pas encore perceptibles. D'après les textes, le couvent était également accompagné d'un cimetière.

A la Révolution française, le couvent est découpé en parcelles et revendues à des particuliers. En 1798, une rue (rue Neuve puis rue des Carmes) est percée à travers la construction. De nombreux remblais ainsi que de très grandes fosses témoignent de la destruction des niveaux antiques et de l'édifice religieux. A noter enfin la présence de fosses à ardoises utilisées pour le bardage.

L'étude du mobilier en cours permettra probablement d'affiner les phases d'occupation du site. De même, les interprétations sont susceptibles d'évoluer au cours de la post-fouille.

Claire PESENTI, juillet 2010.

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