Poitiers (86) - « Chapelle des Jésuites »
Opération : Sondage
Dates d'intervention : 11 Janvier - 19 Janvier 2010 & 20 Septembre - 5 Novembre 2010
Responsable : Claire PESENTI
Aménageur : SAS développement hôtel
La réalisation d'un hôtel haut de gamme par SAS développement hôtel nécessitait la réhabilitation du précédent centre des archives départementales de la Vienne dans l'ancienne chapelle des Jésuites. C'est dans ce cadre que s'inscrivent les sondages effectués en janvier 2010 au 14 rue Édouard Grimaud à Poitiers (86). Au vu de la faible superficie sondée (27,50 m2) et des modifications de projet, une deuxième campagne de suivi de travaux et de sondages a été organisé fin septembre, début octobre 2010. Les conditions de l'intervention et l'exiguïté des sondages ont considérablement gêné l'interprétation des vestiges.
Cette opération a permis toutefois d'appréhender des tranchées de récupération de mur, des fosses, des fosses-dépotoirs, parfois très étendues, des trous de poteau, quelques niveaux de sol, le système de chauffage de l'édifice mais surtout et essentiellement des remblais.
Les opérations menées dans un secteur proche de l'ancienne chapelle des Jésuites ont montré des stratigraphies comparables et des phases d'occupation identiques. Le site est occupé principalement aux Ier-IIe s. ap. J.-C. mais des traces d'une occupation antérieure sont cependant à signaler. Au IIIe siècle, le quartier est réorganisé. Enfin, au ive siècle, illustré ici par quelques éléments de céramique, le site est abandonné. Les structures mises au jour témoignent également d'une politique de récupération, de restructuration.
Depuis quelques années, plusieurs archéologues ont montré l'organisation bipartite de la ville de Lemonum coupée par un axe majeur nord-sud situé rue de la Marne et rue des Carmélites. La zone ouest serait occupée par des monuments publics (marché, amphithéâtre, thermes...) et le secteur est par des habitations. Le site qui fait l'objet de notre étude se situe bien dans ce dernier mais également à proximité du marché.
On notera enfin la présence de quelques éléments de céramique moderne. Ces derniers, attribués à la vaisselle de table, sont assez remarquables et posent la question d'une réoccupation au XVIe siècle ou au XVIIe siècle dans un contexte religieux. L'implantation de quatre congrégations religieuses dans le quartier (religieuses de Notre-Dame rue de la Marne, carmélites, visitandines et ursulines) pourrait répondre à ces interrogations.
Claire PESENTI, avril 2011.