Senlis (60) – Rue Bellon et rue de la République
Opération : Fouille préventive
Dates d'intervention : 1er déc. 2010 - 8 mars 2011
Responsable :Kateline DUCAT
Aménageur : SCI Bellon
L'opération réalisée dans le centre ville historique de Senlis sur 1 120 m² est intervenue avant la construction de logements sur parkings. La fouille a révélé une forte densité de vestiges de l'Antiquité aux temps modernes. Elle se situe à l'est de l'urbs antique, mais à l'intérieur l'enceinte du XIIIe siècle.
L'emprise du projet a permis une bonne compréhension du quartier Sainte-Anne, même si une partie des vestiges a subi de fortes dégradations (niveaux romains très érodés et caves voutées du XIIIe siècle anéanties), dues aux deux guerres mondiales puis aux constructions récentes (caves du XIXe siècle et garage avec cuves à carburant). La situation de cet îlot, planté entre deux axes majeurs : le decumanus Bellon au nord et la rue des vignes (rue Royale-République) à l'est lui confère un caractère attractif depuis le milieu du Ier siècle.
Un mobilier archéologique suffisamment abondant – notamment dans les caves de stockage – a d'ores et déjà permis de distinguer 5 phases d'occupation pour l'Antiquité et autant du Moyen Âge à nos jours.
L'occupation antique, du Ier siècle à l'aube du Ve siècle, s'illustre d'abord par la construction de caves et de thermes avec leurs dépendances et, enfin, par la désertion progressive du site au profit d'un système défensif fossoyé. Une fois l'enceinte achevée, la population et les activités artisanales qui l'accompagnent se déplacent intramuros. Le haut Moyen Âge n'a pas été reconnu ici . À partir de la fin du XIe- début du XIIIe siècle, une progressive densification du bâti est observée jusqu'à l'Époque moderne. Au bas Moyen Âge, un vaste hôtel, qui deviendra un collège, est doté d'annexes et occupe le centre de l'emprise. Au nord, se développent des enseignes (échoppes, auberges et habitat sur caves voûtées) donnant rue Bellon. Le remploi d'une majorité de maçonneries jusqu'aux XVIIIe-XIXe siècles est significatif de la pérennité du bâti dans cet îlot urbain remarquablement dense.
Les dernières études de mobilier permettront de compléter la compréhension de chaque phase d'occupation. Le travail actuellement effectué en post-fouille est susceptible de faire évoluer les interprétations actuelles.
Kateline DUCAT, le 16 décembre 2011.